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La vérité contre l’opprobre
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Consciente
de l’impact dévastateur de l’opprobre et
de la discrimination sur la propagation du VIH/sida, la Fédération
internationale a lancé en 2002 une campagne mondiale
intitulée La vérité
sur le sida... Faites passer!
Ci-dessous, nous dressons un bilan provisoire de cette initiative. |
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‘‘L’opprobre
et la discrimination liés au VIH/sida entravent de
façon dramatique la pire épidémie que
l’humanité ait jamais connue”, a déclaré
Peter Piot, directeur exécutif du programme intégré
des Nations unies pour la lutte contre le VIH/sida (ONUSIDA).
Peu de personnes vivant avec le VIH/sida sont épargnées
par l’opprobre et la discrimination que suscite souvent
la maladie. Une multitude d’individus contaminés
vivent en marge de la communauté, leur malheur étant
couramment considéré comme le châtiment
d’un mode d’existence coupable. Toxicomanes, travailleurs
du sexe et homosexuels, déjà stigmatisés
par la morale publique, se retrouvent plus accablés
que jamais s’ils contractent le virus. Craignant de
subir les foudres d’une société intolérante,
beaucoup n’osent pas se soumettre à des tests
de dépistage ni réclamer des moyens de prévention
ou des traitements. Ainsi, l’épidémie
continue de se propager à un rythme alarmant.
En 2001, la Fédération internationale a décidé
de combattre l’opprobre et la discrimination liés
au VIH/sida par le biais de son réseau de 181 Sociétés
nationales. “En tant que plus grande organisation humanitaire
du monde forte de millions de volontaires et au nom des nos
principes et valeurs fondamentaux, nous avons le devoir de
rendre nos sociétés plus tolérantes et
plus compatissantes vis-à-vis des personnes qui vivent
avec le VIH/sida”, affirmait à l’époque
son président, Juan Manuel del Toro. C’est ainsi
qu’est née la campagne La
vérité sur le sida... Faites
passer! |
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En quoi consiste la campagne?
Lancée officiellement le 8 mai 2002 à l’occasion
de la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge,
la campagne vise à faire évoluer les perceptions,
les attitudes, les politiques et les comportements, afin que
les personnes vivant avec le VIH/sida puissent bénéficier
du soutien et des soins dont elles ont besoin pour tenir utilement
leur place au sein de la collectivité. Elle contribue
par ailleurs à freiner la propagation du virus en encourageant
les gens à effectuer des tests de dépistage
et à se protéger ainsi que leurs proches contre
la maladie.
À travers le monde entier, les employés et
les volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge jouent
un rôle essentiel dans la mobilisation du public contre
l’opprobre et la discrimination. La campagne leur assure
des ressources et un cadre de référence précieux
pour ce travail.
Le 8 mai 2003 a été lancée une émission
de timbres portant des messages destinés à dissiper
les principaux préjugés et mythes entourant
le VIH/sida. Après un démarrage un peu laborieux,
cette initiative a maintenant pris sa vitesse de croisière
et de nombreuses Sociétés nationales ont adapté,
traduit et imprimé ces timbres. Une nouvelle série,
illustrée dans cet article, conclura la campagne philatélique
avec des messages concernant les modes de contamination.
À la même date du 8 mai 2003, la Fédération
internationale avait ouvert un forum électronique baptisé
“Faites passer”. Grâce à cette tribune,
les employés et les volontaires du Mouvement peuvent
échanger informations et expériences sur les
activités de lutte contre le VIH/sida, en particulier
celles qui visent à éliminer l’opprobre
et la discrimination.
Au départ, certaines Sociétés nationales
étaient réticentes à s’associer
à la campagne, et beaucoup ont mis du temps à
établir des partenariats avec les réseaux de
personnes vivant avec le VIH/sida. Les choses ont toutefois
évolué à travers la prise de conscience
croissante que le combat contre la pandémie et contre
l’opprobre et la discrimination qui l’alimentent
relève de l’urgence à tous les échelons.
Deux ans après le lancement officiel, plus de deux
tiers des 181 Sociétés membres de la Fédération
internationale ont mis en place des activités dans
ce cadre.
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Couleur locale
Si la campagne est mondiale, elle a toutefois été
conçue de manière à ce que les diverses
activités puissent être adaptées aux conditions
locales. “La campagne mondiale fournit un cadre de référence
en laissant la porte ouverte à la créativité
locale”, confirme Bernard Gardiner, responsable du programme
de lutte contre le VIH/sida à la Fédération
internationale.
Un des meilleurs exemples d’adaptation est celui de
l’Argentine, où la Société nationale
a émis sa propre version des timbres, dont l’un
est assorti du message: “On n’attrape pas le sida
en partageant un maté”. Boisson traditionnelle
du pays, le maté est consommé à travers
un tuyau métallique appelé bombilla qui passe
de bouche en bouche – une pratique propre à alimenter
les mythes courants concernant le mode de transmission du
virus.
En Turquie, le ruban rouge, symbole aujourd’hui universel
de la sensibilisation au sida, est traditionnellement utilisé
pour indiquer qu’un enfant a appris à lire. Le
8 mai 2004, la Société nationale a habilement
combiné les deux messages en lançant une campagne
contre l’opprobre sur le thème: “Commencez
à lire: informez-vous sur le sida!”.
En Afrique de l’Est, la Fédération internationale
a soutenu un concours d’affiches autour du slogan de
la campagne. Dans la même région, un concours
de conteurs a été organisé en 2004 sur
les conséquences de l’opprobre et de la discrimination
pour les femmes et les jeunes filles.
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Partenariats
Face à un défi aussi énorme que l’épidémie
du VIH/sida et compte tenu de la nature sournoise de l’opprobre
et de la discrimination, le combat exige l’union d’un
maximum de forces. C’est pourquoi, dans le cadre de
sa campagne, la Fédération internationale s’est
associée au Réseau mondial des personnes vivant
avec le VIH/sida (GNP+), l’expérience de chacune
des deux organisations étant ainsi mise au service
de la lutte contre l’opprobre. En 2003, ce partenariat
a été reconnu en tant que Centre de collaboration
d’ONUSIDA.
Mieux encore, au titre des efforts novateurs de la Fédération
internationale, des Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge et des délégations régionales
du monde entier, de l’Ukraine à Trinité
et Tobago, s’emploient à associer les organisations
locales de personnes vivant avec le VIH/sida à tous
leurs programmes, en particulier ceux qui visent à
combattre l’opprobre.
Projets d’avenir
Depuis le lancement de la campagne, les Sociétés
nationales ont organisé des centaines de manifestations
et événements allant du théâtre
de rue au Malawi à des décorations murales en
Suisse, en passant par un atelier de trois jours en Iran.
Toutefois, la plupart des participants conviennent que le
moment est venu d’adopter une approche plus intégrée.
La Fédération internationale et les Sociétés
nationales examinent actuellement quelle forme devrait revêtir
cette nouvelle phase. Deux choses au moins sont claires: la
campagne a jusqu’à présent été
un plein succès en termes de mobilisation de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge, mais il reste énormément
à faire pour améliorer le sort des personnes
vivant avec le VIH/sida et enrayer la propagation du virus. |
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Felicita Hikuam
L’auteur est en charge de la coordination de la campagne
mondiale au secrétariat de la Fédération
internationale.
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©CHRISTOPHER BLACK / FÉDÉRATION
INTERNATIONALE
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Des photos contre l’opprobre
En juillet dernier, à peine les grands panneaux blancs
avaient-ils été installés sur le modeste
stand de la Fédération internationale à
la 15e Conférence internationale sur le sida à
Bangkok, que les gens commençaient à s’attrouper
pour découvrir de quoi il retournait. Le comptoir était
couvert de cartes postales géantes du monde entier,
de photos illustrant le travail des Sociétés
nationales aux côtés des personnes vivant avec
le VIH/sida et de timbres émis dans le cadre de la
campagne La vérité
sur le sida... Faites passer!
Mais la véritable attraction consistait dans ces fameux
panneaux, destinés à accueillir des photos de
visiteurs posant devant une affiche qui proclamait: “On
n’attrape pas le sida en étant solidaire”.
Imprimés sous forme d’autocollants, près
de 4000 portraits ont ainsi été exposés.
Les gens les plus divers se sont prêtés au jeu:
moines bouddhistes, transsexuels, écoliers, une reine
de beauté, une star de la pop thaïlandaise, des
spécialistes des soins palliatifs, des politiciens...
Conçue par Chris Black, responsable de l’audiovisuel
à la Fédération internationale, l’initiative
a suscité des discussions animées et une multitude
de réactions. Des jeunes femmes thaïlandaises
qui attendaient leur tour se sont inquiétées
de savoir si elles ne risquaient pas d’être contaminées
en se tenant à proximité d’une personne
séropositive pendant qu’on les photographiait.
Un volontaire du stand les a rassurées, puis a répondu
à toutes leurs interrogations concernant les modes
de transmission du virus.
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