27ème Conférence
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Un formidable défi

A L'AUBE du XXI e siècle, l'avenir de l'humanité apparaît bien incertain. Si une moitié de la planète jouit des bienfaits du développement économique et des progrès de la science, de la technologie et des communications, l'autre moitié continue de lutter pour sa survie. Et ce déséquilibre ne sépare plus seulement les nations industrialisées des pays en développement ou le Nord du Sud, mais sévit à l'intérieur de chaque communauté humaine, produisant les conditions idéales pour le déferlement de la violence, de la criminalité et des conflits.

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Les forces de l'homme et de la nature

L'espoir que la fin de la guerre froide ouvrirait une ère de paix s'est révélé illusoire. L'opposition idéologique entre l'Est et l'Ouest a cédé la place à une profusion d'autres affronte-ments alimentés par les sentiments nationalistes, religieux ou ethniques ou par la lutte pour le pouvoir et les ressources. L'absence totale de règles et de mesure qui caractérise nombre de ces nouveaux conflits évoque les périodes les plus sombres de notre histoire. Meurtres, viols, mutilations, déplacements forcés de femmes, d'hommes et d'enfants, pillage et destruction délibérée des maisons et des biens sont aujourd'hui monnaie courante. Pour la multitude de factions, groupes et individus qui n'envisagent d'autre moyen pour parvenir à leurs fins que le recours aux armes, les traditions locales et les valeurs universelles sans parler des règles humanitaires sont nulles et non avenues.

Dans le même temps, la vulnérabilité aux cataclysmes naturels ne cesse de s'accentuer. L'exploitation forcenée du sol a laissé de vastes étendues sans défense contre les inondations et les glissements de terrain, et les émissions de gaz à effet de serre rongent inéluctablement la couche d'ozone qui protège notre planète. Le réchauffement global, quoique progressant à un rythme presque imperceptible, se traduit déjà par des phénomènes climatiques extrêmes qui causent des ravages d'une ampleur sans précédent. Enfin, la pression démographique contraint des communautés humaines à s'établir dans des lieux très exposés aux catastrophes, cependant que l'exode rural entraîne des concentra-tions massives de personnes sur des espaces très réduits. Ces migrants vivent le plus souvent dans des conditions matérielles et sanitaires lamentables.

Recul des services de santé

Globalement parlant, la situation sanitaire n'est guère réjouissante. Pour des millions d'individus, elle n'a cessé de se dégrader au cours des deux dernières décennies, renvoyant aux calendes grecques l'objectif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS): «La santé pour tous en l'an 2000.» Dans les pays en développement, pauvreté, urbanisa-tion galopante, carences alimentaires, manque d'eau potable et d'hygiène ont des effets désastreux sur le plan sanitaire et nutritionnel. Chaque année, une multitude de femmes meurent faute de soins adéquats durant la grossesse et l'accouchement et des millions d'enfants succombent à des maladies pour lesquelles il existe des mesures préventives et des traitements efficaces. Certes, l'espérance de vie a augmenté, la mortalité infantile a reculé, la variole a été éradiquée et la poliomyélite est en voie de disparition. Mais la grande majorité des habitants des pays en développement n'ont guère bénéficié des progrès de la médecine, qui reste pour eux un «luxe» hors de portée. Dans le même temps, des maladies qu'on pensait presque vaincues comme la tuberculose, la diphtérie, la méningite, le choléra, le paludisme et la fièvre jaune ont redoublé d'activité et de nouvelles maladies, plus meurtrières encore, ont fait leur apparition. La pandémie du sida, en particulier, continue de s'étendre dans de nombreusesrégions du monde. En Afrique subsaharienne, on estime qu'elle aura réduit de 20 ans l'espérance de vie moyenne d'ici 2020. De nombreux Etats, aux prises avec de gros problèmes économiques et sociaux ou minés par des années de conflit interne, ont de plus en plus de mal à fournir les services nécessaires au bien-être de leurs citoyens. Dans certains pays en développement, l'infrastructure est moribonde et les budgets de la santé et de la protection sociale sont en chute libre. Dans les nations industrialisées également, les services publics tendent à s'effriter, y compris dans le domaine de la santé où les privatisations se multiplient, pénalisant les individus les plus démunis.

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