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Les nouveaux fléaux
par John Bland |
Une
combinaison funeste de nombreux facteurs, résultant
pour la plupart de l’inhumanité de nos sociétés,
a favorisé la prolifération de maladies nouvelles
et provoqué la réapparition d’affections
qu’on croyait disparues. Que peut-on faire et qu’a-t-on
entrepris pour juguler ces fléaux? |
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Malgré le formidable arsenal de vaccins et de médicaments
mis au point depuis la Seconde Guerre mondiale, les maladies
infectieuses continuent non seulement de sévir, mais
elles tendent à se développer de façon
alarmante et font des ravages parmi les plus vulnérables.
Leurs effets sont exacerbés par l’effondrement
des systèmes de santé, par la résistance
accrue des agents pathogènes aux antibiotiques, par
les crises humanitaires, par le changement climatique et,
surtout, par la misère.
Nombre de médicaments tenus jusqu’à présent
pour efficaces sont désormais impuissants face à
des affections communes telles que la tuberculose, la pneumonie,
la blennorragie ou l’otite. Or, si notre pharmacopée
perd de son pouvoir, une multitude de patients risquent de
connaître un sort fatal, même lorsqu’ils
ne souffrent que d’une bénigne infection de l’oreille.
Face à cette évolution dramatique qui menace
aussi bien les nations développées que celles
en développement, le Mouvement international de la
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a dû élargir
considérablement le champ de ses activités sanitaires
et médicales. Aujourd’hui, la santé occupe
une place prépondérante dans les activités
de maintes Sociétés nationales, que ce soit
sous la forme de services de premiers secours, de soins de
santé communautaire, d’éducation sanitaire,
de transfusion sanguine, de soins infirmiers, de prévention
et de traitement du sida, de campagnes de vaccination ou de
programmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement.
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Une
brèche fatale
La diphtérie a connu un regain spectaculaire dans
certaines régions de l’ex-Union soviétique
vers 1990, puis, en l’espace de quatre ans, elle s’est
propagée dans pratiquement tous les pays de la CEI.
Au moins 90 pour 100 des cas enregistrés durant cette
période l’ont été dans cette partie
du monde, essentiellement à cause de la brèche
ouverte par l’effondrement des services de santé,
qui assuraient auparavant la vaccination de toute la population.
En 1994, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge,
l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et
le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) ont
lancé une campagne de vaccination de 18 mois en Biélorussie,
en Ukraine, en Estonie, en Lettonie et en Lituanie. Dans le
cadre de cette initiative, 38 millions de personnes ont été
immunisées contre la diphtérie et, uniquement
en Ukraine, la Fédération a distribué
23 millions de doses de vaccin en 1995-1996.
La Fédération a pris une part très active
à cet effort. Elle a fourni les structures requises
pour les vaccinations ainsi que quelque 40 millions de doses
de vaccin et des seringues, elle a mis en place la “chaîne
du froid” nécessaire pour assurer la conservation
des produits depuis leur départ chez le fabricant jusqu’à
leur inoculation – et a même mobilisé des
moyens de transport. En outre, des programmes d’éducation
ont été mis sur pied afin de faire prendre conscience
à la population de la nécessité de se
protéger contre la maladie. Grâce à cela,
le nombre des patients enregistrés dans les cinq pays
est tombé de 6059 en 1995 à seulement 277 au
cours des cinq premiers mois de 1998. La Fédération
estime que la campagne a permis de prévenir environ
400000 cas et 10000 décès. Qui plus est, les
pays en question sont désormais autosuffisants pour
la production et l’inoculation du vaccin.
Les leçons tirées de cette action seront cruciales
pour lutter efficacement contre les futurs défis sanitaires
en ex-Union soviétique, y compris pour la pandémie
du sida. “Accessoirement, tout ceci aura été
très profitable pour les Sociétés nationales
de la région, souligne le docteur Sandbladh, responsable
de l’assistance médicale d’urgence à
la Fédération. Les pays concernés ont
compris qu’ils avaient en nous un solide partenaire
et, de notre côté, nous avons découvert
que nous étions parfaitement aptes à répondre
à certaines crises sanitaires.” |
Que
sont ces maladies?
Les maladies infectieuses émergentes
sont des affections dues à des agents infectieux récemment
découverts et causant de graves problèmes de
santé publique, au plan local ou international. Dans
cette catégorie figurent notamment: l’infection
par le VIH qui provoque le sida; une nouvelle variante de
la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une affection touchant le
système nerveux central qu’on soupçonne
d’être associée à une maladie similaire
observée chez les bovidés (encéphalopathie
spongiforme); la fièvre hémorragique Ébola.
On peut mentionner également une nouvelle forme de
choléra, les hépatites C et E, la maladie du
légionnaire ainsi que la maladie de Lyme. On pense
que nombre de ces maladies résultent d’un contact
plus étroit de l’homme avec leurs réservoirs
naturels, contact qui amènerait l’agent infectieux
à passer de l’animal à l’homme,
effectuant ainsi un “saut” par-dessus la barrière
des espèces.
Les maladies réémergentes sont
celles dont la prévalence était devenue tellement
faible qu’on ne les considérait plus comme des
risques pour la santé publique, mais qui refont aujourd’hui
surface dans des proportions épidémiques. Elles
compren-nent: le paludisme, qu’on avait pu croire pratiquement
jugulé dans les années 60, mais qui a rebondi
parce que le parasite responsable est devenu de plus en plus
résistant aux médicaments et que le moustique
qui le transmet a développé
de solides défenses contre le DDT; la diphtérie,
qui a connu dans certains pays une recrudescence spectaculaire
suite à la dislocation des programmes traditionnels
de vaccination; la tuberculose, qui est en augmentation dans
le monde entier, en raison notamment de son association étroite
avec l’infection par le VIH; et le choléra, qui
est réapparu dans des pays où il avait autrefois
été éliminé, et dont la propagation
est favorisée par le mauvais entretien des réseaux
d’approvisionnement en eau et d’assainissement. |
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Une épidémie jugulée
Nul n’a oublié la terrible épidémie
de fièvre hémorragique Ébola qui a frappé
en 1995 la région de Kikwit, en République démocratique
du Congo (ex-Zaïre). Avant qu’on ne parvienne à
enrayer l’infection, 276 personnes avaient perdu la
vie. La Fédération avait promptement réagi
en envoyant sur le terrain une équipe de spécialistes
qui s’étaient joints aux équipes de la
Société nationale. Le Center for Disease Control
des États-Unis (CDC), l’OMS, Médecins
Sans Frontières (MSF) et maints autres organismes étaient
engagés dans le combat.
Plus tard, deux médecins de la Croix-Rouge de la République
démo-cratique du Congo furent détachés
au Gabon afin de conseiller les autorités de la santé
publique sur la façon de surmonter une crise similaire.
Dans ce genre de situation, le rôle du Mouvement consiste
moins à tenter de contrôler l’épidémie
qu’à aider les services de santé et autres
instances compétentes d’un pays donné
à mettre en place les capacités requises pour
y faire face.
En décembre dernier, lorsqu’une mystérieuse
maladie apparut dans le nord-est du Kenya et dans le sud de
la Somalie, causant un grand nombre de décès
inexpliqués, la Croix-Rouge dépêcha aussitôt
une équipe d’enquête sur place. Des gens
vivant dans une vaste région récemment sinistrée
par de dramatiques inondations souffraient de fièvre
et de maux de tête bientôt suivis d’hémorragies
et de vomissements, des symptômes rappelant ceux de
la sinistre fièvre Ébola. Dans le même
temps, les autorités signalaient une inquiétante
multiplication des avortements spontanés et des morts
par hémorragie chez les animaux domestiques.
Les analyses permirent de conclure à une épidémie
de fièvre de la vallée du Rift causée
par un virus détecté au Kenya en 1930. Les inondations
avaient favorisé la prolifération de certaines
espèces de moustiques qui portent le virus et le transmettent
à l’animal et à l’homme. Au début
du mois de février 1998, l’épidémie
avait fait quelque 400 morts au Kenya et 80 en Somalie. Les
éleveurs avaient perdu jusqu’à 70 pour
100 de leurs troupeaux – un véritable désastre
financier pour ces paysans misérables.
Le docteur Ray Arthur, de la Division OMS des maladies émergentes
et autres maladies transmissibles – surveillance et
lutte (EMC), note: “Le Mouvement a été
l’une des premières organisations à intervenir
sur le terrain. Il s’est occupé de recueillir
des échantillons aux fins d’analyse ainsi que
de fournir des soins aux patients, puis a établi une
liste de tous les cas répertoriés.” Cette
redoutable épidémie, qui menaçait d’échapper
rapidement à tout contrôle, a pu être jugulée
grâce à une mobilisation internationale massive.
Le docteur Michel Thuriaux, également membre de l’EMC,
considère que le Mouvement dans son ensemble constitue
pour l’OMS “un partenaire important”, grâce
à ses activités et capacités
au plan tant international que national.
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Prévention
à la source
Dans les années 60, on a pu croire que les jours
du paludisme étaient comptés. Mais la maladie
a rebondi, le parasite étant devenu de plus en plus
résistant aux médicaments et le moustique qui
le transmet ayant développé de solides défenses
contre le DDT. Depuis, elle ne cesse de progresser dans des
régions où elle avait complètement disparu
et, avec le changement climatique, elle menace désormais
des zones jusqu’alors trop froides pour les moustiques.
À l’occasion de son élection, en mai,
au poste de directeur général de l’OMS
Gro Harlem Brundtland a déclaré devant l’Assemblée
mondiale de la Santé: “Le paludisme est la principale
maladie en Afrique et c’est une cause fondamentale de
pauvreté. Chaque jour, 3000 enfants meurent de cette
maladie et, chaque année, on dénombre 500 millions
de cas parmi des enfants et des adultes. Qui a dit que les
maladies infectieuses devenaient peu à peu un problème
du passé? Le moment est venu de réagir et d’adopter
une approche nouvelle. Le moment est venu de faire reculer
le paludisme.”
À ce jour, aucun vaccin efficace n’a pu être
développé contre les parasites des hommes, aussi
la recherche d’une solution au problème du paludisme
représente-t-elle un formidable défi. L’objectif
consiste à mettre au point un vaccin qui puisse être
employé parallèlement à d’autres
moyens de lutte contre la maladie, comme le diagnostic précoce,
la thérapie et la prévention par les médicaments
ou les mesures de protection individuelle
telles que les moustiquaires imprégnées d’insecticide.
Le Mouvement s’emploie très activement à
promouvoir des mesures environnementales propres à
réduire les populations de moustiques et à persuader
les communautés exposées de dormir à
l’abri de moustiquaires. Dans les camps du sud de l’Azerbaïdjan
où vivent quelque 34000 personnes déplacées,
ses équipes d’approvisionnement en eau et d’assainissement
ont travaillé sans relâche afin de drainer les
eaux stagnantes et de protéger la population grâce
à des pulvérisations d’insecticide. Quant
aux équipes sanitaires, elles ont visité chaque
foyer afin de dépister d’éventuels cas
de paludisme non diagnostiqués. Enfin, des infirmiers
et volontaires du Croissant-Rouge ont distribué des
milliers de dépliants et d’affiches afin de sensibiliser
les habitants au danger que représente cette maladie
et de les initier aux mesures de prévention appropriées. |
| Funeste
misère
“La misère est le plus meurtrier des fléaux”,
affirme le docteur Alireza Mahallati, directeur du Département
de la santé communautaire et de l’action sociale
à la Fédération. Il plaide avec passion
en faveur des quelque 1300 millions d’habitants de la
planète qui vivent en dessous du seuil de pauvreté
et des 830 millions de personnes qui souffrent de malnutrition
chronique. “Une multitude de gens sont plongés
dans le dénuement le plus extrême. Privés
d’eau potable et d’installations sanitaires, mal
logés, manquant de nourriture, ils constituent une
proie facile pour les maladies en tous genres. Face à
cette misère profonde, notre rôle consiste à
les informer au mieux des risques auxquels ils sont exposés
et des moyens de préserver leur santé.”
La pauvreté et l’urbanisation sau-vage sont
particulièrement propices à la propagation du
choléra, qui touche aujourd’hui aussi bien des
régions jadis épargnées que d’autres
où on le croyait jugulé. Dans le cadre de ses
activités de secours, le CICR se consacre à
restaurer les systèmes d’approvisionnement en
eau et d’assainissement endommagés par la guerre,
de manière à prévenir la dissémination
des maladies infectieuses. L’année dernière,
il a affecté 21 millions de francs suisses à
ces efforts, essentiellement en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine,
dans la région des Grands Lacs, en Irak et en Somalie.
La Fédération est membre du Groupe spécial
mondial contre le choléra, et les Sociétés
nationales jouent un rôle essentiel en initiant les
auxiliaires de santé communautaires aux mesures de
prévention et aux protocoles de traitement élaborés
par l’OMS. Dans des pays comme l’Irak, le Rwanda,
la Tanzanie et l’Ouganda, les équipes d’ingénieurs
et de techniciens sanitaires de la Fédération
s’emploient à prévenir la diffusion de
la maladie parmi des communautés souffrant de carences
en matière de nutrition, d’hygiène et
d’eau potable. Au plus fort de l’épidémie
en Ouganda, c’est dans les bidonvilles de Kampala que
l’infection s’est propagée le plus rapidement,
avec 100 à 150 nouveaux cas par jour. La Société
nationale a recruté et formé une centaine de
nouveaux volontaires et touché quelque 600000 habitants
grâce à ses campagnes publiques de sensibilisation.
Conflits sociaux, urbanisation galopante, pauvreté
et ignorance sont autant de facteurs aggravants de la
pandémie du VIH/sida. À cet égard, l’éducation
représente un moyen de prévention vital. “On
enregistre des progrès encourageants dans le traitement
de la maladie, mais nous ne disposons pas des ressources financières
ni humaines requises pour nous engager sur ce terrain, note
le docteur Mahallati. C’est pourquoi nous faisons porter
l’essentiel de nos efforts sur l’éducation
des jeunes. Dans certaines des régions les plus touchées,
comme l’Afrique subsaharienne, nous nous employons à
promouvoir et à améliorer les méthodes
de formation en vue de permettre aux communautés concernées
de prendre elles-mêmes en charge les malades du sida,
en institution et à domicile.” |
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Les
prisons: bouillons de culture de la tuberculose
Depuis quelques années, on observe dans le monde entier
une recrudescence dramatique de la tuberculose. Selon l’OMS,
celle-ci aurait contaminé plus de 7 millions de personnes
et en aurait tué environ 3 millions rien qu’en
1997, ce qui en fait la maladie infectieuse la plus meurtrière
chez les adultes ainsi que la première cause de mortalité
chez les jeunes femmes, qui sont plus de 900 millions à
être infectées. Cette année, le bilan
pourrait être d’un million de décès
et de 2,5 millions de nouveaux cas parmi les femmes de 15
à 44 ans.
Le CICR a décidé de s’attaquer à
ce fléau dans un cadre dont le choix peut sembler à
première vue surprenant: les prisons. Sa longue expérience
des lieux de détention lui assure les compétences
requises pour le succès d’une telle entreprise.
Le docteur Hernan Reyes, coordonnateur médical pour
les activités liées à la détention,
explique que les prisons, notamment dans les pays où
les services de santé se sont effondrés, constituent
des terrains propices à la propagation de cette maladie.
“Pour contracter la tuberculose, il suffit de respirer:
les cellules sont mal ventilées, pleines de fumée
de tabac, et les détenus vivent en permanence dans
la promiscuité. Bref, les prisons sont de véritables
bouillons de culture.” Les gardiens sont eux-mêmes
très exposés à l’infection et peuvent
contribuer à propager la maladie à l’extérieur.
En collaboration avec les Sociétés nationales
de plusieurs pays et régions de l’ex-Union soviétique
ainsi qu’en Éthiopie et au Pérou, le CICR
a donc mis en place des programmes de diagnostic et de traitement
dans les prisons. La tâche est loin d’être
aisée, du fait notamment que les détenus tentent
couramment de troquer leurs médicaments contre d’autres
biens. Il arrive même que les prélèvements
de salive destinés aux analyses soient échangés
à seule fin de permettre à des prisonniers non
contaminés de sortir de cellule et de se faire hospitaliser.
Dans de telles conditions, la stratégie de traitement
de brève durée sous surveillance directe (DOTS)
préconisée par l’OMS est plus indispensable
qu’en toute autre circonstance.
“Pour réussir, insiste le docteur Reyes, il
est essentiel qu’aucune faille ne vienne miner les efforts.
C’est pourquoi nous travaillons en étroite liaison
avec les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose.
Nous pensons qu’il est inutile de lancer une telle action
sans disposer d’un laboratoire pour l’analyse
des prélèvements de salive. Dans certains cas,
nous avons dû amener nos propres laborantins, parce
que les techniciens locaux étaient soumis de la part
de certains prisonniers à des pressions insupportables
– en un mot, des menaces – pour détecter
des bacilles là où il n’y en avait pas.”
Le CICR a pour règle de ne pas entreprendre un programme
s’il ne peut être mené à bien correctement.
“En interrompant un traitement avant terme, souligne
encore le docteur Reyes, on lâche dans la nature des
bacilles plus résistants aux médicaments.”
Son homologue en charge de la formation, le docteur Rudi Coninx,
note que, en Azerbaïdjan, la mortalité liée
à la tuberculose était 50 à 100 fois
plus élevée dans les prisons qu’au dehors,
et qu’un prisonnier sur quatre décédait
des suites de la maladie parce que le traitement était
devenu de plus en plus chaotique au fil des ans. Certains
pays ne comptabilisent même pas les décès
de détenus consécutifs à la tuberculose
dans leurs statistiques officielles, aussi est-il impossible
de mesurer la gravité du problème. “Mais,
conclut le docteur Coninx, si on ne résout pas le problème
de la tuberculose dans les prisons, il a vite fait de devenir
un véritable problème national.” Se fondant
sur l’expérience acquise dans différents
pays, le CICR a entrepris avec l’OMS la production d’un
manuel sur le traitement de cette maladie en milieu carcéral.
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Que
réserve l’avenir?
Depuis l’éradication de la variole en 1980,
peu nombreuses sont les mala-dies dont on peut encore escompter
la disparition dans un futur raisonnablement proche: poliomyélite,
filariose, lèpre, tétanos néonatal, rougeole,
onchocercose et maladie de Chagas. Les autres, qu’elles
soient “anciennes” ou “nouvelles”,
vont probablement tenir en échec la science médicale
bien avant dans le XXIe siècle. Le mieux qu’on
puisse peut-être espérer serait de parvenir à
garder sous contrôle les plus terribles d’entre
elles.
Les nouveaux fléaux constituent de sérieux
défis pour l’industrie pharmaceutique. Le développement
de vaccins efficaces est un processus laborieux et de longue
haleine, mais les chercheurs font tout ce qui est en leur
pouvoir pour trouver des solutions. S’agissant, par
exemple, de la bactérie e-coli (ETEC), responsable
de 300000 à 700000 décès par an parmi
les enfants de moins de cinq ans et principale cause de diarrhée
dans les pays en développement, un vaccin prometteur
a été élaboré en Suède.
De nouveaux vaccins sont également en cours de développement
pour plus de 60 autres maladies parmi lesquelles figurent
des affections que, récemment encore, les plus visionnaires
des chercheurs n’auraient pas imaginé pouvoir
prévenir par ce moyen.
S’agissant, en revanche, du VIH/
sida, l’aptitude du virus à désactiver
le système immunitaire humain a jusqu’à
présent déjoué toutes les tentatives
de mise au point d’un médicament ou d’un
vaccin efficace. La recherche se heurte en outre au fait que
personne n’est encore parvenu à établir
quels sont les mécanismes immunitaires – pour
autant qu’ils existent – susceptibles d’assurer
une protection contre le virus. Sans cette information cruciale,
les études cliniques de tout vaccin pourraient prendre
des années.
Le docteur Joshua Lederberg, prix Nobel de physiologie et
de médecine en 1958, avait jadis lancé un avertissement
prémonitoire: “Le microbe qui, hier, a attaqué
un enfant sur un lointain continent pourrait infecter le vôtre
aujourd’hui et provoquer une pandémie mondiale
demain.” Sa mise en garde n’a jamais été
plus d’actualité qu’en cette fin de millénaire.
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John Bland
Ex-rédacteur en chef du magazine de l’OMS
La Santé dans le Monde, l’auteur est aujourd’hui
consultant auprès du Programme d’action de l’OMS
pour l’élimination de la lèpre (LEP). |
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