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Vagues de destruction |
| La
Croix-Rouge et le Croissant-Rouge sont en première
ligne des efforts d’assistance en faveur des victimes
du tsunami du 26 décembre. Les Sociétés
nationales des pays affectés conduisent les opérations
avec l’appui de la Fédération internationale,
du CICR et de nombreuses Sociétés soeurs. Alors
que la phase d’urgence touche à sa fi n, le Mouvement
s’oriente maintenant vers la reconstruction et le relèvement
à long terme d’une région dévastée. |
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Côte du Puntland, Somalie.
Abdirisak, 11 ans, pêchait avec son frère au
large du village de Hafun quand la mer s’est soudainement
retirée, laissant sur le sable une multitude de poissons.
Les deux garçons ignoraient que cet étrange
phénomène annonçait un formidable raz-de-marée.
“Mon frère a sauté de la barque pour
attraper un homard”, raconte Abdirisak. “Comme
il s’éloignait, j’ai vu les vagues, hautes
comme des montagnes, qui se précipitaient vers nous.
Mon frère a disparu sous mes yeux.”
L’horreur de ce moment est difficile à imaginer.
Abdirisak est resté sur la barque et s’est mis
à prier. Un instant plus tard, il s’est rendu
compte qu’il flottait au-dessus de son village. Jetant
un regard en arrière, il a entrevu le corps de son
frère ballotté par les flots déchaînés,
puis la barque s’est immobilisée sur un toit.
Le littoral somalien est à plus de 7000 kilomètres
de l’épicentre du séisme sous-marin. Bien
que le tsunami ait perdu beaucoup de sa puissance après
avoir traversé de part en part l’océan
Indien en sept heures, c’est un mur d’eau de la
hauteur d’une chambre qui est venu s’abattre sur
Hafun, écrasant tout sur son passage.
Dans les jours qui ont suivi la catastrophe, le monde s’est
demandé avec une anxiété croissante quel
avait pu être le sort des populations de la province
indonésienne d’Aceh, située à une
centaine de kilomètres seulement de l’épicentre
et balayée par des vagues trois fois plus grandes que
celle qui avait touché la Corne d’Afrique. Lorsque
les images de télévision, les photos de satellites
et les témoignages oculaires ont commencé à
circuler, la réponse est vite devenue claire: la destruction
était totale.
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| Bien
que le trajet depuis Jakarta représente près
de 2000 kilomètres, Irman Rachman a réussi à
atteindre Banda Aceh, la capitale provinciale située
tout au nord de l’île de Sumatra, le 27 décembre,
soit le lendemain de la catastrophe.
A son arrivée, le directeur des secours à la
Croix-Rouge indonésienne a découvert qu’une
quarantaine de volontaires rescapés du tsunami avaient
déjà mis en place des opérations d’évacuation
et de premiers secours. Le siège local ayant été
balayé par le tsunami, ils n’avaient pratiquement
aucun équipement, si ce n’est leurs gilets marqués
de l’emblème de la croix rouge qui avaient au
moins le mérite de consolider l’esprit d’équipe
indispensable pour pouvoir agir dans cet environnement de
mort et de dévastation.
A la fi n de la deuxième semaine, les volontaires
déployés dans la région étaient
dix fois plus nombreux, et des équipes provenant de
tous les coins de l’archipel indonésien étaient
venues leur prêter main forte.
La plupart appartenaient à des satganas, des équipes
de jeunes volontaires spécialement formés aux
interventions d’urgence comptant jusqu’à
50 membres — un pour chaque section de la Société
nationale. La première de ces équipes est également
arrivée à Aceh le 27 décembre.
Les satganas continuent inlassablement leur travail. Quand
leur directeur, M. Rachman, a demandé à une
jeune volontaire si elle désirait retourner quelque
temps chez elle, elle a répondu: “Comment pourrais-je
partir? Ma maison est ici.”
“Je me suis demandé de quelle maison il pouvait
bien s’agir”, rapporte Rachman, visiblement ému
et fi er de ses satganas. “J’ai regardé
tout autour de nous et je n’ai rien vu... tout avait
disparu.”
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Au-delà
de l’imagination
Peu de volontaires étaient jamais venus à Banda
Aceh, où de nombreux habitants avaient déjà
été déracinés par un confl it
avant que la nature ne vienne aggraver leur sort, et encore
moins avaient eu l’occasion de côtoyer la mort.
Pourtant, en une seule journée, une équipe a
ramassé plus d’une centaine de cadavres.
“Cela dépasse tout ce que vous pouvez imaginer”,
déclare Aris Budiman, un étudiant en psychologie
âgé de 20 ans. Ses sept camarades d’équipe
poursuivent des études d’ingénieur, de
comptable, de statisticien, de gestion ou de droit. Jeunes
gens ambitieux, ils n’ont pourtant pas hésité
une seconde à tout laisser pour venir passer trois
semaines à Banda Aceh, par simple dévotion au
travail de la Croix-Rouge.
“Le premier jour a été très dur”,
ajoute Budiman. “Toute la nuit, j’ai continué
de ramasser des cadavres en rêve.”
Avant que l’aide n’afflue du reste du pays et
de l’étranger, ces volontaires ont été
pratiquement les seuls à fournir une assistance. Comme
toute catastrophe frappant une région isolée,
le tsunami a constitué l’épreuve la plus
difficile qui soit pour un jeune membre de la Croix- Rouge
ou du Croissant-Rouge: agir avec efficacité aussitôt
après une tragédie qui a frappé sa propre
communauté.
Au cours des deux premières semaines, les satganas
ont évacué plus de 1000 rescapés, organisé
des services dans des camps de secours hébergeant quelque
13 000 personnes déplacées, et recueilli près
de 20 000 corps. Ils ont procédé à des
évaluations des besoins, localisé des sources
d’approvisionnement en eau potable, réconforté
les familles endeuillées, les blessés et les
malades. Leur moyenne d’âge: 21 ans.
Les volontaires de la Croix-Rouge indonésienne ont
aménagé sur un terrain d’exposition d’automobiles
un siège provisoire, un dispensaire de premiers secours,
un bureau de recherche, un entrepôt ainsi qu’un
camp de tentes où ils s’accordaient quelques
rares heures de sommeil.
Dans certains villages côtiers de Sumatra, on estime
que la catastrophe a tué jusqu’à trois
quarts de la population. Pour l’ensemble de l’Indonésie,
le bilan s’établit à plus de 220 000 morts
et disparus. Sans doute ne connaîtra-t-on jamais le
nombre exact des victimes.
A Banda Aceh, la vie semble avoir retrouvé une certaine
normalité. Des boutiques ont rouvert leurs portes,
les paysans vendent à nouveau leurs produits sur le
marché, la circulation est intense. Toutefois, dans
une ville dont la moitié des habitations ont été
détruites et où près de 50 pour 100 de
la population manque à l’appel, la notion de
normalité est toute relative.
La Croix-Rouge indonésienne a été en
première ligne des efforts de secours d’urgence
dans le nord de Sumatra et elle jouera un rôle essentiel
dans le processus de reconstruction. La situation particulière
d’Aceh, zone de conflit et région la plus durement
touchée par le tsunami, a suscité la mobilisation
de toutes les composantes du Mouvement: CICR, Fédération
internationale et Sociétés soeurs.
La Fédération internationale a coordonné
l’action du Mouvement en Thaïlande, aux Maldives,
dans le sud et l’ouest du Sri Lanka, en Afrique de l’Est
ainsi qu’en Indonésie, à l’exception
de la province d’Aceh, le CICR assumant cette responsabilité
dans le nord et l’est du Sri Lanka et à Aceh,
régions où il était déjà
opérationnel. |

© REUTERS / YVES HERMAN, AVEC L’AIMABLE AUTORISATION
DE www.alertnet.org
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Au
total, plus de 30 Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge ont mobilisé des milliers de
volontaires et près de 300 expatriés qui ont
assuré des distributions de vivres et d’eau,
des services de santé et de soutien psychologique,
fourni des abris et des articles de première nécessité
aux sinistrés. La Fédération internationale
a déployé dix-huit unités d’intervention
d’urgence et organisé près de 240 vols
de secours à destination de l’Asie, en coordination
avec le CICR et les Nations unies. Le CICR a établi
une base de logistique à Singapour, d’où
il a conduit ses opérations de secours par air et par
mer.
S’agissant des plans d’avenir du Mouvement, Thierry
Meyrat, chef de la délégation du CICR au Sri
Lanka, mentionne deux grands défi s. “Les deux
principaux défi s pour le Mouvement sont, d’une
part, la coordination interne ainsi qu’avec les autres
agences humanitaires et de développement et les autorités
locales, et, d’autre part, la réponse aux besoins
à long terme grâce aux fonds collectés
qui nous permettront de mettre en place des programmes de
soutien durables au bénéfice des populations
sinistrées.”
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Orphelins
Depuis l’épicentre du séisme au large
de Sumatra, point de rencontre des plaques tectoniques indienne
et birmane, le raz-de-marée a dû se déplacer
plein ouest pour toucher les côtes sri-lankaises en
deux heures à peine.
Ile “paradisiaque”, mais aussi, à l’instar
de l’Indonésie, en guerre, le Sri Lanka a été
le deuxième pays le plus durement éprouvé.
La catastrophe y a fait au moins 31 000 morts et plus de 500
000 personnes déplacées. Le long du littoral
dévasté, 80 pour 100 des bateaux de pêche
ont été détruits, irrémédiablement
pour la plupart.
Au Sri Lanka comme en Thaïlande, l’impact du tsunami
a été filmé par de nombreuses caméras
d’amateurs. Pour les vacanciers qui se prélassaient
sur les plages, il aurait fallu une imagination débridée
pour deviner ce qui était sur le point de se produire.
Beaucoup se sont contentés d’observer avec curiosité
la bande d’écume qui s’approchait de l’horizon.
Quand ils ont vu le mur d’eau se précipiter sur
eux, il était déjà trop tard. Par la
suite, des journaux ont publié de bouleversantes photos
prises par des personnes qui avaient péri quelques
instants après.
La tragédie a fait un nombre élevé de
victimes parmi les enfants, parce qu’ils n’avaient
pas pu se mettre à temps en sécurité
ou parce qu’ils ont offert une moindre résistance
à l’impact du raz-de-marée et aux débris
qu’il véhiculait. Elle a également laissé
beaucoup d’orphelins, comme Nimanthi, une fillette de
sept ans qui fréquente ainsi que des centaines d’autres
enfants dans son cas un des centres de conseil mis sur pied
par la Croix-Rouge du Sri Lanka avec l’appui des Sociétés
nationales danoise et américaine.
Ses parents s’étaient rendus à une fête
dominicale dans le secteur de Hambantota, au sud du pays,
quand le tsunami s’est précipité sur la
côte. Aujourd’hui, Nimanthi vit auprès
de sa grand-mère, continuant d’espérer
le retour de son père et de sa mère.
Près d’un million et demi d’enfants au
total ont été affectés par la catastrophe
en Asie et en Afrique de l’Est, et ils comptent pour
un tiers des tués. A Banda Aceh, on estime qu’environ
1700 instituteurs et 35 pour 100 de leurs élèves
ont péri.
Le docteur Margriet Blaauw, directrice du Centre de référence
de la Fédération internationale pour le soutien
psychologique, basé au Danemark, a visité en
janvier les pays sinistrés. “Les enfants ont
des besoins particuliers”, souligne-t-elle. “Beaucoup
ne sont pas en mesure de s’exprimer. Les enseignants
devront se montrer extrêmement patients.”
Le littoral méridional du Sri Lanka est une des destinations
favorites des Européens qui veulent faire une coupure
hivernale. La haute saison dure d’octobre à avril,
quand la mousson s’éloigne vers le nord-est et
que la mer est particulièrement sereine. Au début
du mois de février, le gouvernement suédois
a ouvert un débat parlementaire par la déclaration
suivante: “Tsunami: un mot que nous n’oublierons
jamais. Nous avons sans doute perdu plus d’enfants le
26 décembre au matin qu’en aucun autre jour de
l’histoire de notre pays”.
Lorsque Bandula Jayasekera est arrivé à Galle,
la capitale de la Province du Sud, il a trouvé une
équipe de la Croix-Rouge du Sri Lanka et du CICR en
plein travail de recherche de disparus. “Je suis arrivé
de nuit, on aurait dit une ville fantôme”, raconte-t-il.
“L’air empestait de l’odeur des corps en
décomposition ensevelis sous les décombres.
Des chalutiers et autres bateaux avaient été
projetés par les flots jusque dans la rue centrale.
Ce n’était plus la ville colorée que j’avais
connue.”
Vpali Sirimanne, moniteur de plongée, compte parmi
les milliers de Sri-Lankais qui vivaient de la mer. Aujourd’hui,
il ne reste rien de ses bateaux ni de son matériel.
Après le raz-de-marée, l’unique chose
qui fonctionnait dans les environs était un camion-citerne
de la Croix- Rouge, dont la bruyante pompe troublait seule
l’oppressant silence, pendant que les villageois hébétés
attendaient en fi le de recevoir de l’eau.
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L’esprit
humanitaire
Mais Sirimanne est aussi président de la section Croix-Rouge
de Bentola. A ce titre, il observe que le tsunami a exalté
l’esprit humanitaire de ses concitoyens et mentionne
avec fierté le nombre important de nouveaux volontaires
enrôlés depuis la tragédie. Tout le long
de la côte, ceux-ci ont poussé leurs brouettes
bancales d’un village à l’autre, prodiguant
des soins de base, distribuant des secours, aidant les habitants
à nettoyer les puits.
En Thaïlande, le raz-de-marée n’a pas fait
la différence entre les plages et hôtels de luxe
et les communautés de pêcheurs. “Comment
pourrai-je retourner à la pêche après
ça?”, se demande Oh Navarak, qui a perdu toute
confiance dans l’élément qui assurait
autrefois sa subsistance. Déferlant partout sous un
ciel uniformément bleu et sur une mer d’huile,
le tsunami a pris tout le monde par surprise. Oh Navarak se
souvient d’un matin radieux et calme quand la première
vague a emporté sa barque, le projetant brutalement
ainsi que ses deux fi ls âgés de 19 et 22 ans
dans un monstrueux tourbillon. Tout ce dont il se rappelle,
ensuite, c’est de s’être retrouvé
accroché dans un arbre.
Oh Navarak raconte son histoire dans la cour de l’école
primaire de Ban Park Weep, convertie par la Croix-Rouge thaïlandaise
en refuge pour les sans-abri. La Société nationale
a très rapidement réagi, mobilisant ses volontaires
dans les heures qui ont suivi la catastrophe pour distribuer
aux sinistrés des rations alimentaires, des bougies
et des médicaments.
En Thaïlande, on a recensé plus de 5300 morts,
dont 1700 étrangers originaires de trente-six pays.
Beaucoup de touristes rescapés sont restés sur
place pour participer aux efforts d’assistance, désirant
payer ainsi leur dette envers les communautés locales
qui avaient elles-mêmes tant fait pour secourir leurs
hôtes étrangers.
Les raz-de-marée ont également anéanti
les moyens de subsistance de milliers d’habitants des
Etats indiens du Tamil Nadu et de l’Andra Pradesh, ainsi
que de l’archipel de Nicobar. La Croix-Rouge de l’Inde
a déployé des équipes médicales
dans les districts les plus durement frappés.
“Notre section locale de Nagapattinam s’est mobilisée
dans les heures qui ont suivi la catastrophe”, rapporte
Bargavi Davendra, de la Croix-Rouge du Tamil Nadu, où
résidaient 90 pour 100 des quelque 8800 morts recensés
sur le sous-continent. “A mesure que la nouvelle se
propageait, les volontaires affluaient en masse pour répondre
aux besoins les plus pressants des sinistrés, en leur
distribuant notamment de la nourriture et de l’eau.”
L’existence de stocks d’urgence prépositionnés
à des endroits stratégiques a considérablement
facilité les choses.
Aux Maldives, la faible profondeur des eaux qui entourent
les 200 îles habitées de l’archipel a limité
l’amplitude des vagues. Néanmoins, une vingtaine
d’entre elles ont été entièrement
ravagées et près de quatre-vingt autres ont
perdu leurs sources d’approvisionnement en eau potable.
Un cinquième environ de la population a subi des pénuries
alimentaires, mais, par miracle, une centaine de personnes
seulement ont péri dans la catastrophe. |
Une
des pires catastrophes de tous les temps
Dans les pays les plus touchés, le tsunami a balayé
des années de développement. Dans certaines
régions côtières, les vagues se sont enfoncées
de plusieurs kilomètres à l’intérieur
des terres. Tout au long du mois qui a suivi la catastrophe,
le bilan humain n’a cessé de s’alourdir
pour atteindre plus de 280 000 morts ou disparus à
la mi-mars, et plus d'un million de personnes déplacées.
“Ce tsunami est une des pires catastrophes de tous
les temps”, analyse Alan Bradbury, coordinateur des
secours à la Fédération internationale,
“non seulement au regard des terribles pertes humaines,
mais aussi par son étendue géographique et par
le nombre global de personnes affectées.”
L’acheminement de l’aide humanitaire s’est
toutefois heurté à d’énormes problèmes
de logistique. Dans certaines zones reculées, il a
fallu plus d’une semaine pour que les premiers chargements
de secours parviennent sur place. Les conflits en cours dans
certaines parties de l’Indonésie et du Sri Lanka
ont encore compliqué les choses.
Les volontaires locaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
ont souvent été les premiers — et, parfois,
les seuls — à intervenir dans les heures et les
jours qui ont suivi les raz-de-marée. Ils ont assuré
tout l’éventail des services les plus pressants,
s’employant à évacuer les corps afin de
prévenir d’éventuelles épidémies,
conduisant des activités de recherche et de soutien
psychologique,administrant des soins de base et distribuant
des articles de première nécessité.
La mobilisation internationale en faveur des victimes a dépassé
toutes les attentes. En un mois, les Sociétés
nationales et le secrétariat de la Fédération
internationale ont collecté 1,6 milliard de dollars.
De son côté, le CICR a reçu plus de 60
millions de dollars pour ses opérations en Indonésie
et au Sri Lanka.
Si le montant total des contributions est considérable,
par comparaison avec d’autres catastrophes, les sommes
globalement allouées à la reconstruction ne
dépassent probablement pas, par exemple, les 13 milliards
de dollars débloqués par le gouvernement des
Etats-Unis suite à la saison des ouragans de 2004 en
Floride.
Quoi qu’il en soit, le volume des dons a également
posé un certain nombre de problèmes aux organisations
humanitaires. Dans une lettre ouverte, le secrétaire
général de la Fédération internationale
a insisté sur les responsabilités qui en résultaient
pour toutes les composantes du Mouvement en termes de redevabilité
vis-à-vis tant des donateurs que des bénéficiaires.
Le 26 janvier, il a annoncé une baisse de régime
des efforts de mobilisation de ressources, la Croix-Rouge
et le Croissant-Rouge disposant de suffisamment de fonds pour
la phase d’urgence et pour le relèvement à
long terme. |
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“
Je suis en vie”
La recherche des innombrables personnes toujours portées
disparues demeure une priorité pour les organisations
engagées dans l’opération. En Indonésie,
les volontaires de la Croix-Rouge et les délégués
du CICR ont sillonné les camps de personnes déplacées
afin d’enregistrer des messages “Je suis en vie”.
Des listes de noms étaient ensuite publiées
dans les médias locaux et, des semaines après
les raz-de-marée, elles continuaient de grossir. Parallèlement,
le CICR a créé un site Internet spécialement
dédié à l’enregistrement des disparus
et des rescapés.
La Croix-Rouge indonésienne a également enregistré
des “mineurs non accompagnés”, autrement
dit, des enfants séparés des membres adultes
de leur famille. Farizal, quatre ans, en faisait partie. La
veille du tsunami, il était arrivé à
Banda Aceh avec sa mère, une veuve de Lhokseumawe,
une ville du littoral oriental de Sumatra. Il a miraculeusement
survécu à la catastrophe, mais s’est retrouvé
seul. Légèrement blessé, il a été
conduit dans un dispensaire par un policier. Là, la
Croix-Rouge l’a pris en photo afin d’afficher
son portrait sur un tableau installé au siège
local de l’organisation. Une équipe de télévision
a ensuite filmé le panneau, ce qui a permis son identification.
Farizal a ainsi retrouvé un oncle, mais sa mère,
comme des dizaines d’autres milliers d’Indonésiens,
est toujours portée disparue.
Près de deux mois après la catastrophe, les
volontaires de la Croix-Rouge indonésienne continuaient
de recueillir jour après jour des dizaines de cadavres.
Ils en avaient déjà ramassé près
de 60 000 et prévoyaient de poursuivre cette tâche
éprouvante jusqu’au milieu de l’année.
Dans l’intervalle, plus de 300 000 sinistrés
avaient reçu des tentes, de la nourriture
et autres secours de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Tout en poursuivant ses activités d’aide d’urgence,
le Mouvement a entrepris de formuler des plans pour le relèvement
à long terme. Il s’emploiera, entre autres, à
restaurer les moyens de subsistance des victimes, à
remettre en état les systèmes d’approvisionnement
en eau et d’assainissement, à rétablir
les liens à assurer des services de santé soutien
psychologique.
Cette opération, l'une des plus grandes jamais mise
sur pied dans l’histoire de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge,
est coordonnée par Johan Schaar, 54 ans, Représentant
spécial de la Fédération internationale.
Ce responsable de l’aide humanitaire et de la gestion
des conflits à l’Agence suédoise de développement
international résume ainsi sa philosophie: “Le
public et les gouvernements nous ont confié d’énormes
ressources et certains s’attendent peut-être à
ce que nous les dépensions très rapidement.
Mais l’expérience nous a appris que, tout en
répondant aux besoins les plus urgents, il est essentiel
de planifier les efforts de reconstruction et de relèvement,
et d’oeuvrer à réduire les risques futurs”. |
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Les personnes suivantes ont contribué
à la rédaction de cet article: Bernt
Apeland, chargé de presse du CICR en
Aceh; Jessica Barry, chargée
de presse du CICR au Sri Lanka; Robin Bovey,
délégué CICR (Sécurité
économique) en Aceh; Virgil Grandfield,
délégué information de la Fédération
internationale à Jakarta; Bandula Jayasekera
pour la Fédération internationale au Sri
Lanka; Josephine Mumukunde, chargée
d’information à la Croix-Rouge rwandaise;
Andrei Neacsu, délégué
information de la Fédération internationale
à Nairobi. |
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Action
du CICR
Indonésie
Depuis sa base à Banda Aceh, le CICR a organisé
avec la Croix-Rouge
indonésienne des distributions de bâches
goudronnées et de colis
familiaux à des personnes déplacées
dans les heures qui ont suivi la
catastrophe. Depuis lors, il a pris part aux activités
suivantes:
• distributions de vivres, d’ustensiles
ménagers et de matériaux pour abris;
• fourniture de sacs pour cadavres, de bâches
en plastique, de gants et de masques pour l’évacuation
des corps;
• services d’approvisionnement en eau et
d’assainissement;
• distributions de fournitures médicales
et services de santé;
• rétablissement des liens familiaux grâce
à des téléphones satellitaires,
à des messages Croix-Rouge, à des communications
dans les médias et à un site Internet
spécialisé (www.familylinks.icrc.org);
• visites de détenus.
Sri Lanka
Présent dans le nord et l’est du Sri Lanka
depuis une quinzaine d’années, le CICR
dispose de dix bureaux dans le pays. En étroite
collaboration avec la Croix-Rouge du Sri Lanka et d’autres
Sociétés nationales, il a pris part aux
activités suivantes:
• distributions d’assortiments de secours
familiaux (nattes, savon, seaux, casseroles, lampes)
à des personnes déplacées hébergées
dans des camps provisoires;
• fourniture de citernes à eau et de latrines
dans des camps de transit;
• mise à disposition de personnel et d’équipements
médicaux dans les hôpitaux et services
de santé mobiles;
• rétablissement des liens familiaux.
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Action
de la Fédération Internationale
Depuis le 26 décembre, la Fédération
internationale a mobilisé dix-huit unités
d’intervention d’urgence et expédié
240 vols de secours en Asie, en liaison avec le CICR
et avec l’office des Nations unies pour la coordination
des affaires humanitaires.
Au titre de l’aide d’urgence, la Fédération
internationale assure l’approvisionnement quotidien
en eau potable de plus de 115 000 bénéficiaires,
des soins médicaux à un millier de patients
par jour, des abris, de la nourriture et des boissons
chaudes à 40 000 sinistrés, ainsi que
des services de soutien psychologique à environ
11 000 personnes.
Indonésie
La Fédération internationale a démarré
son opération de secours dans les jours qui ont
suivi la catastrophe. En collaboration avec la Croix-Rouge
indonésienne, elle a assuré les services
suivants:
• distribution de secours alimentaires et non
alimentaires à plus de 125 000 personnes;
• approvisionnement en eau et assainissement;
• soins de santé de base;
• soutien psychologique.
Sri Lanka
En collaboration avec la Croix-Rouge du Sri Lanka, la
Fédération internationale a assuré
les services suivants:
• distribution de secours alimentaires et non
alimentaires;
• approvisionnement en eau et assainissement;
• soins de santé de base;
• soutien socio-psychologique.
Maldives
La Fédération internationale a assuré
des services d’hébergement provisoire et
procuré aux sinistrés des secours alimentaires
et non alimentaires.
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