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notre monde
— en guerre

Témo igner des réal ités de la guerre — la mort, les déplacements, la détention, la perte — est un moyen parmi d’autres pour tenter d’aider les victimes des atrocités des conflits. Le CICR est aujourd’hui plus conscient que jamais de l’importance des images qui dépeignent les effets de la guerre du point de vue des hommes, des femmes et des enfants qui sont directement touchés et de ceux qui viennent à leur secours, au sein du CICR comme des Sociétés nationales. Nous sommes convaincus que les photographies peuvent susciter le changement, en informant, en mobilisant et en influant sur le cours des événements présents et futurs.

Cette année est particulière pour la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, puisqu’elle marque les 150 ans de la bataille de Solferino, où a surgi l’idée du Mouvement. Elle marque aussi les 150 ans de la photographie. Photographes de guerre et agents humanitaires partagent un même objectif : mettre un terme aux souffrances inacceptables causées par la guerre.

Cette année marque aussi le 60e anniversaire des Conventions de Genève, qui constituent le socle du droit international humanitaire et offrent protection et assistance aux personnes qui ne participent pas, ou plus, aux hostilités. Il s’agit du droit qui a été développé afin de fixer des limites à la conduite de la guerre et d’éviter les actes de barbarie. Ces quatre Conventions, adoptées aujourd’hui par toutes les nations, formulent des normes véritablement universelles.

Afin de commémorer ces anniversaires — sans oublier les 90 ans écoulés depuis la fondation de la Fédération internationale —, le Mouvement a lancé une campagne («Notre monde. À vous d’agir»), pour rappeler à chacun sa responsabilité individuelle dans la réduction des souffrances humaines. Le CICR a, pour sa part, demandé à l’agence photographique VII d’envoyer cinq photographes de guerre lauréats de plusieurs prix dans huit pays touchés par des conflits : Afghanistan, Colombie, Géorgie, Haïti, Liban, Libéria, Philippines et République démocratique du Congo. Les images récoltées au cours de ces missions ont servi à organiser l’exposition «Notre monde — en guerre».

Le CICR et les photographes — Ron Haviv, Antonin Kratochvil, Chris Morris, James Nachtwey et Franco Pagetti — souhaitent ainsi porter à l’attention du monde des récits personnels de perte et de souffrance dues à la guerre : des femmes cherchant à surmonter des violences sexuelles, des familles confrontées à la perte de proches et au déplacement, et des personnes victimes des hostilités. L’exposition appelle aussi l’attention sur les tentatives admirables entreprises par des hommes et des femmes pour limiter les souffrances humaines dans certains des lieux les plus violents de la planète.

L’objectif de cette exposition est en définitive d’inciter chacun à agir en faveur des victimes de la guerre. Comme l’explique James Nachtwey : «Quoi que l’on voie ou que l’on ressente devant une image qui évoque la souffrance humaine – indignation, tristesse, incrédulité –, je crois que la réaction essentielle est la compassion. La compassion humanise les problèmes, nous aide à nous identifier à autrui, et nous exhorte à faire cesser l’inacceptable.»

Charlotte Lindsey Curtet
Directrice adjointe de la communication au CICR.

 

Jouer au football pour vivre

Le football pour amputés est une immense source d’espoir et de réconfort pour l’un des groupes les plus marginalisés au Libéria : les jeunes hommes. Ce sont, pour la plupart, des victimes de la guerre. Le fait que certains d’entre eux y aient participé ne fait qu’accroître l’opprobre que subit le groupe.

«Quand vous leur demandez comment ils se sentaient après leur amputation, la plupart répondent qu’ils voulaient se suicider», dit Paul A. Tolbert, entraîneur principal de l’équipe nationale de football pour amputés. «La vie n’avait plus de sens pour eux. Le football leur rend espoir. Prenez par exemple celui qui a été nommé meilleur joueur lors de la dernière Coupe d’Afrique de football pour amputés. C’était un très bon joueur, mais il a perdu espoir lorsque sa jambe a été amputée. Quand je suis allé le recruter, je lui ai dit : “Tu peux le faire. Tu as encore une chance.” Il a repris espoir et, en plus, il sait maintenant que ce qu’il ne pouvait pas faire — gagner une guerre quand il avait ses deux jambes —, il le fait aujourd’hui sur une jambe.»
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CHRISTOPHER MORRIS / CICR / VII


Des cartons en guise de lits

Sur l’île de Mindanao aux Philippines, un enfant joue devant le foyer temporaire de sa famille, dans un centre d’évacuation sur la ligne de front entre les forces gouvernementales et les combattants de l’opposition armée. Alors que certaines familles ont trouvé refuge dans desécoles et des bâtiments publics, d’autres vivent dans des conditions beaucoup plus précaires, dormant parfois sur des morceaux de carton.
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JAMES NACHTWEY / CICR / VII


Perte après perte

Il y a près de deux ans, lorsque les combats opposant l’armée libanaise et les milices islamistes ont éclaté dans le camp de Nahr al- Bared, Hasniyye Yehia Tawiyyeh, qui y résidait, a été forcée de fuir. Aujourd’hui, elle vit dans le camp voisin de Beddaoui. Son mari a été hospitalisé après leur fuite. Il est mort dans ses bras une semaine plus tard, alors qu’elle l’aidait à monter les sept volées de marches qui mènent à leur petit appartement. Son fils lui a rendu visite en 2007. Un vendredi, il est parti à la prière et n’est jamais revenu. Hasniyye a appris plus tard qu’il était l’un des deux jeunes hommes tués ce vendredi-là au cours d’une manifestation pacifique contre les combats. «J’ai traversé beaucoup d’épreuves, dit-elle, mais je pourrais les mettre toutes dans une main. Je mettrais la mort de mon fils dans l’autre main et celle-ci pèserait beaucoup plus lourd que toutes les autres souffrances que j’ai endurées.»
©FRANCO PAGETTI / CICR / VII

 

 

Dans l’attente de nouvelles

Ozias a onze ans. Dans le refuge temporaire où il séjourne, il se demande si ses parents sont encore en vie. Il retrouvera bientôt sa famille grâce aux efforts du CICR. Lorsqu’elles sont forcées de quitter leur foyer, les familles sont souvent dispersées. Chaque nouveau conflit en République démocratique du Congo entraîne une augmentation du nombre d’orphelins et d’enfants non accompagnés. Un employé de la Croix-Rouge explique : «Dans la guerre actuelle, les femmes sont violées, les enfants sont séparés de leur famille et les pères sont tués. Les enfants se retrouvent sans abri et vivent comme des vagabonds.
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RON HAVIV / CICR / VII

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Un pas après l’autre

Dans la salle de rééducation du centre orthopédique du CICR à Kaboul, Alberto Cairo, chef du programme orthopédique du CICR en Afghanistan,travaille avec une victime de mine amputée des deux jambes, qui vient de recevoir ses deux prothèses. Les amputés doivent réapprendre à marcher. Il est extrêmement important d’aider le patient à se tenir debout et à marcher correctement dès le début. C’est la condition nécessaire pour qu’il puisse marcher de manière optimale pour le reste de sa vie. Les mauvaises habitudes prises au début sont difficiles à perdre.
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JAMES NACHTWEY / CICR / VII

 

Derrière les barreaux

Cette prison pour femmes, El Buen Pastor, se trouve à Bogota (Colombie). Une section de la prison est occupée par 75 femmes accompagnées de leurs bébés et de leurs jeunes enfants. Les femmes sont détenues en raison de leurs liens présumés avec les groupes rebelles et de crimes qu’elles sont accusées d’avoir commis en tant que membres de ces groupes. Le CICR visite ces détenues dans le cadre de son mandat : assurer le respect de la vie et de la dignité des prisonniers de guerre et autres détenus et prévenir la torture, les mauvais traitements ou les abus, qui violent les droits essentiels et le principe fondamental d’humanité, engendrent la haine et alimentent le cycle de la violence. Des visites régulières permettent au CICR de déterminer où se trouvent les personnes incarcérées et de faire des recommandations aux autorités pour améliorer leurs conditions de détention lorsque c’est nécessaire.
©FRANCO PAGETTI / CICR / VII


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