27ème Conférence de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

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Des valeurs partagées

TOUTE action menée par le Mouvement est profondément enracinée dans ses sept Principes fondamentaux: Humanité, Impartialité, Neutralité, Indépendance, Volontariat, Unité et Universalité. Certains de ces principes, comme l'unité et l'universalité, sont spécifiques à la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge; d'autres, comme l'impartialité, sont partagés par de nombreuses autres institutions engagées dans l'action humanitaire. Et il en est un qui, à la fois, constitue le fondement même du Mouvement, inspire toute action humanitaire et unit entre eux tous les êtres humains: le principe d'humanité.

L'humanité ne consiste pas nécessairement à accomplir des actions héroïques, ni même de «bonnes actions». Elle consiste essentiellement à respecter ses semblables, par exemple tout simplement en reconnaissant le droit à la différence. Ce n'est pas un hasard si le même mot désigne à la fois le genre humain et un état d'esprit. Les valeurs humaines sont en effet partagées par tous, comme en atteste l'universalité du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui rassemble en son sein quelque 105 millions d'individus de toutes races et de toutes cultures.

Donner l'exemple

Le Mouvement s'emploie activement à promouvoir ces principes humanitaires par le biais d'un vaste réseau de diffusion. Il se réfère en permanence aux nombreux accords internationaux qui ont pour vocation de protéger l'intégrité physique et la dignité de l'individu. Mais peut-on se contenter de citer les règles et réglementations existantes? Ne faut-il pas également s'efforcer d'influer sur la conscience et le comportement des gens et de favoriser un climat de tolérance, valeurs partagées de compréhension mutuelle et de paix? Il existe différentes façons pour le Mouvement de contribuer à promouvoir une véritable culture de l'humanité et de la non-violence. En premier lieu, nous devons donner l'exemple en affichant clairement notre identité et les valeurs que nous défendons. De même, il importe que nos partenaires comprennent et respectent notre identité et le mode de fonctionnement qui en découle.

Les Etats doivent respecter l'indépendance de leurs Sociétés Nationales, lesquelles doivent être ouvertes à tous et demeurer neutres en cas de conflit. Ce sont là des conditions indispensables si nous voulons pouvoir agir efficacement pendant et après les crises. Les Sociétés Nationales peuvent apporter une contribution essentielle au relèvement des communautés meurtries, ce qui ne se réduit pas à reconstruire des maisons, mais comporte aussi de rebâtir des ponts entre les gens. Des communautés «ennemies» peuvent être rapprochées par le biais de projets humanitaires tels que les programmes de réunion de familles et d'échange de nouvelles, les campagnes d'information sur le danger des mines ou les camps pour enfants défavorisés. Le moyen le plus sûr de favoriser la tolérance et l'harmonie au sein de la société consiste à s'adresser en premier lieu aux jeunes, par nature généreux et enthousiastes. On observe actuellement un recul marqué de l'engagement au sein de tous les organismes et institutions "officiels", y compris la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge. Il est intéressant de noter à cet égard que ce recul est plus net dans les nations industrialisées que dans les pays en développement. Une meilleure compréhension des facteurs qui les poussent à s'engager et des motivations qui les animent pourrait contribuer à renverser la tendance. Il importe également d'élaborer un langage et une approche adaptés aux jeunes. Enfin, ceux-ci devraient être reconnus comme des membres à part entière de leur Société Nationale et être étroitement associés aux prises de décisions. Leur contribution et leur adhésion à l'idéal humanitaire sont vitales pour l'avenir du Mouvement.