27ème Conférence de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

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Toutes les victimes sont égales

LE principe de base du droit des conflits armés est que tous les individus qui ne prennent pas ou plus part aux hostilités doivent être protégés dans leur intégrité physique et leur dignité. Il s'applique aussi bien aux prisonniers de guerre qu'aux soldats blessés et aux civils. De même, toutes les victimes d'un conflit armé sans exclusion aucune ont droit à une assistance humanitaire neutre et impartiale. Partant de ce principe, les organismes d'assis-tance ne souhaitent pas privilégier une catégorie de bénéficiaires par rapport à d'autres. L'unique critère réside dans l'urgence et l'importance des besoins. Cela dit, la vulnérabilité et les besoins varient d'une catégorie de personnes à l'autre.

former hostage, Colombia

Seuls et sans soutien

Les personnes âgées sont souvent les plus négligées des victimes des conflits armés; pourtant, leur sort est particulièrement dramatique. Lorsque des communautés menacées prennent la fuite, il arrive que les vieillards soient dans l'incapacité de les suivre ou qu'ils se refusent à abandonner leur foyer. S'ils partent, ils s'exposent à mourir en route d'épuisement ou d'hypothermie. S'ils restent, ils se retrouvent plongés dans un environnement hostile, privés de toute protection familiale ou sociale et exposés aux vexations et violences de toutes sortes.

Des héroïnes méconnues

Depuis quelques années, les besoins particuliers des femmes sont davantage pris en considération. Viols et autres formes de violences sexuelles sont désormais reconnus sans ambiguïté comme des crimes qu'aucune circonstance ne saurait justifier, fût-ce la guerre. Hélas, la fréquence de ces actes demeure très élevée. Essentiellement présentées comme des victimes, les femmes assument pourtant une fonction vitale en temps que chefs de famille lorsque les hommes sont partis ou ont été tués au combat. Elles doivent alors pourvoir entièrement aux besoins de tous les membres du foyer une tâche d'autant moins aisée qu'il leur est souvent très difficile d'obtenir des crédits pour l'achat d'outils ou d'un lopin de terre. Les femmes apportent également une contribution déterminante dans le processus de restauration de la paix et sont à l'origine de nombreuses initiatives visant à surmonter les conséquences de la guerre. En résumé, l'importance du rôle joué par les femmes mériterait d'être encore plus largement reconnu et elles devraient prendre une part plus active dans les décisions influant sur leur sort et celui de leur famille.

Enfances perdues

Les conflits peuvent causer chez les enfants des dommages irréversibles, tant physiquement que mentalement. Il n'est pas rare qu'ils assistent au supplice ou au meurtre de leurs parents, au viol de leur mère, quand ils ne sont pas eux-mêmes victimes de violences sexuelles. Tous les jours, des enfants sont tués, blessés ou mutilés par des mines antipersonnel; tous les jours, des enfants sont séparés de leur famille. Parfois, on les contraint à prendre part aux hostilités. Dès lors, la force et les armes deviennent pour eux l'unique moyen de survie, y compris après le retour de la paix.

Dans la vie d'un enfant, chaque jour est vital pour son développement intellectuel et physique. A chaque fois que le cours normal de son éducation et de ses loisirs est rompu, son évolution s'en trouve irrémédiablement altérée. Les Etats doivent absolument faire tout leur possible afin de limiter de telles atteintes au développement de l'enfant, en commençant par s'abstenir de recruter des mineurs dans leurs forces armées, fussent-ils volontaires. Comme les nombreux autres groupes qui font campagne pour mettre un terme à l'existence d'enfants-soldats, le Mouvement réclame que l'âge minimum pour participer de quelque manière que ce soit aux hostilités soit porté de 15 à 18 ans.