Page d'accueil
du Magazine

Page suivantes
 

Les portes s’ouvrent un peu plus à Khiam

Premières visites du CICR aux détenus

Dix ans après l’ouverture du centre de détention de Khiam dans la “zone de sécurité” du Sud-Liban occupée par Israël, une équipe du CICR a été autorisée pour la première fois à franchir le seuil de l’établissement. Pendant deux semaines, à compter du 9 octobre, quatre délégués se sont entretenus en privé avec chacun des 191 détenus, cependant qu’un mé-decin évaluait leur état de san-té et les conditions d’hygiène dans la prison.

Une première ouverture avait eu lieu au début de 1995 lorsque, au terme de plusieurs années de négociations entre le CICR et les autorités israéliennes, les détenus avaient pu recevoir enfin la visite de membres de leurs familles (voir Bulletin, n° 2-1995). “Les détenus avaient retrouvé un peu d’espoir, que notre récente visite a permis de conforter”, note Claire Bellmann, déléguée du CICR.

Un message Croix-Rouge envoyé peu après par l’un des détenus témoigne bien de ce soulagement. “Il y a deux semaines, écrit-il, nous avons reçu la visite de délégués du CICR... Ils étaient venus examiner nos conditions de détention à tous les niveaux... Pour moi, cette visite a été extrêmement importante... Balthasar (l’un des membres de l’équipe du CICR) a pu me donner des nouvelles rassurantes de ma mère, qu’il voit fréquemment à son bureau. Je lui ai demandé de lui transmettre toute mon affection.”


Des semences pour survivre

Le Mouvement unit ses forces dans le Badakshan

Le Badakshan, une province déshéritée du nord de l’Afghanistan, n’a que trop connu la guerre. Dans cette région à la géologie particulière, les surfaces irrigables sont limitées et l’agriculture se pratique sur les versants des collines, rendues très vulnérables à l’érosion par un déboisement intensif. A la guerre et à la pauvreté viennent maintenant s’ajouter glissements de terrain, dégradation des sols et sécheresses.

Suite à une mission conjointe de la Fédération et du Croissant-Rouge afghan, un premier programme d’assistance avait été lancé sous forme de distributions de vivres et de fonds pour la reconstruction de maisons détruites par les crues et les éboulements.

Pour compléter cette initiative, l’équipe des agronomes du CICR en Afghanistan, en liaison avec la branche de Faizabad du Croissant-Rouge afghan et en consultation avec la Fédération, mit en place un programme de distribution de semences. Plusieurs dizaines de tonnes de graines de blé, d’orge et de pois furent distribuées très rapidement grâce à un ingénieux système de coupons. Quelques heures seulement après avoir eu connaissance du programme, les paysans étaient déjà en route pour le dépôt de Faizabad avec ânes et chevaux, sous les premières pluies annonçant la période des semailles.

De retour pour évaluer l’impact du programme lors de la récolte, les agronomes du CICR furent accueillis partout avec joie et reconnaissance. “Nous avons reçu l’aide d’Allah, puis du CICR”, affirmaient les vieux de Yalta, un petit village perdu dans la montagne auquel on n’accède qu’à pied ou à cheval. Certains habitants n’avaient d’autres semences que celles fournies par le Comité international. “Sans votre aide, nous aurions dû quitter le village et partir vers une autre province”, conclut Gulbandin, un paysan descendu du haut de sa vallée pour saluer l’équipe d’évaluation du CICR.l

François Grunewald


Resto du cœur, version philippine

Ouverture d’un restaurant Croix-Rouge à Manille

Malgré un nombre de places très limité, le “Red Cross Food House” sert quotidiennement plus d’une centaine de repas, tant l’ambiance y est chaleureuse et la nourriture délicieuse. Les bénéfices du restaurant, qui oscillent entre 40 et 60 dollars en moyenne par jour, sont consacrés à divers mini-projets en faveur d’enfants des rues de la capitale.

Depuis 1991, la Croix-Rouge philippine s’est engagée dans une série de programme destinés à venir en aide à cette catégorie particulièrement vulnérable de la population. Elle recrute et forme des auxiliaires de santé parmi les enfants des rues eux-mêmes, lesquels font ensuite bénéficier leurs camarades de leurs nouvelles connaissances et aptitudes.

Une subvention de plus de 50.000 dollars offerte par une fondation privée danoise a permis à la Société nationale d’ouvrir en août 1995 son petit restaurant, qui emploie un cuisinier et un comptable professionnel. L’intendance et le service sont assurés par 14 enfants des rues, qui s’initient ainsi au commerce et aux règles de base de l’alimentation, tout en profitant de la cuisine maison et en gagnant un peu d’argent de poche.

Daniel Feliciano, 18 ans, est un supporter enthousiaste de ce projet. Après des années d’oisiveté forcée, il passe maintenant l’essentiel de son temps dans l’établissement et a pu entreprendre des études de restauration et d’hôtellerie, grâce au soutien financier dont bénéficie cette initiative.

Lasse Norgaard


Concrétiser les espoirs

La 26e Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’est achevée le 7 décembre 1995 à Genève avec la satisfaction d’avoir vu les préoccupations humanitaires l’emporter sur les considérations politiques. Plus de 1200 délégués représentant 135 Etats parties aux Conventions de Genève, 164 Sociétés nationales, la Fédération internationale et le CICR, ainsi que 68 organisations participant à titre d’observateurs, ont adopté au consensus 5 résolutions qui visaient, en particulier, à:

- promouvoir les efforts internationaux pour prévenir les violations du droit international humanitaire et traduire en justice les personnes qui s’en rendent coupables;

- condamner comme crimes de guerre les violences sexuelles – en particulier les viols – perpétrées dans le cadre des hostilités;

- mettre un terme au recrutement de mineurs de moins de dix-huit ans et à leur engagement dans les conflits;

- condamner le recours à la famine et à la privation d’eau comme armes de guerre;

- promouvoir une interdiction totale des mines antipersonnel;

- limiter les conséquences des sanctions économiques internationales sur les civils;
l reconnaître la nécessité pour le Mouvement de maintenir clairement la distinction entre son action humanitaire et les actions de nature politique, militaire ou économique;

- interdire les déplacements forcés de populations civiles et faire en sorte que les représentants des organisations humanitaires neutres, impartiales et indépendantes puissent accéder librement aux déplacés de l’intérieur et aux réfugiés;

- réaffirmer le mandat des Sociétés nationales en tant qu’auxiliaires humanitaires des pouvoirs publics au sein de la collectivité et la nécessité pour les gouvernements de les soutenir dans le respect de leur autonomie;

- encourager les organisations non gouvernementales à adhérer aux Principes fondamentaux et à l’esprit du Code de conduite pour les secours lors de catastrophes.

Comme l’a souligné dans son allocution de clôture Mme Astrid Heiberg, présidente de la Conférence, le véritable travail, qui consiste à concrétiser les espoirs nés des débats, ne fait que commencer.


Page suivantes

Haut de page | Nous contacter | Crédits | Edition antérieure | Webmaster



© 2003 | Copyright |