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Une Conférence sous
le signe du partenariat

 

XXXe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge Genève
26-30 novembre 2007

Les changements climatiques, le respect du droit humanitaire, les migrations, la violence et la préparation aux catastrophes dominent l’ordre du jour.

 

«Ensemble pour l’humanité» : tel était le slogan de la
XXXe Conférence internationale. Un choix judicieux
pour une réunion marquée par la notion de partenariat.

La Conférence est un événement sans pareil par le nombre d’États qu’elle réunit. L’importance de l’événement signifie nécessairement que les enjeux politiques peuvent affleurer dans n’importe quel débat; toutefois, les craintes qu’ils troublent les discussions se sont cette fois révélées infondées.

Dès l’ouverture, la présidente de la Conférence, Mandisa Kalako-Williams, présidente de la Croix-Rouge sud-africaine, a prié les délégués d’éviter les querelles politiques et de subordonner la relation entre les gouvernements et le Mouvement à l’impératif de la protection des personnes vulnérables partout dans le monde. La pression sur les délégués était d’autant plus forte que de nombreuses questions inscrites à l’ordre du jour avaient une portée mondiale.

La Conférence a examiné les conséquences, sur le plan humanitaire, de quatre grandes menaces actuelles : la dégradation de l’environnement et le changement climatique, la migration internationale, la violence, notamment en milieu urbain, et les maladies émergentes et récurrentes, ainsi que d’autres défis de santé publique.

La déclaration finale de la Conférence reconnaît que ces problèmes exigent des partenariats et une «réponse collective» de la part de la communauté internationale. Aucun État ni aucune organisation internationale ne peut songer à les affronter isolément.

Le thème du partenariat était déjà bien présent pendant l’Assemblée générale de la Fédération internationale, tenue juste avant la Conférence. Asha-Rose Migiro, vice-secrétaire générale de l’ONU, a prononcé une allocution liminaire insistant sur les partenariats Nations Unies- Fédération, qui permettent de mobiliser des volontaires, d’améliorer la santé publique mondiale et d’encourager les mesures limitant les risques des catastrophes.

Les plus pauvres d’entre les pauvres

Le débat sur les quatre menaces majeures a été très large en séance plénière, dans les commissions, les ateliers et les manifestations parallèles, ainsi qu’au sein du comité de rédaction, organe crucial, présidé par l’ambassadeur du Pakistan, Masood Khan.


Cette XXXe Conférence a également permis la première discussion aussi approfondie, au sein du Mouvement, des conséquences humanitaires de la dégradation de l’environnement et du changement climatique, qui contribuent à la pauvreté, à la migration, aux risques sanitaires et au risque de violence et de conflit. Les plus pauvres sont les plus durement touchés. Les participants se sont engagés à intégrer la dégradation de l’environnement et l’adaptation aux changements climatiques aux politiques et aux plans de réduction des risques de catastrophe, ainsi qu’aux politiques de gestion des catastrophes.

Les débats sur la migration internationale, lors de l’Assemblée générale de la Fédération et lors de la Conférence, ont évoqué les aspects positifs des migrations, mais aussi les conséquences, en termes humanitaires, pour les personnes qui en subissent les effets négatifs. Le rôle des gouvernements, en matière de lutte contre l’exploitation et la traite et de protection juridique, a été souligné, mais celui du Mouvement aussi pour l’aide concernant les vivres, le logement, l’habillement, les premiers secours et les soins de santé, et — aspect vital — pour rétablir les liens familiaux et visiter les migrants détenus.

La Conférence a reconnu, dans la déclaration finale, que «la violence est, partout dans le monde, une cause principale de mort, de blessure et de souffrance humaine qui pourraient être évitées». L’impact de la violence urbaine a suscité une préoccupation particulière. Les délégués ont jugé que les États avaient la responsabilité d’adopter des politiques et des cadres juridiques permettant de prévenir et de réduire cette violence.

Relever les défis de santé publique est une tradition ancienne du Mouvement. La Conférence a résolu d’intégrer la santé publique à la gestion des catastrophes et d’agir pour combattre les maladies émergentes et anciennes. Les délégués se sont engagés à renforcer les systèmes de santé, à mobiliser les volontaires et à préserver le droit de toute personne dans le besoin à accéder aux services médicaux.

Le respect des civils

Les civils sont toujours les premières victimes des conflits armés et des violations du droit international humanitaire (DIH). La Conférence a donc adopté une résolution très ferme exigeant le respect de la vie et de la dignité humaines dans les confits armés. Elle a spécifiquement condamné les attaques contre les biens de caractère civil (hôpitaux, écoles et habitations) et les personnes civiles ne participant pas directement aux hostilités, y compris le personnel humanitaire et les professionnels des médias.

Bien conscients de la nécessité de garantir le respect du droit, les délégués ont inclus dans la résolution une réaffirmation des garanties fondamentales établies par le DIH.

Tout en réitérant les principes de la distinction et de la proportionnalité dans la conduite des hostilités, la résolution demande spécifiquement des mesures urgentes pour «réduire l’impact, sur le plan humanitaire, des restes explosifs de guerre et des armes à dispersion».

Le débat sur le caractère spécifique du Mouvement et le rôle des Sociétés nationales en tant qu’auxiliaires des pouvoirs publics a exprimé la volonté d’une relation équilibrée et claire. La résolution adoptée par la Conférence mentionne les avantages mutuels du partenariat pour les gouvernements comme pour les Sociétés nationales. Elle appelle aussi les États à s’abstenir de demander aux Sociétés nationales de mener des activités contraires à leur mandat ou en conflit avec les Principes fondamentaux du Mouvement.

La Conférence a demandé à la Fédération et au CICR de poursuivre le développement de lignes directrices, de conseils juridiques et de bonnes pratiques, à l’appui des partenariats entre les Sociétés nationales et les pouvoirs publics.

Des progrès limités

L’une des questions délicates était le rapport du superviseur indépendant du Mémorandum d’accord signé en 2005 par le Magen David Adom israélien et le Croissant-Rouge palestinien. Dans son rapport au Conseil des délégués, le Finlandais Pär Stenbäck a salué les efforts accomplis par les deux Sociétés nationales, mais qualifié de «limités» les progrès réalisés.

Il a en particulier évoqué le projet de déployer cinq ambulances du Croissant-Rouge palestinien à Jérusalem, qui n’avait toujours pas abouti, et les difficultés rencontrées par les ambulances du Croissant-Rouge palestinien aux postes de contrôle, «avec des conséquences dramatiques et même fatales». Il a instamment invité le gouvernement israélien à agir de toute urgence sur ces questions. Cependant, lors de la Conférence, la situation concernant le déploiement des cinq ambulances s’était débloquée.

Le débat sur le projet de résolution s’est concentré sur la réalité du terrain, laissant de côté les considérations politiques. La résolution, adoptée par consensus, évoque notamment le renforcement du processus de suivi et de rapport.

Les participants à la Conférence prennent traditionnellement des engagements publics, individuellement ou conjointement, pour les quatre années suivantes. C’est une expression patente du partenariat à l’œuvre. Au total, 71 gouvernements, 121 Sociétés nationales, la Fédération internationale, le CICR et trois observateurs ont souscrit des engagements. Le président du CICR, Jakob Kellenberger, et le président de la Fédération, Juan Manuel Suárez del Toro, ont signé un engagement conjoint sur la nouvelle stratégie du Mouvement en matière de rétablissement des liens familiaux.

Des paroles aux actes

Dans son allocution d’ouverture, Mohammed Al-Hadid, président de la Commission permanente, a déclaré que le principal défi à relever était d’œuvrer ensemble. La Conférence a marqué un réel progrès pour les partenariats humanitaires. Aux yeux de nombreux délégués, cette conférence fut l’une des plus concrètes depuis des décennies; l’essentiel, cependant, réside dans la suite qui lui sera donnée.

En conclusion, Mandisa Kalako-Williams a appelé tous les participants à mettre en œuvre les engagements pris lors de la Conférence. «Notre travail ne s’arrête pas ici», a-t-elle souligné. Les conférences produisent toujours des paroles, mais les États comme les Sociétés nationales doivent désormais traduire ces paroles en actes afin d’améliorer l’existence de millions de personnes.

 


©THIERRY GASSMANN / CICR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




La vice-présidente de la Conférence, Annemarie Huber-Hotz, de la Croix-Rouge suisse, aux côtés de la présidente, Mandisa Kalako-Williams, de la Croix-Rouge sud-africaine.
©THIERRY GASSMANN / CICR


 

 


Ian Piper

Journaliste indépendant basé à Londres.

Les documents, les résolutions, les discours, ainsi que le Bulletin quotidien de l’Assemblée générale, du Conseil des délégués et de la XXXe Conférence internationale peuvent être consultés sur les sites web du CICR, de la Fédération internationale et de la Commission permanente : www.icrc.org, www.ifrc.org et www.rcstandcom.info.

 

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