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La
réussite n’est pas toujours spectaculaire ni
tonitruante. Bien souvent, elle est au contraire discrète
et même difficile à discerner, parce qu’elle
s’inscrit dans une perspective à long terme.
Pourtant, les réussites les moins voyantes sont souvent
aussi les plus importantes, parce qu’elles apportent
des changements durables. C’est assurément ainsi
qu’il faut voir les efforts déployés par
la Croix-Rouge colombienne pour résoudre certains des
problèmes essentiels de ses concitoyens et les délivrer
du fléau de la violence.
Les situations de troubles internes et de chaos politique
qui ont marqué toutes ces dernières années
ont suscité par contrecoup une profonde aspiration
à la paix. Les Sociétés nationales, fortes
de leurs principes d’humanité, de neutralité,
d’impartialité et d’unité,
ont par nature un rôle éminent à jouer
à cet égard. L’exemple de la Colombie
est riche d’enseignements et pourrait servir de modèle
aussi bien à l’intérieur qu’à
l’extérieur du Mouvement.
Premièrement, il nous démontre que la contribution
à la paix n’est pas confinée au domaine
étroit des négociations, mais qu’elle
peut passer, par exemple, par l’aide aux enfants des
rues ou aux communautés les plus défavorisées.
De fait, la Croix-Rouge colombienne s’attaque avec une
grande lucidité aux causes structurelles et sociales
de la violence, à travers des programmes novateurs
visant à répondre aux besoins à long
terme de la population, dans le respect des droits de l’homme
et du droit international humanitaire.
Deuxièmement, il nous confirme que tout processus
de réconciliation s’inscrit dans une perspective
spécifiquement nationale. Autrement dit, la paix ne
saurait être imposée de l’extérieur.
Quel que soit le rôle des puissances étrangères
dans l’établissement et
la supervision des accords passés entre les parties
à des conflits internes, seule la volonté des
intéressés est véritablement susceptible
de garantir à terme la coexistence pacifique entre
des communautés qu’opposent des générations
de haine et de violence. La poignée de mains “au
sommet” relayée par la télévision
et la presse peut jouer un rôle symbolique important,
mais l’avènement de la paix dépend d’une
infinité de poignées de mains anonymes.
Enfin, la Croix-Rouge colombienne a quelque chose d’authentiquement
universel à enseigner aux Sociétés sœurs
du monde entier, quelque chose qui n’est pas du tout
lié aux efforts de paix ou de réconciliation.
Les Sociétés nationales de la Croix -Rouge et
du Croissant-Rouge déplorent fréquemment la
difficulté qu’elles ont à mobiliser les
jeunes. En Colombie, le problème ne semble pas se poser,
tout simplement parce que la Croix-Rouge veille à ce
que ses objectifs et activités soient en prise directe
avec les besoins et intérêts de la jeunesse.
Qu’on n’en conclue pas que la tâche que
s’est assignée la Croix-Rouge colombienne est
facile. Au contraire, dans un contexte caractérisé
par de tels extrêmes, la voie médiane est un
chemin ardu et semé d’embûches. Toutefois,
grâce à l’esprit d’initiative, au
courage et à la persévérance dont elle
a déjà fait preuve, la Société
nationale semble parfaitement armée pour parvenir à
ses fins.
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