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Quand l’opprobre tue

La stigmatisation peut revêtir bien des visages et peut souvent tuer. Dans certaines régions, les personnes vivant avec le VIH sont victimes d’une véritable exclusion sociale qui les dissuade de se faire soigner. Selon l’indicateur de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH, 20 % des personnes séropositives interrogées au Rwanda ont déjà subi des violences physiques en raison de leur statut; le chiffre atteint 25 % en Colombie. Ailleurs, les personnes qui contractent la tuberculose en prison peuvent être victimes de discrimination à plusieurs titres. À leur libération, elles peuvent être rejetées par leur famille, par des employeurs potentiels, voire par des agents de santé, c’est-à-dire par les structures mêmes qui sont censées aider les malades à respecter leur traitement et à empêcher la diffusion de la maladie. Le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’oppose à la stigmatisation de diverses manières : parfois haut et fort par des campagnes publiques, parfois silencieusement par des entretiens avec des dirigeants communautaires, des responsables de prisons ou des parents de personnes malades. Ces photographies dépeignent certaines des manières dont l’opprobre peut tuer, et comment les humanitaires agissent pour sauver des vies en bousculant les tabous, en diffusant l’information et en combattant l’exclusion.

 

Stigmatisé dès la naissance : Ei Ei Phyu, porteur du VIH, dort dans un hamac suspendu dans un hospice pour séropositifs et malades du sida de la banlieue de Yangon (Myanmar), où il vit avec sa mère, elle aussi porteuse du virus. À cause du manque d’information, de la stigmatisation et d’autres facteurs, les personnes atteintes du VIH/sida sont souvent isolées dans des dispensaires et coupées de la société. Photo : ©REUTERS/Damir Sagolj

Dans le centre de transit Don Bosco, à Goma (République démocratique du Congo), cette femme séropositive pose pour une photographie pendant une manifestation de sensibilisation au VIH/sida organisée par le CICR en décembre 2011.
Photo : ©Phil Moore/CICR

La réprobation sociale qui entoure la consommation de stupéfiants rend souvent difficile la réinsertion et un mode de vie sain. Him est un ancien toxicomane; il vit maintenant dans un centre de rééducation à Siem Reap (Cambodge). Ce centre, soutenu par la Croix-Rouge cambodgienne, offre un appui psychologique et des services de formation professionnelle. Les pensionnaires peuvent suivre un apprentissage de coiffeur, pratiquer le sport, la sculpture, la musique et l’artisanat. Photo : ©Benoît Matsha-Carpentier/FICR

Dans de nombreuses cultures, la consommation de drogues par les femmes est particulièrement mal vue. Ici, une femme médecin afghane explique à un groupe de femmes toxicomanes comment utiliser des préservatifs lors d’une séance d’information au centre de rééducation pour toxicomanes de Nejat, un organisme financé par les Nations Unies pour fournir des services de réduction des risques et de sensibilisation au VIH/sida à Kaboul. En Afghanistan, les opiacés sont utilisés depuis longtemps à des fins médicales, mais depuis quelques années, leur usage récréatif est en augmentation. Photo : ©REUTERS/Ahmad Masood

Dans de nombreux pays touchés par les conflits, les enfants qui ont été enlevés par des groupes armés pour devenir des combattants ou des esclaves sont souvent rejetés lorsqu’ils regagnent leur village. Cet ancien enfant soldat âgé de 14 ans pose pour le photographe dans un centre d’orientation et de transit pour enfants associés à des groupes armés à Goma, dans le Nord-Kivu (République démocratique du Congo). Photo : ©Phil Moore/CICR

Dans la province du Sud-Kivu (République démocratique du Congo), des femmes présentent une pièce de théâtre pour sensibiliser le public aux conséquences du viol et des violences sexuelles. Dans cette scène, les parents d’une victime de viol s’efforcent de réconforter leur fille. Les victimes de violences sexuelles sont doublement victimes, car elles sont souvent rejetées par leur famille et par leur communauté. Des représentations de ce genre aident à lutter contre la stigmatisation. Dans ce pays d’Afrique centrale, le CICR soutient aussi plus de 40 «maisons d’écoute» : il s’agit de lieux où les femmes peuvent exprimer leur détresse et recevoir de l’aide sans craindre la réprobation. Photo : ©Pedram Yazdi/CICR

Les personnes victimes de discrimination et d’exclusion sociale à cause de maladies telles que le VIH/sida ont besoin, en plus de l’aide médicale, de divers types d’appui pour rester en bonne santé. Khuyen et son mari Do sont tous deux séropositifs. Ils sont membres actifs d’un groupe qui offre des séances d’orientation aux personnes vivant avec le VIH à l’hôpital de Hai Phong (Viet Nam). Le groupe, qui bénéficie de l’appui financier et technique de la Croix-Rouge du Viet Nam et de la Croix-Rouge américaine, dispense aussi des cours de jardinage, de couture et d’agriculture aux personnes vivant avec le VIH pour leur permettre de gagner de l’argent.
Photo : ©Benoît Matsha-Carpentier/FICR

Combattre l’exclusion et la discrimination exige du courage de la part des personnes qui prennent publiquement la défense des victimes. Peati Malaki en est un bel exemple. Responsable du VIH au sein de la Croix-Rouge de Samoa, elle est la seule personne des Samoa à avoir publiquement fait état de sa séropositivité; elle mène des campagnes de sensibilisation dans les écoles et lors de manifestations communautaires. Photo : ©Benoît Matsha-Carpentier/FICR

Le combat contre les préjugés et la maladie commence tôt, avec des messages positifs destinés aux jeunes sur la prévention et le traitement du VIH. En mai 2013, les volontaires de la Croix-Rouge de Kiribati ont joué des pièces de sensibilisation au VIH pour éduquer et informer les communautés. Photo : ©Benoît Matsha-Carpentier/FICR

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