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Le point sur l’après-Tsunami |
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La réaction au tsunami qui a frappé l’Asie
le 26 décembre 2004 est la plus massive et la plus
complexe sur le plan logistique jamais lancée par le
Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Au 1er novembre, le budget total cumulé devrait dépasser
2,2 milliards de dollars. Plus de 90 Sociétés
nationales ont participé à la collecte de fonds,
et nombre d’entre elles sont présentes sur place.
Des dizaines de milliers de collaborateurs et de volontaires
ont été déployés dans toute la
région.
L’éventail des programmes en cours est vaste,
depuis les vaccinations contre le poliovirus sauvage en Indonésie
jusqu’à la création d’une Société
nationale dans les Maldives, l’appui psychologique et
social aux victimes du tsunami dans le sud de la Thaïlande
et la formation à la logistique en Afrique orientale. |

Les habitants de Gugup se voient proposer divers
modèles de maison.
©VIRGIL GRANDFIELD /
FÉDÉRATION INTERNATIONALE
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Avec
la fi n de la phase initiale de secours, la priorité
passe au relèvement et à la reconstruction et
le logement devient le problème numéro un. La
construction de nouvelles habitations est déjà
en cours aux Maldives et à Sri Lanka, mais la question
est particulièrement complexe en Indonésie,
le pays le plus durement touché. Le gouvernement accorde
la priorité aux décisions sur les titres de
propriété fonciers et à l’attribution
de parcelles, mais la masse énorme de décombres
à évacuer, la perte des registres fonciers et
les bouleversements spectaculaires de la ligne côtière,
où la terre ferme a parfois laissé la place
à la mer et inversement, retardent les décisions
sur les droits de propriété.
Dans l’intervalle, l’arrivée de la saison
des pluies oblige à améliorer les arrangements
de logement temporaire, surtout pour les quelque 67 000 victimes
indonésiennes du tsunami qui vivent toujours sous tente.
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FÉDÉRATION INTERNATIONALE
Indonésie
• Les distributions de secours touchent plus de
543 000 personnes et comprennent 19 307 assortiments
familiaux, 68 488 trousses de puériculture, 306
445 trousses d’articles d’hygiène,
17 738assortiments d’ustensiles de cuisine, 59
049 fourneaux, 220 327 draps, 187 578 couvertures, 158
848 jerrycans, 149 316 moustiquaires, 122 657 bâches
et 14 464 tentes.
• Le programme de remplacement de tentes est bien
avancé; 27 000 tentes sont en cours d’acheminement.
Les registres montrent que les 9000 premières
tentes ont déjà été distribuées
à Aceh Besar, à Pidie et à Teunom.
• Une grosse opération logistique est en
cours à l’appui du programme d’abris
provisoires. 50 sites ont été identifi
és sur la côte occidentale d’Aceh
pour que des navires puissent débarquer des matériaux
de construction. Des équipes de la Fédération
internationale transporteront ensuite les matériaux
vers les sites de construction.
• Les programmes de formation en matière
d’hygiène et d’assainissement et
les programmes de premiers secours à assise communautaire
de la Croix-Rouge indonésienne (Palang Merah
Indonesia — PMI) sont élargis pour tenir
compte de l’installation des personnes déplacées
dans des abris temporaires (au lieu des camps de tentes
et de baraquements).
• Dans le district d’Aceh Barat, la Fédération
internationale et la PMI ont identifi é 43 centres
de santé à reconstruire ou à remettre
en état, qui, une fois ouverts, desserviront
quelque 100 000 personnes.
• Un million de litres d’eau potable sont
fournis chaque jour à 113 000 personnes résidant
dans des agglomérations et villages et dans 53
centres de logement provisoires et 24 camps de tentes.
• 350 puits familiaux ont été assainis
à Teunom, et les systèmes d’adduction
d’eau ont été réparés
dans deux petites villes sur l’île de Simeulue.
Les activités à Teunom et Simeulue ont
accru de 8000 personnes le nombre total de bénéfi
ciaires qui disposent aujourd’hui d’eau
potable fournie grâce aux ressources de la PMI
et de la Fédération.
• Une base logistique d’appui à la
construction a été créée
à Calang, capitale de district, et des stocks
de matériaux de construction, de machines de
terrassement et d’outils de construction y ont
été prépositionnés.
• La PMI et la Fédération internationale
participent à une mission d’évaluation
menée conjointement par le gouvernement et diverses
organisations, afi n de déterminer les besoins
et les capacités pour installer un système
d’alerte avancée en cas de tsunami. |
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Sri Lanka
• La Fédération internationale a
entamé la construction de 2225 maisons sur 23
sites et les Sociétés nationales ont bâti
150 maisons, dans le cadre d’un engagement du
Mouvement de bâtir jusqu’à 15 000
maisons pour 75 000 personnes.
• Le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
envisage de participer à un projet gouvernemental
d’aide aux propriétaires de maisons détruites
ou partiellement endommagées en dehors de la
zone tampon (les autorités ont interdit toute
activité de réinstallation, de reconstruction
ou de développement immobilier à moins
de 100 mètres du rivage au sud, et à moins
de 200 mètres au nord et à l’est).
Des organisations non gouvernementales et internationales
sont sollicitées pour fournir une aide de 250
000 roupies (2500 dollars) en complément des
250 000 roupies déjà fournies par le gouvernement
pour la reconstruction, qui sera surveillée pour
veiller à ce que les fonds soient utilisés
exclusivement à cette fin.
• Un protocole d’accord a été
signé pour confi er à la Croix-Rouge de
Sri Lanka des projets de construction et de rénovation
de systèmes d’approvisionnement en eau
dans au moins quatre districts pour une valeur de 100
millions de dollars au cours des sept prochaines années.
• Deux écoles maternelles seront construites
à Galle et à Ampara.
Maldives
• Outre les activités de secours sur toutes
les îles touchées, une assemblée
publique a été organisée le 28
septembre en vue de la création d’une Société
nationale.
• 106 maisons sont en construction sur les îles
de Guraidhoo, Kudahuvadhoo et Maafushi, et 600 maisons
supplémentaires vont être mises en chantier
sur l’île de Dhavaafaru.
• Plus de 5550 systèmes de collecte des
eaux de pluie et citernes à eau et ont été
acheminés sur 21 îles pour plus de 33 000
personnes, soit plus du tiers du nombre total qui sera
distribué dans l’ensemble des Maldives.
Thaïlande
• Des évaluations des besoins psychologiques
et sociaux ont été réalisées
à Phang Nga et à Phuket pour préparer
des activités de soutien. |
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CICR
Outre ses activités habituelles
— visites des lieux de détention, protection
et promotion du droit international humanitaire —
le CICR a mené les activités suivantes
avec les Sociétés nationales de la région
:
Indonésie
• Assainissement d’environ 1000 puits, permettant
aux villageois regagnant leur foyer de disposer d’une
source sûre d’eau potable.
• Construction et réparation de systèmes
d’assainissement dans les villages.
• Reprise du programme de rétablissement
des liens familiaux à Aceh, qui a déjà
permis à 3850 familles de reprendre contact avec
des parents et de rendre 48 enfants non accompagnés
à leur famille.
Sri Lanka
• Approvisionnement des hôpitaux en fournitures
médicales.
• Appui à une équipe médicale
mobile de la Croix-Rouge de Sri Lanka à Muthur
et à Eachchilampattai.
• Poursuite de l’appui aux activités
de réunifi cation familiale de la
Croix-Rouge de Sri Lanka.
• Services médicaux et obstétriques
à Mullaitivu et à Kilinochchi (programmes
repris par la Croix-Rouge allemande en juillet).
• Renforcement des activités génératrices
de revenus dans 120
communautés vulnérables sur la côte
et dans l’intérieur des terres. •
Fourniture de 5000 fi lets spéciaux à
des pêcheurs.
• Fourniture de 4000 tentes et de 13 700 bâches
ainsi que de systèmes d’eau et d’assainissement
à 25 000 personnes hébergées de
manière temporaire.
• Fourniture d’ensembles d’ustensiles
de ménage à des camps et centres d’aide
sociale.
• Rétablissement de l’approvisionnement
en eau à 7 hôpitaux dans le nord-est et
assainissement de plus de 3000 puits contaminés.
• Soutien au National Water Supply and Drainage
Board.
• Fourniture de matériel et de fournitures
médicales à des établissements
de soins de santé primaires. |
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Le village
qui fut et qui sera
Au mois de mars, lorsqu’une équipe des Croix-Rouge
britannique, indonésienne et de la Fédération
internationale a débarqué sur la plage couverte
de débris de l’île de Pulau Aceh (Indonésie),
le seul signe de vie humaine était un groupe de tentes
éparpillées.
L’équipe avait installé un camp de base
dans les ruines de ce qui fut le village de Gugup sur cette
petite île au nord-ouest de Banda Aceh. Cinq mois ont
passé : aujourd’hui, le soleil joue sur les toits
en zinc d’un camp de baraquements en bois bâti
par le gouvernement. Installées sous un auvent, deux
femmes extraient la chair de noix de coco, tandis qu’une
autre lave des habits avec de l’eau de source, amenée
jusqu’au village par des canalisations qui proviennent
d’une station installée par la Croix-Rouge américaine
dans la montagne couverte de jungle derrière le village.
Un homme rabote énergiquement une pièce de bois
pour fabriquer un meuble.
Au bout du camp, un petit café a été
bâti de bric et de broc par un agriculteur – qui
avait toujours rêvé de tenir un bistrot –
dans le cadre d’un contrat d’activités
rémunératrices de la Croix-Rouge britannique.
On y sert des pâtisseries grasses à souhait et
du café sucré à la mode locale.
Autour du café et des baraques, des panneaux en bois
portant des noms de famille peints à la main marquent
des lopins de terre où s’élevaient naguère
des maisons familiales, qui vont resurgir. La charpente d’une
nouvelle chèvrerie (un autre projet de subsistance)
se dresse sur un monticule. Les villageois disent en riant
qu’elle est déjà plus esthétique
que les maisons construites par une ONG sur une autre île.
Ici, expliquent-ils, on va moins vite, mais les maisons seront
meilleures. Au café, un homme explique : «Moi,
je veux une maison en dur, que je pourrai laisser à
mes enfants et à mes petits enfants.»
Après le déjeuner, réunion au centre
communautaire : un conseiller technique, ingénieur
de la Croix-Rouge britannique, accompagné de volontaires
de la PMI, discute avec 50 familles des caractéristiques
de trois maisons modèles. La réglementation
a changé : il a fallu repenser la conception.
L’équipe chargée du relèvement
réfléchit aussi à l’avenir. Le
bois importé vient d’exploitations forestières
durables. Des spécialistes du développement
arriveront dans deux semaines pour des ateliers sur la construction.
Le système d’adduction d’eau potable par
gravité installé par la Croix-Rouge américaine
sera opérationnel dans la semaine.
Les volontaires de la PMI vont faire du porte-à-porte
pour demander à chaque famille le modèle de
maison qu’elle préfère, et si elle souhaite
construire elle-même. La réunion se termine par
des chants et une danse de prières effectuée
par un groupe d’hommes.
La vie reprend peu à peu son cours normal à
Gugup.
Virgil Grandfield
Délégué information pour la Fédération
internationale à Banda Aceh. |
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