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La naissance du Bangladesh
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Il y a trente ans éclatait la
guerre de libération du Bangladesh,
à l'époque province du Pakistan oriental.
À l'instigation des nationalistes de la Ligue Awami,
le mouvement séparatiste proclama l'indépendance
le 26 mars 1971. Il s'ensuivit un conflit particulièrement
sanglant qui dégénéra en décembre
1971 en une guerre de 11 jours entre le Pakistan et l'Inde.
Les combats entraînèrent l'exode de quelque 10
millions de personnes, d'abord vers l'Inde, puis vers le Pakistan.
La réponse humanitaire fut à la mesure des énormes
besoins. Elle prit la forme d'une opération conjointe
entre le CICR, la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge (l'actuelle Fédération
internationale) et de nombreuses Sociétés nationales.
Le personnel ainsi mobilisé se consacra principalement
à la protection des prisonniers de guerre, à
la recherche des personnes disparues, ainsi qu'à l'aide
alimentaire et médicale en faveur des populations déplacées
et des réfugiés.
La rédaction de Croix-Rouge, Croissant-Rouge a redécouvert
quelques photographies de cette opération. Elles sont
commentées par leur auteur, Jean-Jacques Kurz, qui
accomplissait alors sa première mission pour le CICR.
Jean-François Berger
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Camp
bihari, Chittagong, 1972.
"Accusés de collaboration avec les Pakistanais,
les Biharis avaient un grand besoin de protection, en particulier
pendant la nuit."
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Camp de Mirpur, Dacca, 1972.
"Dans les camps, nous fournissions des aliments en vrac
aux réfugiés, qui faisaient eux-mêmes
la cuisine. La plupart du temps, il s'agissait d'un mélange
de blé, de soja et de lait en poudre."
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Camp de Mirpur, Dacca (aujourd'hui
Dhaka), 1972.
"Durant la phase initiale de l'opération, les
saris servaient de tentes aux Biharis."
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Délégation du CICR,
Hôtel Purbani, Dacca, 1972.
"L'intervention au Bangladesh fut l'une des premières
grosses opérations conjointes du Mouvement, aussi fallait-il
presque chaque jour briefer les équipes médicales
mises à disposition par les Sociétés
nationales - ici, les équipes allemande et britannique."
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"Arrêté":
un message de Biharis aux délégués, Dacca.
"Les Biharis n'osaient pas parler ouvertement des arrestations.
Souvent, à notre insu, ils nous glissaient des messages
d'appel au secours. J'ai découvert ce papier dans les
plis de ma manche retroussée en revenant du camp. Je
l'ai photographié avec un Nikormat appartenant au CICR
sur le tapis de ma chambre d'hôtel. C'était la
première pièce d'un dossier pour l'Agence de
recherche."
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