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Les photographes humanistes
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| Familles
en danger |
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Aujourd'hui mondialement
reconnu pour la qualité de ses reportages en zones
de guerre, Eric Bouvet est un photographe français
discret, qui a commencé sa carrière avec l'agence
Keystone à Paris. Il a travaillé ensuite à
l'agence Gamma durant huit ans, avant de devenir indépendant
en 1990. Lauréat de plusieurs World Press Photo Awards,
Eric a reçu pour son reportage sur la guerre en Tchétchénie
le Visa d'Or du Festival de photojournalisme de Perpignan
ainsi que le Prix Paris Match et le Prix du correspondant
de guerre de Bayeux. Familier des champs de bataille, il a
couvert de nombreuses opérations humanitaires du CICR,
de l'Angola à l'Afghanistan. Pour Croix-Rouge Croissant-Rouge,
il a choisi quelques images de son portfolio. Ces photos et
les commentaires qui les accompagnent nous rappellent que,
même au milieu de guerres fratricides, la famille demeure
le fondement, aussi précieux que vulnérable,
de la société.
Jean-François
Berger
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Tchétchénie,
août 1996.
"Je suis resté coincé pendant une semaine
dans le centre de Grozny en compagnie de quatre autres photographes.
Nous passions de cave en cave pour nous protéger des
bombardements incessants et des snipers qui sévissaient
en surface. A sept heures du matin, les tirs se sont arrêtés.
A huit heures, les Russes ont ramassé leurs morts dans
du papier aluminium. A neuf heures, les deux factions fumaient
des cigarettes ensemble et, enfin, ce qui était impensable
quelques heures plus tôt s'est produit: à dix
heures, les civils ont commencé à sortir...
C'était le dernier jour de cette guerre."
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Afghanistan, 1994.
"Une femme de Kaboul abrite son enfant de la pluie sous
son burka. Elle fuit la ville ravagée par les combats
des factions rivales de Domstom le communiste, Hekmatiar l'intégriste
et Massoud le gouvernemental de l'époque."
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Somalie, 1992.
"C'était dans le désert, le no man's
land. A part deux pierres, elles n'avaient rien pour couper
le cordon ombilical du bébé. Je leur ai passé
mon couteau. Après dix jours passés chez les
morts-vivants de Baidoa, cette naissance m'a fait du bien..."
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Bosnie-Herzégovine, 1993.
"Ce père qui traverse à Sarajevo la tristement
célèbre 'Sniper Alley', c'est malheureusement
une scène trop familière..."
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