27ème Conférence
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

ENFANTS AFFECTES PAR LES CONFLITS ARMES

Organisateurs : gouvernement Canadien, Croix-Rouge Canadienne et Croix-Rouge de Sierra Leone

Au cours de cet atelier animé, pendant lequel l'accent a été mis sur la discussion et la participation active de l'auditoire, les orateurs ont abordé les sujets suivants : un panorama de l'action de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en faveur des enfants touchés par les conflits armés (Armand de Mestral, président, Société canadienne de la Croix-Rouge); une vue d'ensemble de l'ampleur du problème (Rachel Brett, Bureau Quaker auprès des Nations Unies); l'expérience de la Croix-Rouge colombienne, d'autres possibilités pour la jeunesse (Dr Alberto Verajano, président, Croix-Rouge colombienne); l'expérience de la Croix-Rouge de Sierra Leone face aux défis liés aux enfants touchés par la guerre (Dr Muctar Jalloh, président, Croix-Rouge de Sierra Leone). L'atelier était présidé par Jill Sinclair, directeur général, Direction générale des enjeux humains et mondiaux du ministère canadien des Affaires étrangères. Au début de la séance, M. de Mestral a indiqué que la question des enfants touchés par la guerre avait progressivement suscité un intérêt et une attention croissants au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. En 1993, le Mouvement fixait à 18 ans l'âge minimum pour le recrutement dans les forces armées et l'instruction militaire. En 1995, le Plan d'action du Mouvement en faveur des enfants touchés par les conflits armés était adopté. Ce plan maintient l'exigence de l'âge minimum, tout en encourageant les Sociétés nationales à prendre des mesures concrètes pour protéger et aider les enfants victimes de conflits armés. Rachel Brett a ensuite évoqué la diversité des problèmes auxquels sont confrontés les enfants qui sont pris dans une guerre. Ils peuvent être tués ou blessés, perdre l'ouïe ou la vue. Ils sont endoctrinés dans une culture de violence et ont par la suite d'immenses difficultés à s'adapter aux valeurs de la paix. L'accent a été mis en particulier sur l'expérience des fillettes et des jeunes filles et le rôle qu'elles jouent dans les conflits armés, qui peut aller de la préparation des repas à l'espionnage et à la prestation de services sexuels. Le président de la Croix-Rouge colombienne a décrit les activités de prévention engagées par sa Société nationale, qui travaille dans un pays agité par un conflit depuis une quarantaine d'années. Le Dr Alberto Verajano a commencé par présenter une vidéo expliquant la campagne "Halte à la violence" de la Croix-Rouge colombienne. Il a déploré que bon nombre des enfants vivant dans les zones de conflit n'aient jamais appris à jouer, et a décrit ce que fait la Croix-Rouge colombienne pour mettre au point des moyens appropriés d'apprendre aux enfants à jouer et à aimer jouer. Il a présenté la campagne PACO (Paix, Amour et Coexistence) qui met l'accent sur l'éducation civique et la citoyenneté. En outre, le DrVerajano a souligné que la paix doit régner au sein de la famille, et que celle-ci peut ensuite être élargie au lieu de travail et au pays. Il a attiré l'attention sur l'impact des films violents et le fait qu'ils désensibilisent les enfants à la violence. Enfin, il a mis les participants au défi de ne pas se contenter de réciter les Principes fondamentaux du Mouvement, mais de les vivre. Le Dr Muctar Jalloh, président de la Croix-Rouge de Sierra Leone, a commencé par reconnaître que dans son pays il était maintenant trop tard pour les activités de prévention. La Sierra Leone doit aujourd'hui s'occuper des enfants touchés par le conflit armé. Elle essaie de faire face aux énormes difficultés qui subsistent en temps de paix et de reprendre le cours normal de ses activités. Le Dr Jalloh a fait état des statistiques alarmantes qui caractérisent aujourd'hui la Sierra Leone : 25% des enfants sont mal nourris, 60% des écoles ont été détruites, 700 000enfants sont déplacés. Le taux des maladies sexuellement transmissibles a augmenté, tout comme celui des grossesses chez les adolescentes et les cas de VIH-SIDA. Les enfants qui participent à la violence en Sierra Leone le font pour une multitude de raisons différentes, qui toutes ont un point commun : les enfants ont le sentiment qu'ils n'ont pas d'autre possibilité. Le soutien familial est limité sinon inexistant, et la perspective de participer à "l'aventure du combat" peut être très attrayante pour un jeune qui n'a pas d'autre soutien social ou mécanisme de protection. Le Dr Jalloh a constaté que la prévention dans son pays touchait donc plus au développement socioéconomique, à la réalisation des droits consacrés par la Déclaration universelle des Nations Unies sur les droits de l'homme. Des efforts doivent être faits pour renforcer les capacités des parents, afin qu'ils puissent assumer leurs responsabilités traditionnelles. Enfin, le Dr Jalloh a encouragé les autres gouvernements et les institutions d'aide à définir leur philosophie comme s'ils voyaient les choses à travers les yeux des enfants. Peut-être alors leurs priorités changeraient-elles ? Il a aussi plaidé pour un certain degré de proportionnalité humanitaire – qu'il est urgent d'atteindre, car les enfants grandissent et les adultes devraient être en mesure de leur offrir bien plus que ce que la vie leur a apporté jusqu'à présent. Il a fait observer qu'aider les enfants et leur donner espoir étaient en fait des investissements dans notre avenir à tous. La présidente a souligné que les orateurs avaient abordé un grand nombre de questions en parlant des enfants touchés par la guerre : le développement socioéconomique, la famille, la drogue, la pauvreté, les questions culturelles, y compris les médias. Elle a noté qu'il n'y avait pas une façon unique d'aborder le problème, et que des priorités différentes devaient être établies avant, pendant et après un conflit. Mme Sinclair a encouragé la définition de normes mondiales, le respect du droit international humanitaire, ainsi que les mesures concrètes de collaboration, telles que le financement et le soutien. Pendant la deuxième partie de l'atelier, les participants ont formulé 13 questions et commentaires, qui reflètent la richesse de l'expérience du groupe. En voici un résumé : Le comité de rédaction doit confirmer que l'âge minimum pour le recrutement et l'instruction militaire doit être fixé à 18 ans. Nous devons faire connaître nos expériences aux autres Sociétés nationales et tirer les leçons des leurs. Nous devons mettre l'accent sur les solutions communautaires pour les enfants et, en Afrique, cela nous éloignera d'une approche psychothérapeutique traditionnelle. Les enfants touchés par la guerre ne doivent pas être placés dans des institutions. Nos programmes doivent être mis en œuvre dans le cadre des structures et des capacités nationales. Nous devons revenir sur l'histoire et nous rappeler qu'après la seconde Guerre mondiale, les enfants-soldats faisaient figure de héros. Nous devons insister sur la nécessité de normes internationales. Nous devons nous attaquer aux causes profondes du problème, ce qui signifie que nous devons combattre la pauvreté et offrir des possibilités en matière d'éducation. Nous devons prendre conscience du fait qu'un jeune de 14 ans chef d'une famille de huit enfants n'est plus un enfant. Il est urgent d'instaurer une éducation pour la paix au sein de la société. Il est nécessaire de chercher à connaître la souffrance des enfants-soldats, de réfléchir à la façon dont nous en parlons dans nos matériels de diffusion et de veiller à ce que nous les traitions selon les normes de l'éthique. Il faut trouver les moyens de convaincre les milices et les groupes armés de s'engager à ne pas utiliser d'enfants-soldats. Nous devons reconnaître que les enfants se socialisent de différentes façons : par l'intermédiaire de leurs parents, de leurs pairs, des rebelles, ou de la Croix-Rouge. Nous devons relever ce défi. Au moment de la clôture, les participants ont entendu les conclusions de Angie Mapara, une déléguée jeunesse à la Conférence. Elle a constaté que l'intérêt que suscitait cette question découlait de la Conférence Youth Power 99 et a encouragé les participants à faire leur possible pour préparer un avenir meilleur.

| haut de page |








© 1999 | Anglais (page d'accueil)
Ateliers
 

Les résumés des ateliers:

Les voix de la guerre

Volontariat 2000

Veuvage et conflit armé

Travailler en parternariat

La prolifération des armes légères

Lutte contre le SIDA dans les pays en développement

 

Faire respecter le droit humanitaire

Le projet SIrUS et les mécanismes de revision de la légalité des armes nouvelles

Utilisation et developpement des normes du projet SPHERE

Enfants affectés par les conflits armés

Effets des changements climatiques sur l'action en case de catastrophe

Actions humanitaires et secteur privé: intérêts communs?

Mise en oeuvre du statut de la cour pénale internationale

Formation en santé et en premiers secours