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Voix d'Afrique du Sud
Petter Mårtenson
Depuis le jour où les colons néerlandais ont débarqué sur les rivages du Cap de Bonne-Espérance au milieu du XVIIe siècle, la violence et la discrimination n'ont cessé d'affecter l'existence des communautés sud-africaines. Cette histoire tragique a poussé le CICR à inclure l'Afrique du Sud dans la liste des pays choisis pour son projet "Les Voix de la Guerre".
Etre obligé de fuir sa maison en feu est la pire chose qui puisse arriver. Des femmes, des enfants et des vieillards totalement innocents étaient souvent battus à mort", raconte une personne interrogée dans le cadre du projet. Au début du mois de mars, des entretiens ont été réalisés avec des membres de toutes les catégories de la société qui avaient souffert d'une manière ou d'une autre de la violence armée. On a invité ces témoins à évoquer librement leurs souffrances personnelles, leurs pensées et leurs sentiments sur le récent passé ainsi que leurs espoirs et leurs attentes pour l'avenir.

Six femmes de la région du Kwa Zulu Natal figuraient parmi les groupes interrogés. Toutes avaient perdu leur mari dans les affrontements armés qui avaient opposé deux ans auparavant les partisans de l'African National Congress (ANC) et ceux de l'Inkhata Freedom Party et toutes se retrouvaient seules pour élever leurs enfants. Conscientes de l'impuissance de leur propre communauté à juguler la violence, elles souhaitaient une intervention internationale au cas où les hostilités reprendraient.

"Les étrangers ne sont pas impliqués dans nos conflits. Ils peuvent donc aider nos dirigeants à sur monter leurs différends, mais nous devons nous aussi nous engager dans cet effort."

Les outils de la guerre
Les veuves inter
rogées voudraient que toutes les armes, qu'elles soient modernes ou traditionnelles, soient abolies ou, au moins, frappées d'interdiction. "Si les armes n'existaient pas, constatent-elles douloureusement, Retour page d'accueil Magazine"default.asp">Retour page d'accueil Magazinees n'auraient pas été tués." D'autres groupes consultés se montrent plus permissifs, en tout cas pour ce qui concer ne les armes traditionnelles comme les lances et les gourdins.

S'agissant de l'après-apartheid, les femmes manifestent uRetour page d'accueil Magazine page d'accueil Magazineuot;Nous avons entendu à la radio que les choses vont mieux dans le pays. Maintenant, nous pouvons dormir en paix, même si on mentionne encore des morts violentes ailleurs dans la province." Toutefois, en dépit de l'atmosphère relativement apaisée qui règne aujourd'hui, la constante augmentation de la criminalité ne laisse pas d'inquiéter la population.


by Petter Mårtenson
Petter Mårtenson: Chargé de presse à la Croix-Rouge suédoise.
De tous les horizons
Outre les six veuves, sept autres groupes soigneusement ciblés ont été consultés dans le cadre du volet sud-africain du projet "Les Voix de la Guerre": représentants du personnel médical, combattants d'une township, familles expulsées de leur résidence par le régime de l'apartheid, anciens membres de la branche armée de l'ANC, membres des unités spéciales de police du régime de l'apartheid, mères de familles et membres de gangs de jeunes. Il était prévu également d'interroger un groupe d'enseignants, mais les entretiens ont dû être annulés en raison de troubles.





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