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Course contre la montre |
Au
cours des quatre dernières années, le Croissant-Rouge
palestinien a assuré des services médicaux d’urgence
dans un contexte particulièrement difficile. |
Comme
des milliers de collègues du monde entier, les techniciens
médicaux d’urgence du Croissant-Rouge palestinien
se consacrent quotidiennement à sauver des vies, attendant
patiemment les appels à la permanence en devisant du
temps, d’interventions passées, de politique
ou de leur vie de famille. Lorsque l’alerte est déclenchée,
l’ambiance de paisible camaraderie cède immédiatement
la place au professionnalisme le plus exigeant et ces auxiliaires
de santé parfaitement formés et préparés
se précipitent vers leurs ambulances, comme partout
ailleurs.
Ce qui les distingue de la plupart de leurs collègues,
toutefois, c’est qu’ils opèrent dans un
contexte d’occupation et de conflit. Une fois arrivés
sur place, même si un enfant blessé gît
sur le sol ou si une femme les hèle depuis le pas de
sa porte pour qu’ils secourent son mari victime d’une
attaque cardiaque, ils ne peuvent pas toujours agir sans autre
délai, mais doivent encore obtenir le feu vert des
autorités israéliennes, par le truchement du
Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Le CICR
doit en effet contacter les forces de défense israéliennes
(IDF) dans le but d’obtenir l’accès pour
l’ambulance du CRP.
Sur le plan psychologique, cette contrainte est très
pénible pour des individus qui ont précisément
pour vocation de fournir une aide d’urgence aux personnes
dans le besoin. De plus, quand bien même la procédure
de coordination requise a été scrupuleusement
respectée et l’autorisation d’accès
accordée, il est parfois arrivé que des soldats
ouvrent le feu sur les membres des équipes médicales.
Au cours des quatre dernières années, depuis
le déclenchement de la seconde intifada, plusieurs
secouristes du Croissant-Rouge palestinien ont ainsi été
blessés ou tués dans l’exercice de leur
mission humanitaire.
L’action des techniciens médicaux d’urgence
du Croissant-Rouge en faveur de la population palestinienne
est également entravée par une multitude de
barrages et contrôles routiers, sans parler du fameux
mur qui morcelle toute la Cisjordanie. Pour surmonter ces
divers obstacles, ils en sont souvent réduits à
solliciter l’intercession du CICR. Hélas, toutes
ces démarches prennent du temps, avec des conséquences
parfois tragiques pour les patients en attente de soins. |
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C’est
en 1996 que le Croissant-Rouge palestinien est devenu le principal
prestataire de secours médicaux d’urgence en
Cisjordanie et dans la bande de Gaza, l’Autorité
palestinienne lui ayant donné mandat d’assurer
des services d’ambulances dans l’ensemble des
Territoires. Disposant d’un solide réseau de
sections locales et étant déjà engagée
dans de nombreuses activités humanitaires, l’organisation
était toute désignée pour offrir ce type
d’assistance à la population palestinienne. Depuis,
elle a fait preuve, dans des conditions souvent très
difficiles, d’un dévouement et d’un professionnalisme
exemplaires.
Pourtant, le travail des ambulanciers du Croissant-Rouge
est encore compliqué par le fait que divers autres
acteurs – ONG, hôpitaux, entreprises privées
et ministère de la Santé – proposent des
services similaires. Les véhicules utilisés
par la majorité de ces autres acteurs sont identifiés
comme des ambulances et marqués du symbole du croissant
ou de la croix rouge, voire des deux, mais ils se consacrent
essentiellement au transport de personnel médical,
de fournitures médicales, de défunts et de patients
ordinaires, plutôt qu’à celui de blessés
graves ou de malades en situation d’urgence. La pléthore
de ces autres “ambulances” font qu’il est
difficile pour le public comme pour les forces armées
israéliennes de distinguer clairement le rôle,
la fonction et l’appartenance des techniciens médicaux
d’urgence du Croissant-Rouge palestinien, d’où
des problèmes accrus d’accès et de sécurité. |

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Faits et chiffres
• Numéro d’appel national 1-0-1
• Siège, sept centres principaux et vingttrois
postes secondaires en Cisjordanie; six centres principaux
et un poste secondaire dans la bande de Gaza.
• Minimum de 44 véhicules assurant des
services 24 heures sur 24.
• En moyenne, 7200 appels traités chaque
mois. |
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Afin de simplifier la tâche des services d’urgence
du Croissant-Rouge palestinien, il apparaît indispensable
de promouvoir un texte de loi réprimant les utilisations
abusives des emblèmes. Par ailleurs, l’organisation
souhaite que soit établie une commission spéciale
chargée de réglementer les services médicaux
d’urgence, de manière à mieux servir les
intérêts de la population palestinienne tout
en favorisant la reconnaissance du Croissant-Rouge comme la
future composante nationale du Mouvement dans les Territoires.
Le Croissant-Rouge palestinien a consenti d’énormes
efforts pour mettre en place un système de services
médicaux d’urgence performants, conforme aux
meilleures pratiques internationales en matière de
soins préhospitaliers. Il a notamment créé
à l’intention de tous les personnels d’urgence
– techniciens, conducteurs et administrateurs –
un centre de formation spécialisé dont le programme
d’enseignement est actuellement réexaminé
en vue de garantir un niveau optimal de compétences,
y compris paramédicales. Il a également fixé
des normes précises pour ses véhicules et les
équipements qu’ils transportent.
Cela étant, la force du département des soins
médicaux d’urgence du Croissant-Rouge palestinien
réside moins dans ses éléments structurels
que dans le dévouement et les aptitudes des employés
et volontaires qui assurent les permanences téléphoniques
et les services d’ambulances. Luay Radad, 30 ans, a
commencé comme simple volontaire en 1997 avant de devenir
chef de poste à Ramallah, puis à Jéricho.
Aujourd’hui, il fait partie de l’encadrement du
centre de formation et se consacre à transmettre à
la nouvelle génération les connaissances et
compétences acquises dans le cadre de sa propre expérience.
À l’origine, Luay ambitionnait de devenir médecin,
mais les entraves aux déplacements des Palestiniens
l’ont empêché de fréquenter la faculté.
En 1996, ayant entendu parler de la création d’un
département des soins médicaux d’urgence
au sein du Croissant- Rouge palestinien, il a compris qu’une
opportunité s’ouvrait pour lui de s’engager
ainsi dans une activité sanitaire de nature humanitaire.
Luay ne s’est pas laissé décourager par
le climat délétère dans lequel s’effectue
le travail du département. Bien au contraire, il rapporte
que ces conditions difficiles ont été, pour
lui comme pour l’immense majorité de ses collègues,
une motivation à redoubler d’efficacité
et de professionnalisme. Profondément dévoué
à sa tâche et à son organisation, Luay
est bien déterminé à tout faire pour
continuer d’améliorer les services rendus à
la population palestinienne. |
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Dana Banke
Chargé de communication du CICR à Ramallah. |
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Questions
à Younis Al-Khatib, président du Croissant-Rouge
palestinien
Quel conseil donneriez-vous à d’autres
Sociétés nationales assurant des services médicaux
d’urgence dans un contexte de conflit?
Dans les situations de conflit, l’adhésion
aux principes fondamentaux est bien évidemment cruciale.
Dans les zones de conflit, en particulier, le respect des
missions médicales, des services d’urgence et
de protection est essentiel pour permettre d’atténuer
les souffrances et de sauver des vies. Par ailleurs, il importe
que les Sociétés nationales opérant dans
des situations de conflit partagent leurs expériences
et identifient des domaines particuliers dans lesquels une
coopération mutuelle pourrait être mise en place
et développée.
Quels sont, à vos yeux, les principaux obstacles
auxquels les services médicaux d’urgence
du Croissant-Rouge palestinien sont confrontés au jour
le jour?
Le principal problème est celui de l’accès,
non seulement pour nos services médicaux d’urgence,
mais aussi pour tous les services humanitaires que nous assurons,
comme les soins de santé primaires, la réadaptation
et l’aide sociale.
Pourquoi les services médicaux d’urgence
sont-ils si emblématiques de l’action du Croissant-
Rouge palestinien et du peuple palestinien pour des observateurs
extérieurs aux Territoires?
En tant que prestataire national de services d’urgence,
le Croissant-Rouge palestinien administre plus de 30 centres
et postes secondaires en Cisjordanie et à Gaza. Nos
équipes peuvent être déployées
jusque dans les secteurs les plus isolés des Territoires.
Le Croissant-Rouge palestinien a acquis une visibilité
particulière depuis le déclenchement du conflit
en septembre 2000. Nous avons augmenté de façon
spectaculaire le nombre de nos techniciens médicaux
d’urgence et de nos ambulances, et avons établi
des postes de secours dans les régions les plus reculées.
Pour répondre aux besoins de la population, nous avons
également créé des équipes mobiles
et mis en service une permanence téléphonique.
Le professionnalisme de nos équipes médicales
et leur détermination à tout faire pour sauver
des vies humaines sont le meilleur symbole de la mission humanitaire
du Croissant-Rouge palestinien.
Quelles leçons avez-vous tirées de
votre expérience depuis le lancement des services médicaux
d’urgence?
La sécurité du personnel et l’adhésion
aux protocoles et aux réglementations figurent parmi
nos priorités. Nous attachons également une
importance particulière à la planification et
à la supervision des programmes, ainsi qu’à
la formation continue de nos collaborateurs.
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