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Suite de l’entretien avec le secrétaire général sortant de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Bekele Geleta

 

Dans plusieurs zones à travers le monde, nous avons vu des Sociétés nationales fournir une assistance à des populations divisées par la violence. Elles doivent souvent maintenir un juste équilibre entre leurs relations avec les pouvoirs publics et avec les groupes d’opposition. Quels enseignements devrions-nous tirer de la manière dont les Sociétés nationales agissent ?
Aucune Société nationale ne fonctionne en vase clos. Une Société nationale doit travailler au sein d’un système et avec le gouvernement en place dans son pays, en respectant les règles et la législation nationales. Mais en même temps, elle doit faire comprendre aux représentants gouvernementaux que leur pays a signé les Conventions de Genève, qu’un gouvernement élu a promulgué la loi en vertu de laquelle la Société nationale a été créée et que, par conséquent, le gouvernement en place est tenu de respecter ces lois et ces accords. Il ne devrait pas y avoir de compromis à ce sujet. Et je suis heureux de dire qu’un grand nombre de Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge n’hésitent pas à dire « non », lorsqu’il le faut, au gouvernement de leur pays.

Préparons-nous bien les Sociétés nationales à faire face à de potentiels conflits ?
Nous avons tous travaillé avec des gouvernements en temps de paix. Voilà pourquoi la Conférence internationale est si importante. Elle permet de sensibiliser les gouvernements au rôle qui est le nôtre. C’est la raison pour laquelle, en Syrie, le [Président] Assad a accepté le Croissant-Rouge arabe syrien, et que l’opposition, dans sa grande majorité, a fait de même. Mais cela ne se fait pas tout seul. Dans n’importe quel pays, il faut continuellement travailler dans cette perspective.

Avec tous les acteurs humanitaires à pied d’œuvre aujourd’hui, comment la Fédération internationale peut-elle faire valoir son utilité dans un monde où les ONG sont plus jeunes, moins vastes et plus promptes à intervenir ?
C’est une bonne question. Il y a aussi une forte concurrence venant des pouvoirs publics et des forces militaires ou de défense civile qui se sont spécialisées dans le domaine de l’aide. Cette concurrence existe aussi avec le secteur privé.

Toutefois, nous avons un avantage clair sur les autres : notre réseau mondial. Si la Fédération internationale, le CICR et les Sociétés nationales partenaires agissent de manière coordonnée et travaillent avec la Société nationale chef de file, alors nous avons un avantage. Aucune autre organisation ne dispose de ce genre de réseau à la fois mondial et local. Et personne d’autre ne bénéficie du même niveau d’organisation en dehors des forces militaires ou de défense civile. Et il est clair que nombre de donateurs internationaux préfèrent travailler avec le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge plutôt qu’avec les forces militaires ou de défense civile.

Vous avez parlé de la manière dont la technologie transforme la civilisation. Comment vous adaptez-vous ? Ne sommes-nous pas toujours enfermés, à plusieurs égards, dans un système où les donateurs donnent de l’argent pour des projets que les Sociétés nationales mettent en œuvre ?
Je crois que toute la structure va changer. Je ne pense pas que le flux d’argent provenant exclusivement des donateurs va jouer un rôle majeur par la suite. Dans les pays en développement, où les situations de vulnérabilité sont graves, les économies évoluent et croissent. Nous encourageons les Sociétés nationales à rentrer dans la vie économique en pleine croissance de leurs pays. Les organisations externes devront également s’adapter en participant à l’économie de ces pays. Les rôles à jouer vont être très différents.


Bekele Geleta
Photo : ©Devon Krige/FICR

 

 

 

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