27ème Conférence de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

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Affiner les interventions

ETANT donné la complexité des crises actuelles, aucune organisation n'est en mesure de répondre à tous les besoins. Dès lors, la multiplication des organisations des droits de l'homme et des agences humanitaires doit être regardée comme une évolution positive. Mais elle comporte aussi un sérieux risque de confusion, de mésententes et de gaspillage des ressources. Exposées en permanence au regard inquisiteur des médias, les agences humanitaires sont dans l'obligation de «faire leurs preuves». Cette énorme pression peut les pousser à des actions intempestives, voire néfastes.

The Sphere Project: standards have now been established by which the quality of humanitarian aid can be measured.

Des normes plus rigoureuses

Certaines urgences complexes, comme la crise des réfugiés rwandais en 1994, ont révélé de façon dramatique les lacunes des interventions humanitaires en matière d'organisation et de coordination. Afin d'éviter que de telles situations ne se répètent et de garantir une qualité constante dans les interventions, un groupe d'organisations a lancé le projet Sphere. L'idée consiste à définir des normes universelles de manière à minimiser les effets pernicieux de l'assistance, à accroître le professionnalisme des interventions et à renforcer la responsabilité des organisations humanitaires vis-à-vis tant des bailleurs de fonds que des bénéficiaires.

Une consultation d'une ampleur sans précédent, à laquelle ont participé plus de 700 personnes représentant 228 organisations dont le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a débouché sur la publication en décembre 1998 d'un document intitulé "Charte humanitaire et normes minimales à respecter lors des interventions en cas de catastrophe". La première partie énonce, sous la forme d'une charte, les droits fondamentaux de tous les individus qui peuvent légitimement prétendre à une assistance humanitaire en cas de catastrophe. La deuxième partie définit les normes de base à respecter pour préserver la dignité des bénéficiaires. Ces normes, ainsi que les critères techniques destinés à en vérifier la bonne exécution, recouvrent cinq aspects des programmes d'assistance: approvisionnement en eau et assainissement, nutrition, abris et aménagement des camps, aide alimentaire et services de santé.

Le projet Sphere offre aussi aux agences un cadre de référence pour définir leur champ d'intervention et impute clairement aux instances politiques la responsabilité de la prévention et de l'atténuation des effets des conflits et autres crises.

Action complémentaire

Lorsqu'une crise survient, les différentes agences concernées consacrent désormais davantage de temps et d'attention à la consultation et à la coordination ainsi qu'à la formation, aux méthodes de travail et aux compétences respectives.

Le Mouvement a fait de gros efforts pour mettre de l'ordre dans ses propres affaires. L'Accord de Séville, approuvé par le Conseil des Délégués en 1997, a établi un cadre de coopération qui précise les tâches et responsabilités respectives du CICR, de la Fédération et des Sociétés Nationales dans les différents types de crises, de façon à garantir une réponse plus complète et plus efficace aux besoins.

Depuis son adoption, le Mouvement a eu plusieurs occasions de le mettre en pratique. En Afghanistan, le CICR, la Fédération et le Croissant-Rouge afghan ont étroitement collaboré pour assister les victimes de deux séismes consécutifs qui ont frappé une région écartée, que le conflit en cours rendait encore plus difficile d'accès. Et, dans la récente crise des Balkans, le lancement d'un appel conjoint a permis une meilleure coordination des opérations conduites par la Fédération et le CICR et une action plus efficace des Sociétés Nationales des pays affectés.