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“Deux cents Albanais entrent illégalement en
Italie”,
titre un quotidien italien. “En 1998, 133 Mexicains
sont morts en tentant de franchir la frontière des
Etats-Unis”, rapporte un groupe local de soutien aux
migrants. Derrière la froideur des chiffres et les
titres de la presse se cachent les histoires de gens qui ont
tout risqué dans l’espoir d’une vie meilleure.
Par ailleurs, les causes et les circonstances de ce phénomène
varient considérablement. En premier lieu, il importe
de distinguer entre ceux qui décident de se déplacer
et ceux qui y sont contraints. Un migrant est un individu
qui choisit librement de changer de lieu, pour des motifs
généralement économiques ou démographiques.
Cette définition exclut donc les réfugiés,
les personnes déplacées et les demandeurs d’asile,
qui se déplacent pour fuir la guerre, les persécutions
ou les catastrophes naturelles.
Pourtant, migrants, réfugiés et demandeurs
d’asile sont globalement perçus comme autant
“d’intrus” qu’on accuse couramment
de provoquer surpeuplement et chômage, de saigner à
blanc les services sociaux et de santé, de mettre en
danger l’équilibre culturel des pays d’accueil.
Cette perception tient à la fois au sentiment que les
étrangers provenant des “mauvais” pays
sont déjà trop nombreux, et à la survivance
de vieux préjugés xénophobes et racistes.
Dans le cas des immigrés, on oublie facilement qu’ils
ont fréquemment été encouragés
à s’établir dans le pays d’accueil
afin de remplir des tâches jugées ingrates, précaires
ou trop mal payées par les autochtones. De plus, un
nombre croissant d’entre eux se trouvent plongés
dans des limbes administratifs qui les condamnent à
mener une existence dangereuse et clandestine.
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Un
phénomène mondial
Alors qu’un nombre sans précédent d’individus
est aujourd’hui en mouvement, les politiciens et autres
décideurs commencent seulement à prendre conscience
que nous sommes confrontés à un phénomène
mondial échappant à toutes leurs tentatives
de contrôle. Fidèle à sa tradition humanitaire,
le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’est
largement mobilisé pour relever le défi posé
par les migrations, notamment à travers des programmes
de protection et d’assistance au bénéfice
des réfugiés et des demandeurs d’asile.
Et, depuis une génération, maintes Sociétés
nationales ont déployé des efforts louables
pour aider les immigrés à s’intégrer
et leur fournir des services médicaux et sociaux, avec
le concours de la Fédération internationale
et du CICR.
Néanmoins, le Mouvement doit maintenant s’engager
plus activement encore en vue de promouvoir une approche globale
et plus humaine des problèmes et besoins des migrants,
réfugiés et demandeurs d’asile. Une telle
évolution réclame de la créativité,
du courage et une meilleure coordination entre ses différentes
composantes. Dans cette perspective, Croix-Rouge, Croissant-Rouge
a choisi d’évoquer la situation des migrants
et demandeurs d’asile — ainsi que la réponse
apportée par le Mouvement — à travers
deux exemples, l’un provenant d’Asie, l’autre
d’Europe occidentale. |