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L'entrée du le camp de concentration d’Auschwitz en 1947.
Photo: ©Karen Margrethe Sommer/CICR

Frise chronologique

150 ans d’action humanitaire

1936 : La guerre civile espagnole.
Le CICR ouvre des bureaux dans les bastions tant nationalistes que républicains. La distinction entre combattants et non-combattants sera ignorée pendant une grande partie du conflit; les civils subissent représailles et bombardements. Le raid aérien sur Guernica marque le début d’une ère nouvelle de bombardements aériens laissant présager la pratique des bombardements aveugles sur les villes lors de la Seconde Guerre mondiale.



Photo: ©archives du CICR

1939 : La Seconde Guerre mondiale.
Ce conflit réellement planétaire contraint l’assistance humanitaire à franchir un nouveau cap; le nombre de personnes à secourir se compte en millions. Le conflit engendre aussi les plus graves menaces contre les principes humanitaires ainsi que les pires pertes en vies humaines : le génocide perpétré par l’Allemagne nazie, les sévices contre les détenus dans les camps de prisonniers de guerre d’Europe et du Pacifique, les bombardements aériens massifs et enfin le premier usage de l’arme nucléaire. On estime à 50 millions de personnes le nombre de tués dans le conflit jusqu’en 1945.

Poursuite des secours en cas de catastrophe
Bien qu’une grande partie de l’Europe et du Pacifique soit en proie à la guerre, des efforts de secours à grande échelle continuent pour les victimes de catastrophes naturelles, y compris des tremblements de terre au Chili et en Turquie.

1943 : La Suisse préserve une précaire neutralité, tandis que des troupes allemandes sont stationnées près de Genève, dans les Alpes françaises.


Photo: ©archives du CICR

Août 1945 : (dessus) Des bombes atomiques sont lâchées sur Hiroshima et Nagasaki.

Septembre 1945 : Marcel Junod, médecin et délégué du CICR en mission de secours, est l’un des premiers étrangers à se rendre à Hiroshima après l’explosion de la bombe.

Novembre 1945 : Les procès des dirigeants nazis commencent à Nuremberg. Ils seront suivis par des procès similaires, en Europe et en Extrême-Orient, eux-mêmes précurseurs de la Cour pénale internationale et des tribunaux spéciaux pour crimes de guerre qui verront le jour dans les années 1990.

1946 : Le Conseil des gouverneurs de la Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge (précurseur de la FICR) confirme quatre Principes fondamentaux.

1949 : L’expérience vécue au cours de la Seconde Guerre mondiale débouche sur l’adoption des Conventions de Genève de 1949, dont la Quatrième, qui stipule pour la première fois que les civils doivent bénéficier de mesures de protection spéciales dans les conflits internationaux, alors que les conventions précédentes ne protégeaient que les soldats blessés et les prisonniers de guerre.

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La marche vers l'abîme

Dès le dé but de la Seconde Guerre mondiale, le Mouvement entama une mobilisation à l’échelle de l’ampleur du conflit. La première grande initiative fut prise au nom des centaines de milliers de réfugiés qui avaient fui la Pologne après l’invasion allemande et la Finlande après l’invasion russe en 1939. Avec la prise par les puissances de l’Axe d’un nombre croissant de pays, il s’agissait de trouver un moyen pour faire parvenir des secours aux populations des pays occupés.

Le CICR et la Ligue (précurseur de la FICR), dont les secrétariats étaient en Suisse, pays neutre, négocièrent des accords complexes pour acheminer des biens faisant cruellement défaut de Suisse ou de divers ports de mer jusqu’aux populations dans le besoin. En 1940, le CICR et la Ligue forment une Commission mixte de secours qui expédiera plus de 160 millions de tonnes de secours entre 1941 et 1946. S’appuyant sur son activité de recherches de personnes durant la Première Guerre mondiale, le CICR crée l’Agence centrale des prisonniers de guerre, qui fera parvenir quelque 36 millions de colis et transmettra environ 130 millions de lettres entre les prisonniers de guerre et leurs familles.

Malgré l’héroisme et la bravoure personnelle des milliers de collaborateurs du Mouvement, ce fut une période sombre pour l’action humanitaire. Les autorités nazies refusèrent, limitèrent ou restreignirent très fortement l’accès aux camps de prisonniers de guerre, aux ghettos juifs et aux camps de concentration. Le CICR s’interrogea sur l’opportunité d’émettre une dénonciation publique fondée sur les informations recueillies par les délégués dans les camps, mais étant donné l’attitude des autorités allemandes, il risquait ce faisant de perdre toute possibilité de sauver des vies. Pendant ce temps, la Croix-Rouge allemande était tombée totalement sous la coupe du régime nazi. Ce fut l’une des plus rudes épreuves de l’application du principe de neutralité par le Mouvement en temps de conflit, et, selon la plupart des témoignages, son plus grave échec. Par la suite, la Croix-Rouge allemande a lancé un travail très important de recherche publique de son histoire du temps de guerre, et le CICR a aussi ouvert ses archives de l’époque à des historiens indépendants. En 1997, il a officiellement présenté ses excuses. L’un de ses historiens les plus éminents, François Bugnion, a conclu que l’histoire démontrait «l’échec du CICR à faire valoir son droit d’initiative humanitaire en faveur des civils des zones occupées ou de ceux déportés dans les camps de la mort».

 

 

La Seconde Guerre mondiale a déclenché une mobilisation jusque-là sans précédent du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La neutralité de la Suisse fut essentielle pour permettre des envois massifs de secours, comme sur cette image d’époque d’entrepôts situés à Genève, tout au long du conflit. Cependant, la neutralité du pays fut aussi l’une des raisons pour lesquelles le CICR ne condamna pas suffisamment les atrocités allemandes commises dans les camps de concentration comme celui d’Auschwitz en 1947.
Photo: ©archives du CICR

 

«Son impuissance en tant qu’institution à s’opposer fermement aux persécutions du régime nazi ne sera que faiblement compensée par les actions individuelles héroïques de certains de ses délégués qui viendront en aide à des victimes menacées d’anéantissement», a-t-il écrit, ajoutant que les documents historiques du CICR de cette époque reflétaient «un sentiment d’impuissance : même les membres qui se sont le plus nettement exprimés en faveur d’un appel reconnaissaient que celui-ci ne changerait rien, que le CICR était impuissant à enrayer la marche vers l’abîme.»

Des ruines de ce premier conflit véritablement planétaire naîtra pourtant un rayon d’espoir : la rédaction en 1949 de la Quatrième Convention de Genève, à laquelle le CICR participa et qui, pour la première fois, protégeait les civils en temps de conflit. Le CICR a lancé de nombreux appels en temps de conflit en faveur de la protection des civils sur la base des Conventions de 1949 et des deux Protocoles additionnels de 1977. Aujourd’hui, le Mouvement joue un rôle de premier plan dans les efforts menés à l’échelle mondiale pour rédiger un traité interdisant tout emploi de l’arme nucléaire, fondé sur l’impératif contenu dans les Conventions d’épargner les populations civiles. La Croix-Rouge allemande a été reconstituée en tant qu’entité indépendante après la Seconde Guerre mondiale et célèbre elle aussi cette année son 150e anniversaire.

 

Un rapport de l’enfer

«Ces gens, malgré le travail en plein air, ont tous le teint blafard, cendré. (…) Chaque interné en K.Z. [unité du camp], homme ou femme, est habillé de toile à grandes raies bleues et grises délavées. Le numéro est marqué sur la poitrine et sur le bras gauche. (…) Tous ces crânes rasés sont à distance d’une étonnante similitude. Vus de près, tête nue ou le béret droit posé sur le front, les visages amaigris et fatigués, sont remarquables d’intelligence. Sans bouger la tête, les yeux nous dévisagent avec curiosité.»

Extrait du rapport de mission d’un délégué du CICR qui a visité des camps et des ghettos pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans un rapport glaçant, il décrit comment il a entendu dire qu’il existerait une salle de douches où les détenus seraient gazés en série, ajoutant qu’il a été «impossible de rien prouver».

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