|
|
 |
 |
 |
 |
|
|
 |

Where have all the volunteers gone? by Richard Allen |
 |
 |
Le volontariat est la pierre angulaire de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, à la fois en tant que l'un des Principes
fondamentaux du Mouvement et comme moyen de mettre
ces derniers en pratique. Or, depuis les années 80,
le nombre des volontaires et des membres a enregistré
la régression la plus dramatique de toute l'histoire du
Mouvement, puisqu'il est passé d'environ 250 millions
à quelque 105 millions aujourd'hui. |
DEPUIS la bataille de Solferino,
les volontaires sont le moteur
de l'action humanitaire du
Mouvement. Pourtant, la
manière dont l'adhésion au principe du
bénévolat se traduit dans la réalité reste
extrêmement ambiguë. Etant donné
l'environnement très complexe et les
défis considérables auxquels nous
sommes aujourd'hui confrontés, il
apparaît opportun de réexaminer de
près le rôle des volontaires.
Moins de temps, plus d'activités
Dans les pays industrialisés, le
recrutement et le mode de travail des
volontaires ont été affectés par de
profonds changements sociaux. "Jadis",
explique Renée Guisan, membre du
Comité du CICR et fondatrice de
l'Association internationale pour
l'effort volontaire (IAVE), "des
quantités de femmes sans activité
professionnelle s'engageaient dans des
services caritatifs. Leur entrée sur le
marché de l'emploi a fait chuter de
façon spectaculaire l'effectif des
bénévoles." Karen Coleman,
responsable du recrutement et de la
formation des volontaires au comité du
West Yorkshire de la Croix-Rouge
britannique, ajoute: "Les gens sont
beaucoup plus sollicités par leur emploi
et les femmes travaillent beaucoup plus
qu'autrefois. En fait, tout le monde a
moins de temps libre."
Le manque de temps libre et la
multiplication des activités de loisir
limitent considérablement la dis-ponibilité
des individus. En outre, le
niveau des exigences dans le secteur
sociosanitaire ne cesse d'augmenter,
ce qui oblige le personnel à
approfondir toujours plus ses
qualifications. Pour les organisations
qui emploient des volontaires, cette
"professionnalisation" exige un
investissement accru dans le domaine
de la formation et se traduit par une
délicate mise en compétition des
bénévoles et des employés rémunérés.
La combinaison de ces différents
facteurs rend le recrutement des
volontaires de plus en plus difficile et
leur utilisation de plus en plus
coûteuse.
En ex-Union soviétique, le régime
communiste absorbait les institutions
caritatives et les utilisait pour réaliser
les objectifs de l'Etat. Dans ces
conditions, le bénévolat était amputé
d'un élément essentiel de sa
signification: le fait d'offrir librement
ses services pour le bien-être d'autrui.
Après l'effondrement du système, les
gens n'étaient plus obligés de travailler
en tant que "volontaires". Il en est
résulté une chute spectaculaire du
nombre de membres et de volontaires
engagés dans la Croix-Rouge.
Aujourd'hui, les nouvelles Sociétés de
la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge,
qui ont retrouvé leur indépendance,
luttent avec acharnement pour
restaurer leur image et le sens du
bénévolat.
|
Le poids de la concurrence
La multiplication des organisations
non gouvernementales (ONG) dans les
pays en développement se traduit par
une compétition de plus en plus serrée
pour mobiliser des volontaires dans le
cadre du développement com-munautaire.
Les Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge, qui
occupaient autrefois une position
dominante dans le petit cercle des
organisations humanitaires, doivent
aujourd'hui affronter la concurrence de
centaines, voire de milliers d'ONG
pour s'assurer du soutien et de
l'engagement de sympathisants.
"En Afrique", note Esther
Okwanga, ex-secrétaire général de la
Croix-Rouge du Zimbabwe, "les choses
sont encore compliquées par le fait que
le concept même de volontariat est
étranger aux cultures traditionnelles.
Les gens accomplissent quotidienne-ment
du travail volontaire, mais ils ne
le reconnaissent pas comme tel."
En outre, le rôle des volontaires a
changé de façon radicale. La con-ception
du service bénévole, consistant
pour une catégorie généralement
privilégiée de la population à travailler
au bénéfice de groupes défavorisés, est
largement implantée dans les nations
industrialisées. Dans les pays en
développement, elle est essentiellement
associée aux programmes de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge. Or,
cette approche fonctionne très bien
dans le domaine des premiers secours
et de l'aide d'urgence, mais elle peut
s'avérer contreproductive en matière
de développement communautaire. Les
Sociétés nationales doivent donc faire
preuve d'une grande souplesse dans
leur conception du volontariat et,
surtout, s'affranchir du dogme de la
'verticalité' du service à la
communauté.
|
Un monde en mutation
La nature de la société au sein de
laquelle la Croix-Rouge recrute ses
volontaires aussi bien que la nature du
travail effectué par ces derniers ont
subi de profonds changements. S'il
veut rester en phase avec ces
évolutions, le Mouvement doit
impérativement redéfinir le rôle des
volontaires dans la poursuite de sa
mission humanitaire. Il ne peut plus se
permettre de tenir pour acquise leur
participation à ses efforts.
Une façon d'amorcer cette
mutation consiste à reconnaître
pleinement la valeur de l'apport des
volontaires, y compris en termes
économiques. Si le temps offert par les
volontaires était converti en valeur
monétaire, leur contribution se
refléterait dans les états financiers et le
Mouvement serait plus attentif au
bien-être et au bon fonctionnement de
cette force vitale.
Même alors, la valeur du bénévolat
resterait sous-évaluée, car elle ne se
résume pas à la fourniture de services
qui seraient sans cela trop coûteux à
fournir. Le travail volontaire a aussi
une valeur inappréciable d'exemplarité
sur le plan social et communautaire. Il
favorise la compréhension et la
solidarité, renforce les liens
communautaires, contribue à la prise
de conscience de l'impact de chaque
individu sur la qualité de la vie du
groupe.
Beaucoup de gens travaillent
comme volontaires parce qu'ils ont foi
dans la cause et les buts de
l'organisation à laquelle ils donnent
leur temps. Dans notre monde de
compétition acharnée, les objectifs et
les valeurs humanitaires du
Mouvement sont noyés dans un flot de
causes concurrentes. L'environne-ment,
la politique, la religion, les
droits de l'homme, les amis et voisins,
la santé et l'action sociale sont autant
de causes qui mobilisent des forces
bénévoles.
Pour le Mouvement, le volontariat
est un moyen de faire partager plus
largement son profond attachement
aux valeurs humanitaires et de
sensibiliser aux Conventions de
Genève la multitude des gens
susceptibles d'être plongés un jour ou
l'autre dans des conflits armés. Enfin,
le réseau de volontaires du Mouvement
démarque celui-ci de toutes les autres
organisations humanitaires et
représente un précieux instrument
pour instaurer un réel dialogue entre
les personnes vulnérables, les Sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge,
les gouvernements et les
bailleurs de fonds.
|
 |
| Le Mouvement a besoin de ses
volontaires. Mais, s'il veut continuer de
bénéficier du soutien et de
l'engagement bénévole des gens
attachés à sa cause, il doit
impérativement répondre à certaines
questions essentielles. Pourquoi veut-il
des volontaires? Quelle est leur rôle
dans l'accomplissement de sa mission?
Que retirent-ils de leur contribution?
Et, dans le tintamarre de toutes les
autres causes, le Mouvement doit
clamer haut et fort sa raison d'être et
pourquoi il revêt toujours une
signification unique et vitale pour les
peuples du monde entier.
|

Richard Allen
Consultant auprès de la Fédération
pour les questions de volontariat. |
 |
 |
 |
Arriba | Contáctenos
| Créditos | Revista actual | Webmaster
© 1999 | Copyright
|
|