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Développement à double sens
par Satu Santala |
| Barrigye
Samson écrit un nouveau chapitre de l’histoire
de la Croix-Rouge. Âgé de vingt-cinq ans, il
est le premier délégué africain détaché
auprès d’une Société nationale
européenne dans le cadre d’un projet de développement
à long terme. Cette fois, la coopération a changé
de sens: c’est le Sud qui fait bénéficier
le Nord de ses compétences, avec d’excellents
résultats. |
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Barrigye Samson est venu d’Ouganda en octobre 1994
afin de mettre en place un projet communautaire au sein de
la Croix-Rouge finlandaise de la jeunesse. L’objectif
principal de ce projet consiste à développer
des activités locales axées sur les besoins
de la communauté, un concept nouveau pour la Croix-Rouge
finlandaise de la jeunesse, mais déjà bien rôdé
dans de nombreuses régions du continent africain. |
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Des besoins à l’action
Une phase pilote, intitulée “Des besoins à
l’action”, a été lancée au
printemps de 1995 dans deux districts finlandais. “Nous
avons organisé trois week-ends de cours pour introduire
les concepts de l’approche communautaire et participative,
explique Samson. Dans l’intervalle des sessions, les
participants s’efforçaient de mettre en pratique
ce qu’ils avaient appris. Les jeunes dirigeants ont
mobilisé les membres de leurs groupes afin d’enquêter
sur les conditions d’exis-tence d’une cinquantaine
de personnes et de déterminer comment la Croix-Rouge
pourrait leur venir en aide.”
Barrigye Samson travaille en étroite consultation
avec ses collègues de la Société nationale
dans les deux districts, mais le projet proprement dit est
réalisé par les jeunes volontaires. Trois d’entre
eux ont participé à la planification et à
la mise en œuvre de la phase pilote. Un autre groupe,
composé d’ex-délégués de
la Croix-Rouge finlandaise de la jeunesse, est engagé
dans la conception et le suivi de l’ensemble du projet.
“Jusqu’à présent, poursuit Samson,
tout se déroule de manière très satisfaisante.
Les participants sont enthousiastes et très actifs
et notre coopération s’améliore de jour
en jour. J’ai le sentiment que tous les jeunes membres
associés au projet sont très heureux du renouveau
que celui-ci apporte aux activités de leurs sections.” |
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Une ambition plus vaste
Bien entendu, l’invitation par la Croix-Rouge finlandaise
d’un délégué au développement
africain répond à des objectifs autres que les
seuls résultats du projet de la jeunesse. La valeur
éducative de ce type de coopération est considérable
pour cette Société nationale, dont l’engagement
en matière d’aide au développement remonte
aux années 60.
“A travers ce projet, souligne Jouni Hemberg, directeur
de la CRJ, nous avons voulu montrer que notre monde “développé”
a beaucoup à apprendre du monde “en développement”.
Cette initiative constitue en outre une excellente manière
de promouvoir la compréhension internationale, la tolérance
et le sens de la solidarité mondiale parmi nos jeunes.
En ce sens, elle est parfaitement conforme à notre
politique de la jeunesse, où la prévention de
l’ethnocentrisme revêt une importance particulière.”
Indubitablement, ce projet et la philosophie qui le sous-tend
ont valeur d’exemple pour l’ensemble du Mouvement.
“Notre organisation, ob-serve Jouni Hemberg, a tout
à gagner d’activités fondées sur
les besoins réels de la communauté. De manière
générale, la Croix-Rouge est confrontée
en permanence au défi que constitue la mobilisation
des jeunes. Pour relever ce défi vital, elle doit être
capable de faire preuve de créativité et de
s’adapter à l’évolution des circonstances.
“Jusqu’à présent, l’approche
communautaire était relativement méconnue au
sein de la Croix-Rouge finlandaise, mais nous savions que
ce concept et les méthodes qui s’y rattachent
sont largement appliqués dans les pays en développement.
C’est pourquoi l’expérience de Samson est
pour nous extrêmement précieuse.”
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Changement
de direction
La Croix-Rouge finlandaise est engagée depuis les
années 60 dans des programmes de coopération
au développement au bénéfice de Sociétés
sœurs des pays en développement. A la fin des
années 80, elle a commencé à envoyer
de jeunes délégués sur le terrain en
s’inspirant de l’exemple suédois. De jeunes
membres de la Croix-Rouge finlandaise ont ainsi eu l’occasion
de travailler en Ethiopie et en Roumanie notamment.
Le concept intitulé “Des besoins à l’action”
est directement issu de cette expérience, qui a tout
naturellement amené la Société nationale
à envisager le principe de la réciprocité.
Jusqu’alors, on déclarait volontiers que le développement
est un processus bilatéral, mais on n’en voyait
guère d’exemple concret.
Le projet du délégué ougandais en Finlande
n’est qu’un élément des plans de
coopération entre les deux Sociétés nationales,
lesquels prévoient des contacts et des échanges
réguliers entre les jeunes volontaires. Selon Helena
Korhonen, cette coopération élargie devrait
démarrer dès l’automne.
Les coûts du projet — y compris les frais de
voyage, les indemnités de subsistance et l’hébergement
du délégué africain — ont été
financés par la fondation Folke Bernadotte, qui subventionne
des activités internationales de la jeunesse de différentes
ONG finlandaises.
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Premiers
résultats
La phase pilote du projet a déjà confirmé
la validité et l’efficacité de cette approche.
Une évaluation intermé-diaire a révélé
d’excellents résultats en termes tant de promotion
des activités de la jeunesse que de renforcement de
la compréhension internationale. Les participants se
sont largement approprié le projet, qu’ils conduisent
selon leurs propres critères en faisant preuve d’une
grande créativité.
“Un nouveau souffle anime nos jeunes membres, affirme
Hemberg. L’apport personnel de Samson a joué
un rôle déterminant dans cette évolution.”
Naturellement, le projet a connu ses écueils, dont
beaucoup sont familiers à quiconque a travaillé
dans le domaine de la coopération au développement
— planification inadéquate et retard dans la
mise en œuvre, par exemple. Il est intéressant
de noter que ces difficultés sont les mêmes que
rencontrent les projets conduits dans les pays du Sud par
des délégués du Nord.
“Les débuts ont été un peu laborieux,
concède Barrigye Samson. Mon mandat n’était
pas très clairement défini et personne ne semblait
savoir très bien ce qu’il convenait d’entreprendre
dans les districts concernés. De plus, les gens qui
travaillaient effectivement avec moi n’avaient pas été
suffisamment associés à la phase de planification.”
En dépit de ces balbutiements initiaux, la Croix-Rouge
finlandaise est pleinement satisfaite du travail accompli
par Barrigye Samson. “Ce projet, note Helena Korhonen,
directrice du Département international, revêt
pour nous une grande importance. Il nous apporte une conception
différente de la coopération et enrichit notre
horizon culturel. L’universalité de notre Mouvement
constitue un atout inestimable à cet égard,
en nous permettant d’apprendre les uns des autres. A
la Croix-Rouge finlandaise, nous sommes pleinement conscients
que les pays du Nord ne détiennent pas le monopole
du savoir!”
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Satu Santala
Volontaire de la Croix-Rouge finlandaise, Satu Santala travaille
au ministère desAffaires étrangères à
Helsinki.
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