27ème Conférence
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

ACTION HUMANITAIRE ET SECTEUR PRIVE: INTERETS COMMUNS?

Organisateurs : gouvernement belge, Croix-Rouge belge et Centre Henry-Dunant pour le dialogue humanitaire

De nombreuses entreprises ouvertes sur l'avenir ont mis au point des pratiques commerciales qui tiennent compte des impératifs sociaux et sont fondées sur les droits de l'homme, la protection de l'environnement et le développement durable. À l'heure actuelle, les liens entre le secteur privé et la communauté humanitaire – en dehors du domaine traditionnel de la collecte de fonds– sont rares et fragiles. Cela est dû, en partie, à l'existence de dilemmes non résolus auxquels les deux groupes sont confrontés quand se pose le problème de la collaboration active. Comment ces deux communautés, qui ont une vocation et des objectifs si fondamentalement différents à bien des égards, peuvent-elles travailler ensemble sans compromettre les valeurs et les objectifs de l'une ou de l'autre? Comment construire une passerelle entre, d'une part, des acteurs qui opèrent dans le cadre d'un système concurrentiel axé sur «la survie des plus forts» et, d'autre part, des acteurs qui ont pour principale responsabilité d'assurer « la survie des plus faibles»? Même si l'idée d'une coopération entre le monde des affaires et l'humanitaire n'a pas véritablement pris corps, elle n'est pas nouvelle. Henry Dunant avait mobilisé les milieux d'affaires pour donner un caractère officiel à des règles humaines de la guerre. Les entrepreneurs privés ont un rôle majeur– certains diraient un rôle clé– à jouer pour limiter l'impact des catastrophes naturelles. Investir dans des pays qui émergent d'un conflit est un facteur important de l'édification d'une société stable. En un sens, l'action humanitaire peut être considérée comme la première étape d'un processus conduisant au rétablissement de la stabilité, celle-ci étant nécessaire à la reconstitution des institutions économiques et sociales qu'exige un environnement économique stable. S'il arrive que des organisations humanitaires reconnaissent l'utilité d'entamer le dialogue avec les milieux d'affaires, et inversement, il reste à définir un ordre du jour commun aux deux secteurs. Il est indispensable de dépasser le stade de la relation donateur/bénéficiaire pour tenter d'instaurer un partenariat où les principes humanitaires deviennent des valeurs communes. Cet atelier avait pour objectif de réunir les deux groupes d'acteurs dans un débat franc et ouvert sur la possibilité d'intégrer les principes humanitaires à une pratique commerciale responsable, tout en leur permettant de discuter des problèmes d'interaction auxquels chacun est confronté. L'atelier devait être une première initiative visant à établir une ligne de communication entre les deux communautés, et ce, en vue de définir une stratégie et un programme communs. CONCLUSION Il a été largement admis que, dans le contexte actuel de l'après-guerre froide caractérisé par des troubles civils et la mondialisation de l'économie, des entreprises commerciales et des organisations humanitaires sont souvent amenées à agir de concert dans des régions en crise. À cet égard, la question de savoir si les deux communautés devraient ou non mieux communiquer entre elles ou chercher à interagir est un faux problème. La communauté humanitaire doit commencer par se poser deux questions fondamentales: Qu'attend exactement la communauté humanitaire des sociétés commerciales qui sont actives dans les régions en conflit ou touchées par une catastrophe? Quelle forme la coopération ou la collaboration pourrait-elle prendre? Les thèmes énoncés ci-après, qui ont été débattus au cours de l'atelier, constituent une première phase de la réponse à ces questions et serviront également de base à d'autres discussions et contacts. Les organisations humanitaires devraient notamment envisager: de travailler à l'élaboration de codes relatifs à la collecte de fonds avec le secteur privé. Elles pourraient réfléchir à la possibilité de passer de la simple collecte de fonds à des partenariats innovants dans des domaines tels que le transfert de technologies, l'échange de bonnes pratiques de gestion et de compétences en matière de marketing; de collaborer avec des entreprises en vue d'élaborer et de gérer un nouveau mode de relations commerciales incluant l'adoption d'un code de conduite fondé sur des principes humanitaires. Ce code pourrait constituer un code d'éthique pour les entreprises amenées à prendre des décisions commerciales ayant des répercussions sur le plan humanitaire, comme dans le cas d'investissements susceptibles d'accroître le risque de catastrophes naturelles ou de la conduite de relations commerciales avec des groupes armés agissant en violation des conventions internationales humanitaires; de coopérer avec des entreprises afin de mieux prévoir les crises. À cet égard, trois domaines sont à explorer: l'analyse conjointe des effets des activités menées par les entreprises sur les opérations humanitaires; l'échange d'informations, y compris une analyse des risques en matière économique ou de sécurité; la promotion de solutions pacifiques et négociées à un conflit; de travailler avec des entreprises pour faciliter la gestion de la crise et la reconstruction économique et sociale. Dans les cas extrêmes, les entreprises, en particulier celles qui participent activement à l'économie locale, peuvent se retrouver dans une situation où elles excercent de facto des fonctions normalement assumées par l'État. C'est le cas lorsque les structures officielles se sont désintégrées ou commencent à se reconstruire. Les entreprises et la communauté humanitaire pourraient trouver des moyens de coopérer en vue d'améliorer la situation économique et d'attirer les investissements nécessaires pour passer d'un état de crise à la stabilité; collaborer avec les sociétés commerciales pour promouvoir une conscience sociale de l'entreprise. Cette notion relie entre eux tous les thèmes mentionnés plus haut et instaure un climat de collaboration à long terme. Le monde des affaires, qu'il le veuille ou non, joue un rôle dans les crises humanitaires. Celui de la communauté humanitaire devrait être de conduire ces acteurs que sont les entreprises à s'engager volontairement et positivement à agir en faveur des victimes.

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Ateliers
 

Les résumés des ateliers:

Les voix de la guerre

Volontariat 2000

Veuvage et conflit armé

Travailler en parternariat

La prolifération des armes légères

Lutte contre le SIDA dans les pays en développement

 

Faire respecter le droit humanitaire

Le projet SIrUS et les mécanismes de revision de la légalité des armes nouvelles

Utilisation et developpement des normes du projet SPHERE

Enfants affectés par les conflits armés

Effets des changements climatiques sur l'action en case de catastrophe

Actions humanitaires et secteur privé: intérêts communs?

Mise en oeuvre du statut de la cour pénale internationale

Formation en santé et en premiers secours