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Guerre en Irak

 

Cruellement éprouvée par la guerre contre l'Iran dans les années 1980 et par la guerre du Golfe de 1991, la population irakienne est à nouveau touchée par un conflit suite au lancement de l'offensive américano-britannique le 20 mars 2003. Dans ce contexte dramatique, le CICR a rappelé aux belligérants l'obligation qui leur incombe, aux termes des Conventions de Genève, de protéger les vies humaines et la dignité des individus. S'exprimant dans le cadre d'une conférence de presse quelques heures après le déclenchement des hostilités, Jakob Kellenberger, président de l'institution, a réaffirmé les règles qui s'appliquent dans toute guerre. "La population civile doit être respectée et protégée", a-t-il souligné. "Les attaques indiscriminées sont proscrites, de même que les menaces ou violences visant à répandre la terreur parmi les civils."

S'il est encore trop tôt pour se faire une idée claire de l'impact humanitaire de cette nouvelle crise, on peut être assuré que les effets sur la population irakienne de douze années d'embargo contribueront à exacerber les besoins. Qui plus est, la suspension du programme "pétrole contre nourriture" qui avait été mis en place sous les auspices des Nations unies va aggraver une situation nutritionnelle déjà très précaire.

Activités du Mouvement
Sous la houlette du CICR, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a mobilisé tous ses moyens afin de répondre aux besoins en Irak et dans les pays environnants, notamment en matière de santé, d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Les questions touchant aux prisonniers de guerre et aux personnes disparues constituent un autre domaine d'attention prioritaire pour le CICR, qui assume à cet égard le rôle d'intermédiaire neutre. De son côté, la Fédération internationale met l'accent sur le soutien au Croissant-Rouge de l'Irak et aux Sociétés nationales des pays voisins, dans l'éventualité d'afflux de réfugiés en Iran, en Jordanie, en Syrie et en Turquie. "Une trentaine d'unités d'intervention d'urgence sont prêtes à assurer des services vitaux dans les domaines des soins médicaux, de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement", note Didier Cherpitel, secrétaire général de la Fédération.

Premiers secours
Le Croissant-Rouge de l'Irak compte dix-huit sections couvrant l'ensemble du territoire. Ses employés et volontaires s'efforcent de répondre aux urgences médicales, mais leurs capacités d'intervention sont sérieusement entravées par les hostilités en cours dans certaines villes.

Eau
D'une importance vitale, l'eau fait cruellement défaut en Irak depuis la guerre du Golfe de 1991, les stations de pompage et de traitement ayant subi de lourds dommages et manqué depuis lors d'entretien. Avec le nouveau conflit, la situation pourrait bien s'aggraver encore, aussi la protection des installations d'approvisionnement en eau figure-t-elle parmi les priorités absolues de l'action humanitaire.

Le 22 mars, la ville de Bassorah a été privée d'eau après de violents combats. Le CICR et les autorités locales ont réussi à mettre en place un système d'adduction directe depuis le fleuve Chatt el Arab, mais ce dispositif est insuffisant et précaire. Le CICR a également pris des mesures en vue de distribuer des réserves d'eau d'urgence dans certains quartiers de Bagdad non rattachés au réseau public et fourni des tablettes pour la purification de l'eau au Croissant-Rouge de l'Irak.

Santé
Le CICR s'inquiète des dégâts qui pourraient être infligés aux réseaux électriques en raison de leurs répercussions sur l'approvisionnement en eau et l'état de santé général de la population.

Dans ce domaine, l'accent est mis sur les soins aux victimes de la guerre. A Bagdad, le CICR dispose d'importants stocks de fournitures chirurgicales (sutures, pansements, instruments, anesthésiques) ainsi que de sacs pour les cadavres. Le personnel en charge des entrepôts veille à ce que ces articles puissent être distribués immédiatement aux hôpitaux en cas de besoin.

Personnes déplacées
On estime que près de 400 000 personnes ont fui leurs foyers et
sont actuellement déplacées dans le nord de l'Irak. Parmi elles, des habitants d'autres régions du pays qui ont cherché refuge dans les zones sous contrôle kurde et des habitants de ces mêmes zones qui ont quitté les villes pour la campagne. Les équipes du CICR sur le terrain et les autorités locales considèrent que leur situation n'est pas trop préoccupante, bien que quelques milliers d'individus appartenant en particulier au premier groupe doivent être regardés comme vulnérables.

La plupart des personnes déplacées à l'intérieur du pays sont parties avant le déclenchement des hostilités et beaucoup ont été accueillies dans des édifices publics ou auprès de parents. Les équipes du CICR évaluent de jour en jour leurs conditions d'existence et fournit à ceux qui en ont besoin des articles de première nécessité (couvertures, réchauds, calorifères, articles d'hygiène, jerricans, etc.).

Réfugiés
A la fin mars, les mouvements de population en direction des frontières restaient très limités. Des ressortissants de pays tiers ont été accueillis en Jordanie dans un camp administré par la Fédération internationale et le Croissant-Rouge jordanien, où ils ont reçu une aide alimentaire. Le CICR a mis à disposition des téléphones afin que ces réfugiés puissent rassurer leurs familles.

Prisonniers de guerre
Des combattants ont été faits prisonniers dans les deux camps. Capturés dans le cadre d'un conflit armé international, ils sont couverts par la Troisième Convention de Genève. Leur bien-être et leur sécurité relèvent de la responsabilité des autorités de détention. Conformément aux disposition de la Troisième Convention de Genève, le CICR est habilité à les visiter, à les enregistrer et à veiller sur leurs conditions de détention. "Les belligérants ont confirmé leur engagement à respecter les Conventions de Genève", note Balthasar Stähelin, délégué général du CICR pour le Moyen-Orient.

Jean-François Berger, rédacteur pour le CICR, et Jean Milligan, rédactrice pour la Fédération.

23 mars 2003. Des marines américains pénètrent dans la ville de Nasiriyah,
au sud de l'Irak.

21 mars 2003. Un garçon de 4 ans, brûlé à 40 pour 100 durant la première nuit de frappes américaines sur Bagdad, reçoit des soins à l'hôpital universitaire d'Al-Kindi. Le CICR assure l'approvisionnement régulier des hôpitaux irakiens en fournitures chirurgicales..

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