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La naissance d’un mouvement

 


La première Société nationale de la Croix-Rouge célèbre 150 ans d’action humanitaire. Quelles leçons peut-on tirer de l’histoire ?

Avec ses pantalons épais ornés de bandes fluorescentes et ses chaussures de sécurité, Annegret Graf est fin prête pour le rôle qu’elle s’apprête à tenir à l’occasion du concours de premiers secours dans la ville pittoresque de Heidenheim, dans le Land de Bade-Wurtemberg.

En se préparant, la jeune fille de 18 ans se remémore un autre rôle théâtral qu’elle a interprété voici tout juste deux mois dans une reconstitution historique, sur une scène de sa ville de Maulbronn. Dans la pièce, qui se déroule à la veille de la Première Guerre mondiale, les habitants du village débattaient de la nécessité de fonder leur propre section de la Croix-Rouge.


Bien qu’elle date de la Première Guerre mondiale, cette photographie illustre un problème éternel : les agents humanitaires et leur matériel essentiel au sauvetage de vies humaines deviennent eux-mêmes victimes de la violence et des dangers de la guerre.
Photo : ©Croix-Rouge allemande

L’action se déroulait alors qu’en Europe la paix semblait menacée; la mobilisation générale pointait à l’horizon. Annegret y jouait le rôle d’une jeune aubergiste, persuadée de la nécessité de soigner les soldats blessés dans son établissement. Aux côtés de nombreux autres volontaires de la section de Maulbronn, Annegret est très désireuse non seulement de travailler pour la Croix-Rouge allemande, mais aussi de raconter l’histoire de l’organisation. Elle n’était pas encore majeure lorsqu’elle est devenue membre de l’équipe de la Croix-Rouge à Maulbronn, «pour aider là où cela peut vraiment être utile».

Tout en parlant, elle s’occupe d’un acteur amateur grossièrement maquillé, geignant et allongé sur le sol au pied d’un fourneau à grillades : son maillot est à moitié carbonisé et sa poitrine est brûlée. À ses côtés gisent trois autres victimes éméchées qui, pour faire partir le grill, y avaient versé de copieuses rasades de liquide inflammable.

«C’est bien la leçon que nous
avons retenue: (…) toujours faire
notre possible pour que les Principes
fondamentaux de la Croix-Rouge
soient respectés.»

Christian Schad, 53, volontaire
de la Croix-Rouge allemande

Annegret Graf est venue à Heidenheim avec cinq collègues de sa section locale pour participer au concours. Même ici, dans le Land où la Croix-Rouge a créé sa première Société nationale voici 150 ans, son équipe a une certaine réputation car, depuis des années, les 30 secouristes d’urgence de sa ville de 6000 habitants remportent des prix dans ces compétitions.

Dans leurs régions respectives, les membres des sections sont généralement bien implantés dans le réseau d’assistance médicale en tant que secouristes. Même avant l’arrivée des services de secours, ils apportent des soins immédiats aux personnes blessées. Si une personne tombe d’une échelle ou en cas d’accident de la circulation ou d’incendie, les «bipeurs» des volontaires sonnent dans leurs poches. Cela se produit près de 150 fois par an : tous les deux jours à peu près.

Ces équipes de secours assurant des gardes forment l’épine dorsale de l’organisation. À l’échelle du pays, elles réunissent quelque 170 000 volontaires répartis en 8000 groupes et elles effectuent quelque 8 millions d’heures d’intervention par an (soit 48 heures par membre). Elles s’entraînent aussi tout au long de l’année pour intervenir en cas de catastrophe et offrent des services médicaux dans de grandes manifestations telles que les rencontres de football ou les marathons.

Fascinés par l’histoir

Ce n’est sans doute pas un hasard si Annegret Graf est fascinée par l’histoire de la Croix-Rouge. Le Land de Bade-Wurtemberg, ou plus précisément Stuttgart, sa capitale, est l’un des hauts lieux historiques du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. C’est ici, en effet, que vit le jour, le 12 novembre 1863, la toute première Société nationale — sous l’appellation «association médicale du Wurtemberg pour les soins aux soldats blessés» —, deux semaines tout juste après la première Conférence de la Croix-Rouge à Genève

Annegret Graf, volontaire de la Croix-Rouge allemande âgée de 18 ans, participe à un concours de premiers secours à Heidenheim, dans le Bade-Wurtemberg.
Photo: ©Markus Bechtle/Croix-Rouge allemande

Grâce à ses contacts et à son enthousiasme, Christoph Ulrich Hahn, un pasteur et enseignant de Stuttgart, devint l’un des premiers avocats de la vision de Henry Dunant auprès des maisons royales et des duchés d’Allemagne.

C’est ici aussi, plus précisément à Hasenbergsteige, que Henry Dunant, alors sans le sou et sans foyer, trouva refuge en 1876, chez un autre pasteur. Le fondateur du Mouvement de la Croix-Rouge vécut à Stuttgart pendant plus de dix ans avant de regagner Heiden, en Suisse. Voici trois ans, un monument a été érigé pour commémorer ce séjour.

D’autres sections furent fondées peu après la création de l’association médicale du Wurtemberg. Leurs membres s’occupèrent avec dévouement des soldats blessés au cours de plusieurs des guerres du XIXe siècle, dont la guerre entre le Danemark et l’Allemagne, la guerre prusso-autrichienne et la guerre franco-allemande.

La Croix-Rouge allemande assuma aussi la responsabilité, avant les Sociétés nationales d’autres pays, de réagir aux «calamités d’ampleur nationale» telles que les catastrophes naturelles et de mener des activités sociales traditionnelles.

Des infirmeries et des foyers pour enfants virent en outre le jour avant la fin du siècle. Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, comme l’explique l’auteur berlinois Stefan Schomann, «la Croix-Rouge s’intégra parfaitement à la machine de guerre», devenant partie intégrante des opérations militaires.

Au lendemain de la guerre, l’Allemagne était en ruines. La population recevait de l’aide sous forme de vivres et de vêtements, y compris en provenance du Japon, qui envoyait des secours à la Croix-Rouge à Berlin. Le Traité de Versailles faisait interdiction à l’Allemagne de prendre toute mesure qui pourrait servir à préparer la guerre; la Croix-Rouge nationale n’avait donc pas d’autre choix que de se consacrer exclusivement à des activités de temps de paix, comme la préparation aux catastrophes et l’assistance sociale. Les hommes membres des unités médicales devinrent ambulanciers, chauffeurs de véhicules médicaux, ou encore sauveteurs de montagne ou en milieu aquatique, tandis que les femmes devenaient infirmières, institutrices ou assistantes sociales.

Christian et Johannes Schad sont frères et volontaires de la Croix-Rouge allemande; ils ont en commun la passion de l’action humanitaire et de l’histoire de leur Société nationale. Ils posent ici devant la maison où vécut Henry Dunant lors de la création de la première Société nationale à Stuttgart (Allemagne).Photo: ©Werner Bachmeier/FICR

L’élimination de l’opposition

Lorsque Adolf Hitler arrive au pouvoir, le 30 janvier 1933, la Croix-Rouge allemande, qui a officiellement pris ce nom en 1921, est l’une des plus grandes organisations du pays. Elle applique la politique nazie dite Gleichschaltung («mise au pas» ou «normalisation», élimination de toute opposition). Dès juin 1933, les Juifs se voient interdire d’exercer toute fonction en son sein.

La Gleichschaltung proprement dite est promulguée par une loi en 1937; Hitler nomme le SS-Oberführer Ernst-Robert Grawitz vice-président de la Croix-Rouge allemande.

Par la suite, l’organisation sera étroitement liée au parti au pouvoir, le NSDAP, jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Stefan Schomann, qui s’est vu confier par le secrétariat de la Croix-Rouge allemande la tâche d’écrire un livre pour commémorer le 150e anniversaire de la Société nationale, écrit dans son remarquable ouvrage critique que la Croix-Rouge allemande est un cas d’école d’une Société nationale prise sous la coupe d’un régime dictatorial. «Ils se sont emparés de l’organisation comme des pirates prennent un navire», écrit-il. En 2008, lorsque la Croix-Rouge a présenté les conclusions d’une étude sur son histoire de 1933 à 1945, son président, Rudolf Seiters, qui est toujours en fonctions, a déclaré qu’il était tragique de constater comment de nombreux dirigeants de la Croix-Rouge allemande s’étaient pliés, à l’époque, aux conditions fixées par le régime nazi, s’éloignant des principes de la Croix-Rouge, et comment l’organisation avait été façonnée et manipulée pour devenir une instance nationale-socialiste.

Tirer les leçons de l’histoire

Serait-il, de ce fait, mal à propos d’étudier l’histoire de la Croix-Rouge à partir du cas de l’Allemagne ? Certainement pas, ne serait-ce que parce que la Croix-Rouge allemande, recréée en 1950 en Allemagne de l’Ouest, est aujourd’hui, en termes d’effectifs, la deuxième Société nationale du monde, avec près de 3,5 millions de membres et 400 000 volontaires.

En plus des 170 000 membres auxquels elle peut faire appel en cas d’urgence, elle compte 130 000 sauveteurs en milieu aquatique, 5000 sauveteurs de montagne, 110 000 jeunes volontaires actifs, 20 000 volontaires pour les activités sociales et 22 000 infirmiers Croix-Rouge

L’infirmière suédoise Elsa Brändström avait 27 ans en 1915 lorsqu’elle se rendit en Serbie pour y soigner les prisonniers de guerre allemands et autrichiens, qui vivaient dans des conditions atroces. Elle consacra une grande partie de son existence à s’occuper de soldats et de civils blessés en Allemagne pendant la Première et la Seconde Guerres mondiales. En Allemagne, son exemple continue à inspirer de nombreux agents humanitaires.
Photo: ©Croix-Rouge allemande

L’ensemble de la Société nationale est organisé de manière strictement fédérale. C’est une leçon que toute l’Allemagne, et en particulier la Croix-Rouge allemande, a retenue des conséquences désastreuses de la concentration du pouvoir entre les mains du régime nazi. L’association fédérale, responsable essentiellement de la recherche de personnes, de la représentation politique au plan national et de l’assistance internationale au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, chapeaute 19 associations régionales, dont dépendent 480 sections de district et plus de 4500 sections locales.

À l’échelon international, la Croix-Rouge allemande est active dans des projets dans 50 pays, qui en 2012 étaient financés pour moitié par des dons et pour moitié par des subventions.

«Lorsque nous sommes en mission,
nous ne cessons de nous demander
si nous agissons bien conformément
à nos sept Principes. Quand sont-ils en
conflit avec la réalité ? Pouvons-nous
ou devrions-nous changer quelque
chose à notre manière de travailler ?»

Johannes Schad, 41, volontaire
de la Croix-Rouge allemande

Dans ce pays où il est de tradition de faire des dons, les recettes peuvent fortement fluctuer. La Croix-Rouge allemande a reçu 168,3 millions de dollars É.-U. de dons après le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, mais seulement 33,8 millions en 2012, année marquée — fort heureusement — par peu de catastrophes naturelles. Préserver l’indépendance des activités Croix-Rouge demeure, dans ces conditions, un défi permanent.

Johannes Schad, chirurgien et médecin urgentiste de 41 ans, insiste sur ce point; son frère aîné Christian (53 ans) est représentant pour les Conventions de Genève au sein de l’association régionale de Stuttgart. Les deux frères vivent dans une grande propriété située à quelques kilomètres à peine du lieu où fut fondée la première section de la Croix-Rouge en 1863. Quatre des dix frères et sœurs habitent ici, sous un même toit, avec leur famille. Ici, la Croix-Rouge est une affaire familiale : leur père, qui était à la tête d’une équipe de secouristes, emmenait souvent ses enfants au repas de Noël de la Croix-Rouge.

Ses fils Christian et Johannes sont devenus, respectivement, instituteur et chirurgien. Ils ont consacré une part considérable de leur temps (depuis 40 ans dans le cas de Christian) à l’organisation mondiale. La collection de livres alignés sur les étagères de la cave est digne d’une bibliothèque : on y trouve à peu près tout ce qui a jamais été écrit sur l’histoire et la diffusion des Principes fondamentaux de la Croix-Rouge.

Une pièce rare

La pièce maîtresse de la collection est un ouvrage de 1897 intitulé Entstehungsgeschichte des Roten Kreuzes und der Genfer Konvention («Genèse de la Croix-Rouge et de la Convention de Genève»), par lequel un natif de Stuttgart, Rudolf Müller, réhabilita Henry Dunant, alors tombé dans la misère, contribuant à ce qu’il se voie décerner en 1901 le prix Nobel de la paix.

Le cadet des deux frères, Johannes, a derrière lui une série impressionnante de missions à l’étranger, du Kenya à Gaza, de l’Iraq à Haïti. Il revient tout juste de Chine, où il a dispensé aux forces spéciales chinoises une formation en matière de préparation aux catastrophes.

«À mes yeux, le problème numéro
un à l’avenir sera de continuer à attirer
les jeunes, avec des structures à la fois
souples et modernes.»

Frieder Frischling, directeur de
district de la section de Stuttgart
de la Croix-Rouge allemande

Les deux frères ont une connaissance approfondie de l’histoire de la Croix-Rouge allemande et une capacité extraordinaire de tisser des liens entre l’histoire et le présent. Lorsque la conversation aborde l’époque coloniale, et plus précisément la Namibie à l’époque de l’insurrection du peuple héréro (qui se souleva en 1904 contre le pouvoir colonial brutal de l’Allemagne), ils soulignent que la Croix-Rouge allemande n’a que rarement, voire jamais, soigné les Africains blessés.

Les dirigeants de la Croix-Rouge allemande, qui avaient déjà internalisé le racisme et l’antisémitisme, auraient-ils pu pressentir ce que le régime nazi allait leur imposer ? Les deux frères pensent que oui.

«C’est bien la leçon que nous avons retenue, affirme Christian : ne jamais plus accepter quoi que ce soit comme la politique de Gleichschaltung, mais toujours faire notre possible pour que les Principes fondamentaux de la Croix-Rouge soient respectés.»

Johannes renchérit : «Lorsque nous sommes en mission, nous ne cessons de nous demander si nous agissons bien conformément à nos sept Principes. Quand sont-ils en conflit avec la réalité ? Pouvons-nous ou devrions-nous changer quelque chose à notre manière de travailler ? De plus, si nous voulons mettre en pratique l’égalité hommes-femmes, il faut toujours veiller à ce que, dans un hôpital de campagne, les femmes reçoivent des soins aussi vite que les hommes.»

«Indépendamment des limites qui s’imposent sur le terrain — comme notre rôle et celui de la Société nationale —, certains problèmes peuvent être réglés immédiatement. Si la Croix-Rouge allemande se voit proposer de reprendre l’hôpital de campagne [militaire] de Kunduz après le retrait de l’armée allemande d’Afghanistan, la réponse ne peut être que négative. Notre neutralité est une condition de notre survie.»

Même dans le cadre sûr et paisible de Stuttgart, explique Christian, les Principes s’appliquent exactement de la même manière. «Chaque fois qu’une ambulance se met en route, le postulat est que chacun sera soigné. Tous sont traités de la même manière : la femme voilée, l’homme qui parle à peine l’allemand, l’ivrogne et le professeur.»

Toute personne qui commence à travailler comme volontaire pour la Croix-Rouge allemande doit suivre un séminaire d’introduction pour assimiler les bases des Principes fondamentaux et du droit international humanitaire.

«J’ai dû travailler dur, avant la Coupe du monde de football de 2006, pour veiller à ce que notre personnel soit correctement formé», assure Christian. Ils ont dû apprendre que toute personne se trouvant dans le stade — où les choses ne se passent pas toujours si pacifiquement — devait être assistée, sans aucune distinction, y compris les hooligans anglais, qui donnaient du fil à retordre à la police après la rencontre avec l’Équateur et que seuls les volontaires de la Croix-Rouge osaient approcher.

Les projets de construction d’une nouvelle gare à Stuttgart ont suscité des manifestations de masse en 2011. «Il y a eu 150 blessés, raconte Christian : des étudiants, des policiers, des agitateurs masqués. Il faut bien faire comprendre à tout le monde que chacun a exactement le même droit de recevoir des soins.»



Une ambulance de la Croix-Rouge allemande, vers 1867.
Photo : ©A. Vennemann/Croix-Rouge allemande

C’est sans doute cette philosophie qui les a amenés tous deux à la Croix-Rouge. «Il y a une chose dont je suis profondément convaincu, dit Christian Schad : je ne peux pas rendre le monde meilleur, mais je peux aider ceux qui souffrent.»

Ce type de question est régulièrement débattu à l’échelon le plus élevé dans le Bade-Wurtemberg. Chaque année, la Croix-Rouge allemande organise, conjointement avec le ministère fédéral de la Défense et l’Institut pour le droit international de la paix et des conflits armés, un congrès permettant aux participants de débattre avec des experts sur les médias et la guerre, les droits de l’homme dans les conflits ou les nouvelles formes de guerre.

Cette année, c’est la place toujours croissante prise par les drones qui était à l’ordre du jour. En outre, pour commémorer ses 150 ans d’existence, la section du Bade-Wurtemberg de la Croix-Rouge allemande a publié une série d’articles sur les enjeux actuels de droit international humanitaire et sur l’avenir de la Croix-Rouge allemande et du CICR.

Pourquoi ce type d’anniversaire est-il important pour les membres de la Croix-Rouge dans cette région qui a marqué l’histoire du Mouvement ? «Cela renforce la motivation, explique Udo Bangerter, chargé de presse de l’association régionale du Bade-Wurtemberg. Les gens se sentent respectés, pris au sérieux, mieux connus. La coopération et la confiance en soi y gagnent.»

La génération suivante

Ces manifestations peuvent aussi contribuer à inspirer la prochaine génération de volontaires, malgré les obstacles. Dans le Bade-Wurtemberg, la situation est relativement bonne : près de 50 000 volontaires, sur les 400 000 que compte le pays, sont actifs dans la région. Le pourcentage est largement supérieur à la moyenne nationale.

Pourquoi les volontaires s’engagent-ils ? «La plupart ont vécu une expérience cruciale», explique Udo Bangerter, auteur d’une publication récente, parue pour le 150e anniversaire, rassemblant des portraits de volontaires du pays entier. «Ils ont perdu un proche, ou été témoins d’une catastrophe et ils ont ressenti le désir d’être utiles.»

Il tient cependant à souligner que tout n’est pas parfait dans la région. Ici comme dans le reste de l’Allemagne, la Croix-Rouge recrute davantage de volontaires à la campagne que dans les grandes villes. On s’interroge aussi sur la prochaine génération de cadres.

Today, the German Red Cross is an international relief organization in its own right with humanitarian operations around the world. This German Red Cross doctor attends to a child in a makeshift medical centre on the island of Sumatra after the 2004 Indian Ocean tsunami.
Photo: ©Fredrik Barkenhammar/German Red Cross

«Un directeur de district est responsable de 300 à 1200 personnes; c’est une tâche presque impossible à temps partiel. Les besoins en termes de gestion du personnel et des programmes sont énormes.»

Frieder Frischling, directeur de district de la section de Stuttgart, ajoute : «À mes yeux, le problème numéro un à l’avenir sera de continuer à attirer les jeunes, avec des structures à la fois souples et modernes.»

En cette période de difficultés financières, la question du financement des coûts croissants des services de santé pour les personnes vulnérables — comme les personnes âgées — et pour d’autres activités à assise communautaire représente aussi un défi de taille. «Les conditions de base deviennent de plus en plus difficiles, ajoute Frieder Frischling. Nous avons atteint la limite de la rationalisation : il faut bien que quelqu’un conduise l’ambulance.»

Jeannette Goddar
Journaliste indépendante basée à Berlin.

 

Chronologie
des Sociétés
nationales

150 ans d’action
humanitaire

Note : le placement dans cette chronologie se fonde sur la date de création de la Société nationale. Pour plus d’informations sur la date à laquelle les Sociétés nationales ont été reconnues par le CICR et admises à la FICR, voir www.redcross.int.

 

 

Bataille de Solferino
En juin 1859, l’homme d’affaire suisse Henry Dunant, témoin des suites de la bataille de Solferino, conçoit l’idée d’un mouvement de sociétés nationales bénévoles pour secourir les malades et les blessés en campagne.

 

 

Fondation du CICR
17 février 1863
L’action inlassable de Dunant au nom des malades et des blessés aboutit à la fondation du CICR.

 

 

La première Société nationale naît en Allemagne
12 novembre 1863
La première Société nationale est formée dans le royaume de Wurtemberg, qui est aujourd’hui un Land allemand. L’année suivante, des Sociétés nationales voient le jour dans les États de Bade, de Bavière, de Hambourg, de Hesse-Darmstadt, de Mecklembourg-Schwerin, d’Oldenbourg, de Prusse et de Saxe (autant de Länder dans l’Allemagne actuelle). Elles seront intégrées en 1921 à la Croix-Rouge allemande. La Croix-Rouge d’Allemagne de l’Est naît en 1952 lors de la scission du pays; réunification des Sociétés nationales en 1991.

 

 

Première Conférence internationale
26-29 octobre 1863
La première Conférence internationale se tient à Genève, afin de concevoir des moyens d’améliorer les services médicaux sur le champ de bataille et de créer des sociétés nationales de secours aux malades et aux blessés.

 

 

Croix-Rouge de Belgique
4 février 1864

 

 

Croix-Rouge espagnole
2 mars 1864

 

 

Croix-Rouge française
25 mai 1864

 

 

Croix-Rouge italienne
15 juin 1864

La première Convention de Genève
La Convention pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne est signée par 12 États, le 22 août 1864 à Genève.

 

 

Croix-Rouge portugaise
11 février 1865

 

 

Croix-Rouge suédoise          
25 mai 1865

 

 

Croix-Rouge de Norvège
22 septembre 1865

 

 

Croix-Rouge suisse   
17 juillet 1866

 

 

Croix-Rouge de la Fédération de Russie
3 mai 1867 en tant que Croix-Rouge russe (puis soviétique) et 1er juillet 1992 en tant que Croix-Rouge de la Fédération de Russie.

 

 

Croix-Rouge autrichienne
17 mai 1867

 

 

Croix-Rouge néerlandaise
19 juillet 1867

 

 

Société du Croissant-Rouge turc
11 juin 1868

 

 

Croix-Rouge britannique
4 août 1870 en tant que société nationale de secours, rebaptisée Croix-Rouge britannique en 1905.

 

 

Croix-Rouge danoise
27 avril 1875

 

 

Croix-Rouge de Monténégro
29 novembre 1875, puis à nouveau le 12 juin 2006.

 

 

Croix-Rouge de Serbie
25 janvier 1876. Croix-Rouge du Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes du 29 juillet 1921 au 25 juillet 1933; Croix-Rouge de Yougoslavie du 25 juillet 1933 à 2002; Société de la Croix-Rouge de Serbie-et-Monténégro de 2002 à 2006; Croix-Rouge de Serbie depuis le 27 octobre 2006.

 

 

Croix-Rouge de Roumanie
11 juillet 1876

 

 

Société de la Croix-Rouge du Japon
1er mai 1877

 

 

Croix-Rouge finlandaise
7 mai 1877

 

 

Croix-Rouge hellénique
22 juin 1877

 

 

Croix-Rouge croate
1878 dans le cadre de la monarchie austro-hongroise; indépendante depuis le 10 octobre 1991.

 

 

Croix-Rouge chilienne
1879; dissoute en 1891, rétablie en 1903.

 

 

Croix-Rouge slovène
1879 au sein de la Croix-Rouge autrichienne, indépendante depuis le 26 janvier 1993.

 

 

Croix-Rouge péruvienne
17 avril 1879

 



Croix-Rouge argentine
13 juin 1880

 



Croix-Rouge hongroise
16 mai 1881

 



Croix-Rouge américaine
21 mai 1881

 



Croix-Rouge bulgare
13 janvier 1885

 



Croix-Rouge d’El Salvador
13 mars 1885

 



Croix-Rouge costaricienne
4 avril 1885

 



Association congolaise et africaine
31 décembre 1888. Reconnue par le CICR en 1889 mais n’a jamais fait partie de la FICR; a cessé d’exister le 26 janvier 1909.

 



Croix-Rouge thaïlandaise
26 avril 1893

 


Croix-Rouge vénézuélienne
30 janvier 1895

 

 

Croix-Rouge sud-africaine
22 juillet 1896 en tant que Croix-Rouge de Transvaal. La Croix-Rouge de l’État libre d’Orange est fondée en 1899 et une section de la Croix-Rouge britannique est fondée dans la colonie du Cap en 1900. Indépendante depuis le 21 mai 1913.

 

 

Société canadienne de la Croix-Rouge
10 octobre 1896 au sein de la Croix-Rouge britannique; indépendante depuis le 19 mai 1909.

 

 

Société de la Croix-Rouge de Bélarus
1896 en tant que département de la province de Grodno de la Croix-Rouge russe. Fait partie de l’Alliance des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de l’URSS à partir de 1926; indépendante depuis le 26 mars 1992.

 

 

Croix-Rouge uruguayenne
5 mars 1897

 



Croix-Rouge chinoise
10 mars 1904

 


Croix-Rouge de la République de Corée
27 octobre 1905. Devenue une composante de la Société de la Croix-Rouge du Japon après l’annexion en 1910; redevenue Croix-Rouge de la République de Corée en 1947.

 

 

Croix-Rouge mexicaine
6 août 1907


Croix-Rouge brésilienne
5 décembre 1908



Croix-Rouge cubaine
10 mars 1909

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