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du Magazine

Les marées humaines

par Andrew Doupe

Le peuplement de notre planète est le fruit d’une suite interminable de mouvements migratoires. De nos jours, ces flux ont pris une ampleur sans précédent. On estime que le nombre actuel des migrants dépasse largement les 100 millions. Qui sont ces gens et quels sont leurs besoins sur le
plan humanitaire?

“Deux cents Albanais entrent illégalement en Italie”,
titre un quotidien italien. “En 1998, 133 Mexicains sont morts en tentant de franchir la frontière des Etats-Unis”, rapporte un groupe local de soutien aux migrants. Derrière la froideur des chiffres et les titres de la presse se cachent les histoires de gens qui ont tout risqué dans l’espoir d’une vie meilleure.

Par ailleurs, les causes et les circonstances de ce phénomène varient considérablement. En premier lieu, il importe de distinguer entre ceux qui décident de se déplacer et ceux qui y sont contraints. Un migrant est un individu qui choisit librement de changer de lieu, pour des motifs généralement économiques ou démographiques. Cette définition exclut donc les réfugiés, les personnes déplacées et les demandeurs d’asile, qui se déplacent pour fuir la guerre, les persécutions ou les catastrophes naturelles.

Pourtant, migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont globalement perçus comme autant “d’intrus” qu’on accuse couramment de provoquer surpeuplement et chômage, de saigner à blanc les services sociaux et de santé, de mettre en danger l’équilibre culturel des pays d’accueil. Cette perception tient à la fois au sentiment que les étrangers provenant des “mauvais” pays sont déjà trop nombreux, et à la survivance de vieux préjugés xénophobes et racistes. Dans le cas des immigrés, on oublie facilement qu’ils ont fréquemment été encouragés à s’établir dans le pays d’accueil afin de remplir des tâches jugées ingrates, précaires ou trop mal payées par les autochtones. De plus, un nombre croissant d’entre eux se trouvent plongés dans des limbes administratifs qui les condamnent à mener une existence dangereuse et clandestine.

 

 

Un phénomène mondial

Alors qu’un nombre sans précédent d’individus est aujourd’hui en mouvement, les politiciens et autres décideurs commencent seulement à prendre conscience que nous sommes confrontés à un phénomène mondial échappant à toutes leurs tentatives de contrôle. Fidèle à sa tradition humanitaire, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’est largement mobilisé pour relever le défi posé par les migrations, notamment à travers des programmes de protection et d’assistance au bénéfice des réfugiés et des demandeurs d’asile. Et, depuis une génération, maintes Sociétés nationales ont déployé des efforts louables pour aider les immigrés à s’intégrer et leur fournir des services médicaux et sociaux, avec le concours de la Fédération internationale et du CICR.

Néanmoins, le Mouvement doit maintenant s’engager plus activement encore en vue de promouvoir une approche globale et plus humaine des problèmes et besoins des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile. Une telle évolution réclame de la créativité, du courage et une meilleure coordination entre ses différentes composantes. Dans cette perspective, Croix-Rouge, Croissant-Rouge a choisi d’évoquer la situation des migrants et demandeurs d’asile — ainsi que la réponse apportée par le Mouvement — à travers deux exemples, l’un provenant d’Asie, l’autre d’Europe occidentale.

La rédaction
Avec la participation d’Andrew Doupe


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