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Vers un Monde sans mines

 

Une victime de mine antipersonnel dans la province cambodgienne de Kandal. © MARCUS HALEVI / ICRCEN décembre 2004, plus de 1400 délégués, parmi lesquels des chefs d’État, des ministres, des lauréats de prix Nobel, des victimes de mines ainsi que des représentants des Nations unies, d’organisations non gouvernementales et du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se sont réunis à Nairobi, au Kenya, afin de passer en revue les progrès accomplis et les défi s restant à relever pour libérer la planète du fléau des mines antipersonnel. Cette première conférence d’examen de la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, plus communément appelée Sommet de Nairobi pour un monde sans mines, a coïncidé avec le septième anniversaire de la signature de ce traité à Ottawa (Canada).

Depuis l’adoption de la Convention, la production, la vente et l’utilisation des mines antipersonnel ont enregistré un recul notable, y compris dans des pays qui n’ont pas adhéré au traité. À ce jour, 144 États — soit près des trois quarts des nations du monde — se sont engagés à ne plus jamais utiliser ces engins, à éliminer ceux qui infestent encore leurs territoires et à en détruire les stocks, à assister leurs victimes et à sensibiliser la population civile aux dangers qu’ils représentent. Entre eux tous, ils ont déjà détruit plus de 37 millions de mines antipersonnel, des opérations de déminage sont en cours dans la plupart des 50 États parties affectés par ce fléau et trois d’entre eux — le Costa Rica, Djibouti et le Honduras — ont déclaré avoir totalement éliminé ces engins, bien avant l’échéance fixée par la Convention. Surtout, le CICR a constaté que, partout où les normes et exigences de la Convention ont été respectées et mises en application, le nombre annuel des victimes de mines a baissé de façon significative, dans certains cas de deux tiers ou davantage.

Tout en prenant acte de ces progrès encourageants, les participants au Sommet de Nairobi ont souligné qu’il reste beaucoup à faire pour accomplir les objectifs humanitaires de la Convention, au regard notamment du déminage qui devrait avoir été achevé d’ici l’automne 2009. Les États ont adopté un plan d’action détaillé comprenant 70 engagements concrets à exécuter dans les cinq années à venir en matière de déminage, d’élimination des stocks et d’assistance à long terme aux victimes. Ce plan met en avant le rôle crucial joué par le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans ce domaine, en particulier dans la sensibilisation des populations civiles et dans l’aide aux victimes.

Dans sa déclaration à Nairobi, Jakob Kellenberger, président du CICR, a salué la Convention d’Ottawa comme étant un des plus grands achèvements récents de la communauté internationale dans le domaine humanitaire. Il a toutefois souligné la nécessité d’une action beaucoup plus énergique et de ressources accrues pour remplir ses promesses, notamment celles qui concernent directement les victimes des mines.

Texte et photos de Nick Danziger, journaliste indépendant
avec la collaboration de Kathleen Lawand, CICR Genève.
© NICK DANZIGER

Najmuddin
Directeur d’un centre orthopédique à Kaboul, Afghanistan

“J’avais 18 ans. J’avais emprunté un camion pour aller chercher du sable à la rivière. Après avoir quitté la route pour descendre sur la berge, je ne me souviens plus de rien jusqu’à mon réveil à l’hôpital. Je sentais que quelque chose n’allait pas, mais impossible de dire quoi jusqu’à ce qu’un tremblement de terre ébranle l’hôpital. Tout le monde s’est mis à courir pour s’abriter, mais je n’ai pas pu bouger — je n’avais plus de jambes.

“En Afghanistan, les gens ne rejettent pas les invalides, mais beaucoup pensent qu’ils devraient rester dans un coin sans rien faire. Souvent, je sens qu’on parle de moi, que je suis un objet de curiosité. Les femmes handicapées, à la différence des hommes, n’ont aucune chance de se marier. Ce sont là quelques-uns de nos principaux problèmes. On a beaucoup parlé [à Nairobi], mais, pour ce qui est des mesures concrètes, il est difficile de dire où nous en sommes. En Afghanistan, l’invalidité est aggravée par la pauvreté qui, d’ailleurs, n’épargne pas les personnes jouissant de leur intégrité physique.”

© NICK DANZIGER

Docteur Ahmed Hassan
Président du Croissant-Rouge de Somalie, membre du Conseil de direction de la Fé dé ration internationale

“La Fédération internationale veut contribuer activement à un des quatre grands volets du Traité, celui qui concerne l’assistance aux victimes, en aidant les Sociétés nationales à mener des programmes de rééducation et de réinsertion en faveur des invalides. Au niveau communautaire, les Sociétés nationales ont un rôle essentiel à jouer grâce à leurs réseaux uniques de volontaires locaux, qui pourraient s’engager dans les soins de santé, la sensibilisation au danger des mines et la physiothérapie.”

© THIERRY GASSMANN / CICR

Jakob Kellenberger
Président du CICR

“Je pense qu’il nous faut poursuivre les efforts déployés ces dernières années afin d’élargir le taux de ratification du Traité et d’y associer les grandes nations qui n’y ont pas encore souscrit. Il est essentiel également de continuer les activités de sensibilisation sur le danger des mines, aussi longtemps que les régions infestées n’auront pas été complètement nettoyées. Cette action est particulièrement importante, car, au rythme actuel, je crains que de nombreux États signataires n’aient pas rempli leurs engagements dans les délais prévus. Certains projets ont dû être suspendus faute de fonds. Nous devons absolument maintenir l’élan et honorer les promesses faites il y a cinq ans à Ottawa, y compris sur le plan financier.”

© NICK DANZIGER

Pum Chantinie
Premier secrétaire général adjoint de la Croix-Rouge cambodgienne

“Au Cambodge, beaucoup de gens continuent de mourir, de perdre des membres ou la vue à cause des mines antipersonnel, mais il est de plus en plus difficile de recueillir des fonds pour eux, car les donateurs s’intéressent plus aux soins de santé primaires. Je veux simplement vous dire que nous voulons soutenir le projet de sensibilisation sur les dangers des mines, mais que, si nous ne disposons pas d’un budget adéquat, il y aura encore des accidents, des morts et des mutilations.”

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