27ème Conférence
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

La santé: en crise dans le monde entier

L 'ACCROISSEMENT de la mobilité, les difficultés économiques, l'urbanisation accélérée et la dégradation de l'environnement sont autant de facteurs qui ont contribué au regain d'activité de certaines maladies comme la tuberculose, le paludisme ou la diphtérie.

Dans le même temps, de nouvelles maladies, comme la fièvre hémorragique ebola, se répandent à un rythme alarmant, sans parler du sida qui restera vraisem-blablement l'un des tous grands problèmes de santé publique de la prochaine décennie. La multiplication et l'aggravation des cas, s'ajoutant aux difficultés économiques, font que les services de santé ont de plus en plus de peine à répondre aux besoins même les plus élémentaires des patients. Le cocktail thérapeutique pour le traitement du VIH coûte 15 000 à 20 000 dollars par personne et par an, alors que le budget annuel de la santé oscille dans de nombreux pays entre 10 et 20 dollars par individu. Et la simple prophylaxie à l'AZT pour réduire les risques de transmission du virus au nouveau-né pendant l'accouchement se chiffre à 50 dollars par femme, un montant qui excède encore largement les ressources de la plupart des pays en développement, notamment en Afrique.

Un grand nombre des problèmes de santé actuels sont liés aux carences en matière d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Partout dans le monde, on observe une diminution de la qualité et de la quantité de l'eau disponible, alors que la vie même dépend intimement de cet irremplaçable liquide. Préoccupée par cette évolution, la Fédération a entrepris de renforcer son attention et ses ressources dans ce domaine.

En 1995-1996, lors de l'épidémie de diphtérie qui a frappé l'Ukraine, la Biélorussie et les Etats baltes, la Fédération et les Sociétés Nationales concernées ont uni leurs forces avec l'Unicef et l'OMS dans le cadre d'une campagne d'immunisation qui a touché quelque 23 millions d'habitants. D'autres programmes similaires mis sur pied lors d'épidémies d'ebola, de méningite et de rougeole ont confirmé que les Sociétés Nationales peuvent jouer un rôle crucial dans de telles circonstances et rendre ainsi d'inappréciables services à leurs gouvernements.

Changer les comportements

Enrayer les épidémies est évidemment une bonne chose, mais mieux vaut encore, comme le dit le vieil adage, prévenir que guérir. Et c'est avant tout par le biais de l'éducation qu'on pourra amener les changements de comportement nécessaires pour éviter la maladie et sa propagation. Consommer de l'eau pure, aménager des latrines, tenir la nourriture à l'abri des insectes, se protéger au moyen de moustiquaires, modérer la consommation d'alcool, manger sainement - voilà autant de mesures propres à améliorer la santé.

L'une des principales forces du Mouvement réside dans son formidable réseau de volontaires. Grâce à leur implantation au sein de la communauté, les Sociétés Nationales peuvent jouer un rôle déterminant dans l'évolution des comportements.

De nombreux pays touchés par la pandémie de sida n'ont pas les moyens d'assurer les traitements requis ni de financer des séjours prolongés à l'hôpital. Les personnes séropositives ou malades sont ainsi laissées aux soins des familles, généralement mal préparées pour une telle tâche. Dans de telles circonstances, les employés et volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge remplissent un rôle crucial en réconfortant à domicile les malades au stade terminal et en expliquant à leur entourage comment répondre au mieux à leurs besoins. Toutefois, la meilleure façon de juguler ce fléau est encore de promouvoir grâce à l'éducation un mode de vie qui limite les risques de contamination.

La tuberculose est elle aussi favorisée par certains types de comportements, ainsi que par la pauvreté et la médiocrité des conditions d'existence et de l'alimentation. Parallèlement aux soins curatifs, les Sociétés Nationales peuvent là encore contribuer à minimiser les risques par des conseils d'hygiène et une aide alimentaire. Elles doivent en outre veiller à ce que les traitements soient suivis jusqu'au terme prescrit, car leur interruption favorise l'apparition de souches résistantes aux médicaments.

Il importe également d'encourager la population à se conformer aux instructions et recommandations des services de santé, notamment en ce qui concerne les programmes d'immunisation. Les volontaires du Mouvement sont généralement formés pour faire passer le message et à aider si nécessaire le personnel médical lors des vaccinations publiques.

Une bonne hygiène et une eau pure permettent en général d'éviter le choléra et les autres maladies diarrhéiques. Là aussi, les Sociétés Nationales peuvent jouer un rôle vital en contribuant à l'amélioration des conditions d'hygiène et en enseignant à la communauté le mode d'administration des sels de réhydratation orale.

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