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Lorsque, en octobre dernier, l’ouragan Mitch a frappé
le Guatemala, il a détruit plus de 17 000 maisons et
entraîné l’évacuation de plus de
108 000 personnes. Les pluies et les inondations ont affecté
plus de 700 000 habitants. Selon une évaluation préliminaire
du Programme des Nations Unies pour le développement,
les dommages se chiffrent à quelque 562 millions de
dollars.
Ne comptant que peu d’employés et volontaires
qualifiés, la Croix-Rouge du Guatemala avait impérativement
besoin de soutiens extérieurs pour répondre
à la multitude de demandes d’assistance qui lui
ont été adressées. Avec le concours des
stations nationales de télévision et de radio,
elle a lancé à cette fin une grande campagne
de collecte de fonds. En l’espace de quelques semaines,
elle a ainsi recueilli plus de 4 000 sacs de vêtements
ainsi que 30 tonnes de vivres et autres articles de première
nécessité, d’une valeur globale d’environ
70 000 dollars.
Ces dons ont permis à la Société nationale
de fournir une aide d’urgence à 13 800 personnes
hébergées dans des abris provisoires. Des centaines
de volontaires ont préparé les colis de nourriture,
trié les vêtements et suivi une formation pour
être en mesure d’enregistrer les bénéficiaires
et de garantir une distribution efficace des secours. Certains
ont en outre été initiés à la
recherche des personnes disparues; grâce à cela,
26 cas sur les 47 soumis à la Croix-Rouge en un mois
ont pu être élucidés.
Au regard du Nicaragua et du Honduras, le Guatemala a relativement
peu souffert de la catastrophe. Toutefois, celle-ci est venue
accroître les difficultés liées à
la mise en œuvre de l’Accord de paix signé
voici deux ans. Aujourd’hui, ce pays dévasté
par 36 années de guerre civile souffre des taux de
mortalité infantile et d’analphabétisme
les plus élevés d’Amérique centrale
après Haïti, et plus de la moitié de sa
population vit en dessous du seuil de la pauvreté.
Or, le coût total de l’application de l’Accord
de paix, qui devrait résoudre ces problèmes
et d’autres encore, est estimé à 2,6 mil-liards
de dollars. Avec les dommages causés par le cyclone,
il est évident que le gouvernement du Guatemala aura
besoin d’une aide financière pour pouvoir tenir
ses engagements.
Tournée vers l’avenir, la Croix-Rouge prépare
en ce moment un plan national de relèvement visant
à améliorer la préparation en prévision
des catastrophes. Le plus gros défi — en même
temps que le meilleur moyen de limiter l’impact d’un
prochain cataclysme — consiste cependant à faire
en sorte que les maisons détruites soient rebâties
sur des terrains moins exposés aux ouragans, aux coulées
de boue et aux inondations. A elles seules, la Fédération,
la Croix-Rouge espagnole et la Croix-Rouge du Guatemala pourraient
se charger de reconstruire et de réparer entre 4000
et 6000 de ces maisons.
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