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Ni nonne, ni bonne
Les infirmières au Musée
En janvier s’est ouverte au Musée international
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge une grande exposition
en hommage au personnel infir-mier. Elle évoque en
particulier son rôle durant les trente premières
années du XXe siècle, qui furent marquées
par la Première Guerre mondiale et par le développement
spectaculaire des soins infirmiers. A l’époque,
des bataillons d’infirmières affluaient sur les
champs de bataille où s’entre tuaient les hommes.
Pour ces derniers, elles tenaient lieu aussi bien de mère
que d’amie, de sœur que d’amante, d’ange
gardien que de sous-officier. Leur activité dans le
monde contemporain, où elles continuent d’exercer
une influence profonde dans le domaine médical, n’est
pas oubliée. Le slogan actuel des infirmières
françaises, “Ni nonne, ni bonne!”, qui
résume parfaitement la substance d’un siècle
d’action humanitaire, a été choisi pour
titre de l’exposition, laquelle présente plus
de 500 affiches, cartes postales, dessins, peintures et photographies
provenant de 26 pays, ainsi qu’un choix d’uniformes.
Placée sous le patronage du CICR, de la Fédération
internationale et du Conseil international des infirmières,
elle restera ouverte jusqu’au 31 juillet 1995. On peut
se procurer au Musée un catalogue complet en anglais
et en français, comprenant des textes rédigés
par des spécialistes en soins infirmiers. |
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Le Secret du Pyrophone
La section genevoise de la Croix-Rouge suisse a choisi une
formule originale pour initier les jeunes au monde de l’action
humanitaire. En décembre 1994, elle a publié une
bande dessinée signée Exem — pseudonyme
d’Emmanuel Excoffier, un auteur bien connu des amateurs
de B.D. L’histoire s’articule autour du pyrophone,
une sorte d’orgue à gaz inventé par un ami
de Henry Dunant, que celui-ci tenta de commercialiser.
Percelot, un intrépide détective, s’efforce
de découvrir le secret de cet étrange instrument
produisant “lumière, chaleur et musique”
— et, accessoirement, celui de la vie du fondateur du
Mouvement — avec le concours de collaborateurs de la Croix-Rouge
genevoise. Il a fallu à Exem une année de travail
pour réaliser cet amusant ouvrage. Pour son travail de
recherche, il a bénéficié notamment de
la précieuse assistance de l’historien Roger Durand.
“Notre but, explique Jean-François Labarthe, directeur
des Affaires humanitaires à la Croix-Rouge genevoise,
consiste à faire connaître nos activités
tout en motivant les jeunes lecteurs à s’intéresser
plus étroitement à l’action humanitaire.
Nous espérons que cette bande dessinée contribuera
à susciter chez eux des sentiments de solidarité
et d’ouverture sur le monde.”
Gageons que Le Secret du Pyrophone saura capter l’attention
des lecteurs adolescents que pourrait rebuter la biographie
“sérieuse” de Henry Dunant. Pour le moins,
il révèle du premier lauréat du prix Nobel
de la Paix un aspect certainement méconnu.
L’ouvrage — 32 pages en couleurs en format de poche
— sera distribué gratuitement aux élèves
de l’enseignement public de 15 à 17 ans et vendu
en librairie. Le produit des ventes sera donné à
la Bibliothèque interculturelle de la jeunesse de la
Croix-Rouge genevoise.
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Latrines et alphabétisation
Soins de santé primaires au Népal
Tahun, village népalais niché au cœur
de l’Himalaya, est aussi loin de toute civilisation
qu’il est possible. Seuls quelques hommes sont demeurés
sur place, les rudes conditions d’existence ayant poussé
la majorité à rejoindre les rangs de l’armée
gurkha en abandonnant femmes et enfants, parfois définitivement.
Les derniers habitants vivent tous dans un extrême dénuement.
Le village est dépourvu d’électricité,
d’eau courante, de moyens de transport.
Aux yeux de la Croix-Rouge danoise et de la Croix-Rouge népalaise,
il constituait de toute évidence le terrain idéal
pour un projet de soins de santé primaires. C’est
ainsi que les deux Sociétés nationales entreprirent
en 1988 de former des femmes afin de les rendre aptes à
déterminer les besoins sanitaires essentiels et à
conseiller les autres membres de la communauté en matière
de soins prénatals et post-natals, de planning familial,
de prévention des maladies infectieuses, d’immunisation,
de culture potagère, d’approvisionnement en eau
potable, de construction de latrines et autres mesures d’hygiène
publique et individuelle.
A Tahun, les mauvaises conditions d’hygiène
sont à l’origine de nombreuses maladies, en particulier
parmi les enfants. L’infirmière responsable du
projet, Rebecca Ragaen, a commencé par construire ses
propres latrines. Ensuite, elle a choisi parmi les femmes
du village quelques volontaires qui allaient recevoir une
formation sanitaire dans les dispensaires avoisinants. Avant
d’être admises au cours, elles devaient à
leur tour montrer l’exemple en construisant des latrines
près de leur maison. Les femmes qui participent à
la formation reçoivent des semences pour cultiver un
jardin potager dont les produits viendront compléter
leur ordinaire. Une fois le cours terminé, elles retournent
dans leur village afin de partager leurs connaissances avec
leurs voisines.
Le projet comporte deux autres composantes importantes: des
classes d’alphabétisation pour les femmes adultes
et un programme d’approvisionnement en eau potable.
L’alphabétisation est la clé de l’information
et de la confiance en soi. Dans chaque classe, 25 femmes apprennent
à lire des ouvrages élémentaires et à
effectuer des calculs simples, à raison de deux heures
quotidiennes pendant six mois. Une fois arrivées au
terme de cet apprentissage, elles se montrent généralement
très désireuses d’acquérir des
notions de santé et d’hygiène et de faire
bénéficier le reste de la communauté
de leurs nouvelles aptitudes. “Pour nous, explique Gitte
Gammelgaard, conseillère de la Croix-Rouge danoise,
la priorité est d’instruire les femmes, car ce
sont elles qui sont le soutien de la famille et de la communauté.”
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