| DEPUIS
la deuxième semaine de
juillet, la guerre a repris au Moyen-Orient, en particulier
au Liban. La population libanaise a été touchée
de plein fouet par cette irruption soudaine de violence, la
pire depuis la guerre civile de 1975-1991. La plupart des
blessés et des morts sont des civils. Près d'un
million de personnes ont été déplacées
par les hostilités qui continuent d'affecter en profondeur
la vie quotidienne des Libanais. Dans le nord d'Israel, une
bonne partie des habitants vit sous la menace des obus en
provenance du Sud-Liban.
Dans le même temps, les incursions
israéliennes dans la bande de Gaza ont affecté
gravem ent les Palestiniens.
En dépit d'une insécurité
très palpable, le Mouvement a répondu avec promptitude
à cette grave crise. Au Liban, la Croix-Rouge libanaise
(CRL), le CICR et ses partenaires du Mouvement ont répondu
à l'urgence croissante des besoins, en priorité
dans le sud du pays. Durant les quatre premières semaines
du confl it, la CRL a évacué 776 blessés,
transporté 5452 patients et récupéré
256 corps. "Dans le Sud-Liban, le défi prioritaire
consiste à assurer la sécurité des civils
et de garantir un accès sûr à ceux qui
sont engagés dans la mission médicale et humanitaire"
souligne Pierre Kraehenbuehl, directeur des Opérations
du CICR. Des ambulances de la Croix-Rouge libanaise ont été
touchées à plusieurs reprises par des projectiles,
blessant plusieurs sauveteurs et tuant l'un d'entre eux, Mikhael
Jbayleh, le 11 août dans la région de Marjayoun.
En coopération étroite
avec la CRL, le CICR continue à fournir de la nourriture,
des abris et des produits de première nécessité
aux civils, qu'ils soient résidents ou déplacés.
Assurer l'accès aux soins médicaux et à
l'eau potable constitue une priorité d'action absolue.
Une branche du Croissant-Rouge palestinien
au Liban fournit des secours médicaux dans les camps
de réfugiés palestiniens, alors que le Croissant-Rouge
de Syrie gère des points d'accueil à la frontière
et en Syrie afi n d'assister ceux qui fuient les zones de
combat au Liban. Pendant ce temps, le Magen David Adom (MDA)
répond à divers besoins humanitaires dans le
nord d'Israel, en particulier par des transfusions sanguines,
des soins paramédicaux et des évacuations par
ambulance, avec le soutien du CICR. Le MDA a ainsi pu porter
secours à des centaines de blessés, en majorité
des civils.
Bien qu'il soit encore trop tôt
pour évaluer la viabilité du cessez-le-feu négocié
à l'ONU prenant effet dès le 14 août,
cette décision constitue une première étape
importante de la désescalade de la violence.
Dans ce contexte volatile, les efforts
conjoints du Mouvement sont essentiels.
Jean-François
Berger
Rédacteur en chef CICR |
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