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Criminalité, violence, maladie et misère sont
autant d’ingrédients indissociables du paysage
urbain de l’Asie, où les villes ne cessent d’enfler
sous la pression de l’exode rural. L’effondrement
de la loi et de l’ordre et la déliquescence des
structures sociales, exacerbés par la séparation
des familles, le chômage, la promiscuité des
bidonvilles, la pauvreté des infrastructures et l’insuffisance
des services, contribuent à l’extrême vulnérabilité
des mégapoles asiatiques, souvent dépeintes
pourtant comme les moteurs économiques du nouvel ordre
mondial.
L’urbanisation soutenue de ce continent, qui s’accompagne
d’un développement spectaculaire et d’une
paupérisation dramatique, pose
au Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge un énorme
défi. Traditionnellement portées à soulager
les difficultés du monde rural et à secourir
les victimes des catastrophes naturelles qui l’affectent,
les Sociétés nationales doivent aujourd’hui
se tourner vers des communautés urbaines confrontées
à des problèmes sociaux et sanitaires qui leur
sont moins familiers.
Certaines d’entre elles ont déjà mis
en œuvre des programmes novateurs pour juguler la menace
du VIH/SIDA et d’autres maladies typiques des grandes
agglomérations, pour atténuer les souffrances
des enfants des rues, pour lutter contre les ravages de la
toxicomanie et autres fléaux qui ravagent les bidonvilles.
L’expérience ainsi acquise commence à
se transmettre, mais il reste beaucoup à faire pour
adapter l’action de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
à l’évolution des besoins.
Selon toute vraisemblance, les difficultés des citadins
défavorisés ne feront que s’accentuer
dans les années et les décennies à venir.
Pour ne citer qu’un exemple, des maladies autrefois
disparues sont en pleine recrudescence. Dans un tel contexte,
les programmes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge peuvent
jouer un rôle vital, mais il est urgent d’agir.
Pour conclure sur une note moins dramatique, signalons que
ce numéro consacré spécialement à
l’Asie aura été le dernier à bénéficier
des talents de Barbara Geary, rédactrice en chef du
magazine pour la Fédération. Durant ses six
années d’activité à ce poste, elle
aura contribué de façon notable au respect dont
jouit aujourd’hui notre publication au sein du Mouvement.
Ses remarquables capacités d’auteur et d’éditeur
nous manqueront, mais nous lui souhaitons bien entendu
un plein succès dans sa nouvelle carrière.
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