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«Tout ce qu’il nous faut, c’est de l’eau»

Perché sur les échelons supérieurs d’une frêle échelle de bambou, Abdoul Hamid manipule des câbles électriques qui alimenteront Seh Darak en énergie et feront fonctionner les pompes qui fournissent une eau salubre cruellement nécessaire.

Abdoul Hamid, qui est à la tête du conseil de développement de la communauté, a aussi fait don d’un terrain pour que le CICR puisse forer le dernier d’une série de cinq puits afin de fournir de l’eau à ce quartier de la périphérie de Kunduz, ville d’environ 250 000 habitants dans l’extrême nord de l’Afghanistan.

C’est un travail vital. Plus des deux tiers des puits qui alimentent Kunduz se trouvent à Seh Darak. Mais la situation est précaire. Nous sommes ici à la périphérie de la ville. Au-delà des derniers bâtiments en briques de terre séchée s’étendent les champs, à perte de vue. Les agents humanitaires ne peuvent pas s’aventurer plus loin; le danger est trop grand.

C’est à cause de l’insécurité qui règne ici depuis des années que quatre générateurs, indispensables pour puiser l’eau, sont hors service. La communauté a fini par solliciter le CICR, qui a accepté de réparer les générateurs et qui a pris des mesures pour les protéger. Les nouveaux forages et les câbles électriques, ainsi que 12 kilomètres de canalisations neuves, permettront à 11 000 personnesd’avoir de l’eau.


Abdul Hamid Photo : ©Nick Danziger

Pièces détachées et savoir-faire

 Dans de nombreuses régions d’Afghanistan, l’eau est pompée à la main. Lorsque les pompes tombent en panne, les communautés locales n’ont pas toujours les pièces détachées nécessaires pour les réparer, et le personnel qui dispose des compétences et des outils pour faire les réparations ne peut se rendre sur place car la situation est trop dangereuse. Dans ce cas, le CICR convie des ingénieurs locaux dans son bureau à Kunduz pour leur donner une formation et pour les aider à trouver les pièces.

«Nous avions une pompe à eau au coin de la rue pendant vingt ans, mais elle est tombée en panne à 20 reprises», explique Abdoul Hakim, chauffeur de camion, mécanicien et membre du comité d’approvisionnement en eau à Ze Khel (quartier de Kunduz). «Ce n’est pas étonnant, étant donné l’utilisation intensive qui en est faite.»

Un ingénieur local a réparé la pompe de Ze Khel, grâce aux pièces détachées et à la formation complémentaire que le CICR lui a fournies. Près d’un tiers des 430 réparations de pompes manuelles ont pu être réalisées de cette manière. C’est un exemple de la manière dont les humanitaires doivent parfois agir dans les zones impossibles d’accès, en recourant à une assistance «indirecte» ou «à distance».

Pas de survie sans eau

L’eau étant essentielle à la survie, l’accès aux sources d’eau bénéficie d’une protection spéciale au regard du droit international humanitaire. Cependant, lorsque les combats détruisent les systèmes d’approvisionnement — ou rendent trop coûteuses ou trop risquées la construction et les réparations —, les conséquences sont graves.

Le village de Deh Bala est un exemple tout trouvé. Sur un flanc de montagne rocailleux, plus de deux kilomètres de canalisations acheminent de l’eau potable de la source jusqu’à une citerne en ciment et en pierre. Par une récente après-midi, on pouvait y rencontrer un groupe de filles, de garçons et d’hommes, qui arboraient tous un large sourire. «L’eau est notre problème numéro un : notre premier besoin, c’est d’être en bonne santé, explique l’un d’eux. Tout ce qu’il nous faut, c’est de l’eau [salubre].» Une enquête rapide révèle que chacun des enfants a souffert de violents maux de ventre et de diarrhée.

Des tranchées sont maintenant ouvertes pour accueillir les canalisations qui amèneront l’eau directement au village en contrebas. «Il n’y a ici ni dispensaires, ni médecins, ni pharmacies, explique Bachir, l’ingénieur du CICR responsable du projet. Par conséquent, protéger une source naturelle, plutôt que de laisser les habitants boire directement de l’eau provenant de cours d’eau à ciel ouvert, améliore immédiatement leur qualité de vie.»

De l’eau pour tous

 L’accès à l’eau n’est pas seulement protégé par le droit international humanitaire; c’est aussi, avec l’assainissement, un droit humain fondamental, comme l’affirme une résolution adoptée en 2010 par les Nations Unies. Environ 1 milliard de personnes n’ont toujours pas accès à une source d’eau salubre, tandis que plus de 3 milliards d’êtres humains — près de la moitié de la population mondiale — ne disposent pas d’installations d’assainissement satisfaisantes.

Lorsque les systèmes d’eau et d’assainissement sont endommagés par une tempête, une inondation ou un séisme, les conséquences peuvent être meurtrières. Depuis le début des années 1990, la FICR a commencé à déployer des unités d’intervention d’urgence : des équipes de personnes dotées des compétences et du matériel nécessaires pour répondre à des niveaux de besoins différents (de 15 000 personnes en zone rurale à 50 000 personnes en milieu urbain). La FICR et les Sociétés nationales ont aussi travaillé avec des partenaires d’envergure mondiale, ainsi qu’avec les autorités locales et nationales, pour élargir l’accès des communautés vulnérables à l’assainissement et à l’eau potable, avant que ne frappent les catastrophes.

Des progrès ont été faits, mais il reste encore de graves lacunes. En 2012, un projet mené conjointement par l’Organisation mondiale de la Santé et l’UNICEF a signalé que l’objectif du millénaire pour le développement concernant l’amélioration de l’accès à des sources d’eau potable améliorées devrait être atteint d’ici à 2015. En revanche, l’objectif consistant à réduire de moitié le nombre de personnes privées de services d’assainissement de base ne sera pas atteint, essentiellement parce qu’il est plus difficile de mobiliser les donateurs pour des projets dans ce domaine que pour l’approvisionnement en eau. «Les gouvernements, les donateurs et les acteurs humanitaires doivent tous faire en sorte que les activités en matière d’assainissement soient financées au moins au même niveau que l’approvisionnement en eau, affirme le secrétaire général de la FICR Bekele Geleta. Cet équilibre est vital.»


Pour les populations déplacées durant une situation d’urgence, comme dans ce camp au Myanmar, l’eau potable est vitale. Les employés et les volontaires du Mouvement ont installé des toilettes hygiéniques, creusé de nouveaux puits et mis en place des systèmes de distribution d’eau qui fournissent plus de 8000 litres par jour à la population du camp.
Photo : ©Andreas von Weissenberg/FICR


Frise chronologique

150 ans d’action humanitaire

 

September 1980: The Iran-Iraq war begins. Later to become the 20th century’s longest conventional war, the conflict is compared to the First World War. It is marked by trench warfare, hand-to-hand combat with bayonets, human waves across the ‘no-man’s land’ separating forces, use of mustard gas and chemical weapons, and the death of at least half a million combatants.

 

May 1985: A major cyclone hits the Bay of Bengal and almost 1 million people lose their homes. Then Mexico City is rocked by a major earthquake, which kills more than 600 people. And in November, the Nevado del Ruiz volcano in Colombia erupts, entombing 23,000 people in mud and debris and turning a once fertile valley into a lunar landscape.

 

April 1986: The Chernobyl nuclear power plant in Ukraine, then part of the Soviet Union, melts down, releasing radioactive particles that spread over much of western USSR and Europe.

 


Photo : ©Catherine Peduzzi/CICR

1984: A BBC report shocks the world with devastating pictures of people, including many children, starving to death in Ethiopia. Describing the situation as an “apocalypse”, the report leads to a storm of media interest and an unprecedented global humanitarian response to famine in Africa, including a concert organized by rock musician Bob Geldof. Turnover of aid at the League of Red Cross and Red Crescent Societies (now IFRC) doubles as operations and delegations expand dramatically. Despite enormous logistics problems and the lack of capacity to coordinate operations of this magnitude, the ICRC, the League and National Societies saved many lives through large-scale food distribution, health services and water delivery, among other things. The global outpouring of support and media coverage are followed by intense scrutiny of the overall humanitarian response. Much of the aid, channelled through the Ethiopian government, did not reach starving people in rebel territory and some argued the aid prolonged the war by bolstering the government. In 1986, an independent inquiry found that the League did better than most organizations and “many who are alive today would have perished without the Red Cross Red Crescent interventions”. But it also concluded that the League, already overwhelmed with disaster operations in the early 1980s, was overextended and needed to focus on building its capacity for multiple large-scale interventions.

 

October 1986:
The International Conference of the Red Cross and Red Crescent votes to suspend the South African government delegation (but not the South African Red Cross) as a protest against apartheid. The decision is derided by some as a weakening of the principles of universality and neutrality, while applauded by others.

 

May 1988: The Soviet Union begins its withdrawal from Afghanistan.

 

October 1988: The International Red Cross and Red Crescent Museum opens in Geneva.

 

1989: The Berlin Wall comes down and the Soviet Union collapses. Many in the West are optimistic that the end of the cold war will lead to a ‘peace dividend’.

 

 

 

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