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Le droit à la parole
La cour du procès simulé était composée d'experts belges
et d'autres nations, les plaideurs provenant quant à eux de
l'Université Libre de Bruxelles et de l'Université Catholique
de Louvain. Commentaires à chaud :
Damien Vandermeersch, juge d'instruction au tribunal
de première instance de Bruxelles:
"Le droit humanitaire ne concerne pas que les spécialistes.
Le procès simulé est l'occasion de faire comprendre au public
que ce droit et son respect sont l'affaire de tous, même si
les violations sont extrêmement difficiles à juger. Cela dit,
malgré le statut de la Cour pénale internationale, il faut
rappeler que la répression des violations demeure une responsabilité
première des Etats, celle de la Cour étant subsidiaire, même
si sa vocation peut encore évoluer, notamment sous la pression
de l'opinion publique internationale."
Chantal Domboué, étudiante en droit (3e année) :
"Ce concours est un travail de longue haleine qui nous
a mobilisés durant trois mois, y compris la phase de présélection.
Il a fallu aussi approfondir la jurisprudence des tribunaux
sur le Rwanda et l'ex-Yougoslavie. Cette simulation représente
un formidable défi pour lequel nous devons donner le meilleur
de nous-mêmes."
Eric David, professeur de droit à l'Université Libre
de Bruxelles :
"Bien que le droit humanitaire ne soit de loin pas l'un
des cours fondamentaux des études de droit, l'intérêt des
étudiants pour cette matière est remarquable. Je crois qu'au
moment où les idéologies s'effondrent, le droit humanitaire
est un refuge sur certaines valeurs sur lesquelles on ne peut
pas transiger. Il y a donc au cœur de cette mobilisation un
besoin d'idéal qui touche également les droits de l'homme."
Isabelle Kuntziger, responsable du service juridique de
la Croix-Rouge de Belgique (communauté francophone):
"Promouvoir la répression n'est pas du ressort de la
Croix-Rouge. Mais vu que la Croix-Rouge est à l'origine du
droit humanitaire, elle doit favoriser la promotion de ce
droit."
Christophe Swinarski, expert juridique du CICR :
"Outre les autorités politiques et académiques, les jeunes
juristes ont répondu présent à l'appel. Il faut féliciter
la Croix-Rouge de Belgique pour son initiative qui est en
quelque sorte un phare en matière de promotion du droit humanitaire
depuis de nombreuses années."
Noémie Bulinckx, étudiante en droit (3e année), lauréate
du concours :
"En première licence nous traitons du droit des gens
mais nos connaissances en droit humanitaire sont relativement
limitées. Cependant, on s'adapte assez vite à ces problématiques
de droit humanitaire. Ceci dit, dans la pratique, la portée
et l'impact réels de la Cour pénale internationale demeurent
étroitement conditionnés par les intérêts politiques des Etats,
ce qui restreint singulièrement son degré d'universalité."
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