Une
deuxième famille
A 61 ans, Astrid Heiberg se réjouit de consacrer du
temps à sa deuxième famille — le Mouvement
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Très attachée
au programme sur lequel elle a été élue,
elle ambitionne en particulier de renforcer les Sociétés
nationales et les délégations régionales.
Lorsqu’on lui demande si le fait d’être
la première femme à présider la Fédération
internationale présente une signification particulière,
Mme Heiberg répond: “Je crois que ma façon
de diriger est profondément démocratique. Pour
moi, il est essentiel qu’un maximum de personnes soient
mises à contribution.” Ajoutant qu’elle
compte tirer parti de tout l’éventail de compétences
disponible à travers le monde, elle exprime sa volonté
de travailler notamment en étroite consultation avec
les vice-présidents de l’organisation.
La nouvelle présidente espère également
améliorer la coopération avec le CICR. “Le
nouvel accord, note-t-elle, représente un pas important
à cet égard, et j’entretiens déjà
une relation constructive avec Cornelio Sommaruga, mon homologue
au CICR. Toutefois, certains problèmes de communication
restent à résoudre quant à la répartition
des tâches dans les régions où, comme
en ex-Yougoslavie, coexistent la guerre et la paix.”
La Fédération aura affaire à une personne
habile à mobiliser ses collaborateurs. “Astrid
est très consciente qu’elle ne peut pas tout
faire elle-même et elle sait très bien utiliser
les talents des personnes qui l’entourent, assure Sven
Mollekleiv, secrétaire général de la
Croix-Rouge de Norvège. Mais c’est aussi quelqu’un
de très exigeant. Ceux qui travaillent avec elle n’ont
pas le loisir de sommeiller au fond de la classe.”
Mme Heiberg conservera son poste à la Croix-Rouge
de Norvège, mais elle compte alléger sa charge
à l’université afin de s’acquitter
au mieux de ses deux mandats de présidente.
Ces multiples activités font qu’elle ne peut
consacrer autant de temps que d’autres à sa famille
et à ses amis, mais, de l’aveu de sa fille Lise,
âgée de 31 ans, la rareté des rencontres
est largement compensée par leur qualité. “Ma
mère sait écouter et on peut compter sur elle,
affirme-t-elle. Nous savons que, si nous avons vraiment besoin
d’elle, elle viendra aussitôt quelles que soient
les circonstances.” |