27ème Conférence
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

FORMATION EN SANTE ET EN PREMIERS SECOURS:

Un champ d'activité pour les services volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans le développement communautaire

Organisateurs : Croix-Rouge française, Croix-Rouge suédoise, Croix-Rouge belge et Croix-Rouge du Nigéria

La santé est en crise à l'échelle de la planète entière. Malgré les progrès de la médecine et de l'espérance de vie moyenne, on voit se multiplier des signes alarmants d'une inégalité croissante en matière de santé, et ce dans le monde entier. Il est plus urgent que jamais de faire de la santé la priorité des priorités. Il faut tout faire pour rétablir l'idée selon laquelle la santé – et la santé pour tous – est l'un des objectifs les plus importants que chacun doit s'efforcer d'atteindre. Dans la discussion des grands problèmes de santé (c'est-à-dire les maladies transmissibles et les blessures) à l'échelle de la planète, on ne peut qu'être frappé par le fait que ces questions n'ont rien de nouveau, et qu'elles résultent bien moins d'un manque d'interventions à haute technicité, de connaissances médicales de pointe ou d'hôpitaux que de la manière dont vivent les gens dans leur famille et leur communauté. Il ne s'agit nullement, bien entendu, de nier la nécessité de disposer de davantage de centres de santé, de médicaments ou de moyens techniques, mais il ne fait aucun doute qu'un changement dans le mode de vie et la qualité du milieu ambiant aurait beaucoup plus d'impact sur les grands problèmes de santé publique. Par conséquent, un appui massif et à long terme à l'éducation sanitaire est nécessaire si l'on veut modifier le comportement de base dans la famille et au sein de la communauté. L'éducation sanitaire permet plus facilement de mettre en œuvre une conception globale de la santé, en faisant ressortir les liens qui existent entre santé mentale et santé physique ainsi qu'entre santé interne et santé externe. Chacun de nous a une capacité interne, que certains d'entre nous doivent redécouvrir, d'être véritablement en harmonie avec son corps et son esprit: l'énergie vitale. Elle peut aussi transmettre un message profond concernant l'importance de trouver la paix intérieure. Ainsi, nous ne craindrons pas de nous aventurer en terrain inconnu, puisque nous devrions être, dans une bien plus large mesure, une organisation ouverte à l'apprentissage de la nouveauté. Chacun peut apprendre, par des mesures et des moyens très simples, à rester en bonne santé et à accomplir les premiers gestes qui s'imposent dans une situation d'urgence. Renforcer la capacité de répondre aux besoins de santé quotidiens revient en définitive à permettre aux personnes, aux familles et aux communautés d'être mieux préparées et plus aptes à réagir lorsque survient une crise – catastrophe naturelle, épidémie ou conflit armé. Les pauvres ont souvent leur propre corps pour unique bien. C'est ce qui explique pourquoi la pauvreté est l'un des principaux facteurs qui influencent la vulnérabilité et l'état de santé de la population. Les recherches en matière de développement ont montré que les mesures de prévention sanitaire, et l'éducation sanitaire en particulier, étaient parmi les mesures les plus productives dans la lutte contre la pauvreté. Une éducation sanitaire efficace n'exige ni ressources considérables, ni connaissances techniques spécialisées. Les mesures permettant de préserver un bon état de santé et de sauver des vies dépendent moins de systèmes de soins de santé perfectionnés que d'outils d'infrastructure et de communications de qualité. Ce sont là, en effet, les éléments qui permettent à l'éducation sanitaire d'être largement diffusée. Dans le monde d'aujourd'hui, les plus gros obstacles à «la santé pour tous» ne sont pas d'ordre technique, mais bien social et politique. Il faut tout particulièrement insister sur la participation active des personnes (les plus vulnérables) et des acteurs (les volontaires) concernés à l'évaluation des problèmes, à la définition des priorités dans les mesures à prendre et à l'évaluation des résultats et de l'impact. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge travaillent dans le domaine de la santé depuis longtemps déjà. Au tout début, il s'agissait essentiellement de dispenser des soins médicaux aux blessés sur le champ de bataille; dans les années 20 est venue s'ajouter l'éducation sanitaire et la formation aux premiers secours. À travers ses programmes de premiers secours, le Mouvement Croix-Rouge/ Croissant-Rouge est un sorte de géant de l'éducation sanitaire et une référence en la matière. Depuis la dernière décennie, il a axé ses efforts sur la participation communautaire, méthode qui s'est avérée fructueuse parce qu'elle tient compte des spécificités des populations cibles et du milieu dans lequel elles vivent. Cette approche a été intégrée dans la politique relative aux premiers secours, adoptée par l'Assemblée générale en 1999. Cette politique souligne que la formation aux premiers secours dispensée par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge doit être axée sur la communauté, qu'elle requiert la participation des bénéficiaires et qu'elle sert aussi à enseigner comment prévenir blessures et maladies. Cette formation est beaucoup plus efficace lorsqu'elle s'adresse à des groupes cibles, tels que les enfants, et qu'elle est dispensée dans le milieu où vivent les intéressés. Les premiers secours sont ainsi reconnus comme un moyen privilégié pour la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge de contribuer à la promotion de la santé et à l'éducation sanitaire. En tant que membres des communautés qu'ils servent et représentent, les volontaires jouent un rôle central et primordial dans la fourniture des premiers secours. Par ailleurs, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge devra se pencher sur la possibilité de faire jouer aux volontaires des rôles divers, en fonction de l'évolution des besoins des communautés. Ils pourraient faire office d'animateurs, de catalyseurs, de défenseurs, de conseillers, d'éducateurs, etc. et devraient par conséquent bénéficier d'une formation et d'un soutien pour mener à bien leurs tâches. Il s'agirait aussi, par souci de rentabilité, d'obtenir rapidement un engagement cohérent de toutes les parties concernées, par le biais de partenariats et de relations de travail entre ces parties : gouvernements, institutions des Nations Unies, Sociétés nationales, secteur public, secteur privé et communautés. Ces divers acteurs ont des rôles complémentaires à jouer pour améliorer les conditions d'existence des personnes vulnérables, réduire les coûts des systèmes de soins de santé et exercer un effet positif sur le développement socioéconomique des communautés et des sociétés. La création de conditions favorables à l'éducation sanitaire, par le biais d'activités de formation aux premiers secours notamment, aidera les communautés et leurs membres à mieux comprendre la responsabilité qui consiste à protéger et à sauver davantage de vies, et à la partager.

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Ateliers
 

Les résumés des ateliers:

Les voix de la guerre

Volontariat 2000

Veuvage et conflit armé

Travailler en parternariat

La prolifération des armes légères

Lutte contre le SIDA dans les pays en développement

 

Faire respecter le droit humanitaire

Le projet SIrUS et les mécanismes de revision de la légalité des armes nouvelles

Utilisation et developpement des normes du projet SPHERE

Enfants affectés par les conflits armés

Effets des changements climatiques sur l'action en case de catastrophe

Actions humanitaires et secteur privé: intérêts communs?

Mise en oeuvre du statut de la cour pénale internationale

Formation en santé et en premiers secours