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Depuis quelques années, les artisans de la paix travaillent sur le dossier israélo-arabe. Les diplomates diraient que “des jalons ont été posés”. Toutefois, on ignore de quoi demain sera fait et les faux pas seront encore nombreux avant que la tranquillité et l’harmonie règnent enfin entre les peuples de cette région. Quoi qu’il en soit, l’espérance est de rigueur.

Si, aujourd’hui, les esprits sont mobilisés pour la paix, il n’en a pas toujours été ainsi. A l’exception notable de l’accord signé en octobre 1973 entre Israël et l’Egypte, rien de significatif ne s’est produit à cet égard pendant 26 longues années, lesquelles ont été marquées en revanche par une succession de conflits régionaux parfois très meurtriers.

Quant aux populations des territoires occupés, elles ont connu depuis 1967 un statu quo désespérant, qui a engendré tantôt la résignation, tantôt la révolte, celle-ci s’exprimant en particulier sous la forme de l’intifada. Les relations entre Israéliens et Palestiniens ont longtemps semblé exclure toute possibilité de cohabitation pacifique.

Au cœur de ces tensions, le CICR a patiemment œuvré pour restaurer un minimum de confiance entre occupants et occupés, en s’appliquant pour cela à promouvoir la IVe Convention de Genève. Aussi longtemps que la dignité des personnes est menacée, tout espoir de paix est vain. Or, l’application des normes du droit international humanitaire constitue le meilleur témoignage de la volonté de l’occupant de respecter les droits et la dignité de la population occupée.

Entre autres choses, ces règles proscrivent les destructions d’habitations et les transferts forcés de populations. Elles stipulent aussi que les détenus doivent être traités avec humanité et bénéficier du droit de visite. Pendant près de 30 ans, le CICR a veillé à l’application de ces normes, rendant compte systématiquement de toute violation à leur encontre et entretenant des contacts étroits et permanents avec les dirigeants des deux peuples. Le Comité est convaincu que
ce travail de fourmi a entretenu la flamme de l’espoir et préparé le terrain aux efforts de réconciliation.

Il y a deux ans, un tournant a été pris avec la signature de la Déclaration d’Oslo. Le Mouvement se doit maintenant de s’adapter à cette nouvelle réalité politique. Avec l’appui de la Fédération, le Croissant-Rouge de Palestine travaille à renforcer son efficacité et son unité. De leur côté, les Sociétés nationales participantes l’aident à mettre en place des programmes de réhabilitation, en particulier dans le domaine médical.

L’expérience que vit aujourd’hui le Mouvement en Israël ainsi que dans les territoires occupés et autonomes devrait nous permettre de tester notre capacité à travailler ensemble de manière efficace et créative. Si les résultats sont concluants, nous aurons démontré concrètement la précieuse complémentarité de nos diverses composantes et notre aptitude à rapprocher les peuples au nom de notre principe fondateur d’humanité.

Paul Grossrieder
Directeur adjoint des Opérations
Comité international de la Croix-Rouge


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