Bulletin de la Commission permanente

Mars 2002

Chers amis,

Voici le premier Bulletin d'information de l'année. La Commission permanente s'est réunie à Genève le 6 février et a débattu des mesures à prendre pour donner suite aux diverses décisions du Conseil des Délégués de novembre 2001. Ces mesures sont décrites ici. Je rappelle que le précédent Bulletin présentait les principaux thèmes du Conseil.
L'essentiel de ce Bulletin est consacré aux préparatifs de la Conférence internationale, qui se tiendra début décembre 2003 (CI 2003). Toutefois, je voudrais d'abord évoquer d'autres points :

NOUVEAU GROUPE DE TRAVAIL DE LA COMMISSION PERMANENTE SUR L'EMBLÈME

Le Conseil a adopté par consensus la résolution 6 sur l'emblème. Celle-ci définit trois éléments importants de l'action future du Mouvement :

1) le projet de troisième protocole additionnel constitue une base de travail acceptable pour la reprise des négociations,
2) la Conférence diplomatique sera de nouveau convoquée aussitôt que les circonstances le permettront et
3) il convient de promouvoir la coopération opérationnelle avec les Sociétés nationales (SN qui ne sont pas encore reconnues en raison du problème de l'emblème).

Cette résolution a constitué le point de départ de l'action de la Commission permanente, dont elle définit la ligne de conduite pour l'avenir et confirme la détermination à œuvrer à une solution au problème de l'emblème.

Le Mouvement doit poursuivre une approche à deux voies : les SN, le CICR et la Fédération internationale doivent parler d'une seule voix aux gouvernements, afin de leur rappeler en permanence leurs obligations et leurs responsabilités. Les SN sont bien placées pour influer sur leur gouvernement et lui rappeler combien il est important de régler la question de l'emblème. Le Mouvement ne jouit pas de pouvoirs décisionnels en la matière.

Simultanément, nous devons intensifier notre coopération avec les SN concernées et travailler avec elles sur un pied d'égalité dans tous les domaines opérationnels. Ces deux lignes de conduites sont complémentaires et contribueront à la réalisation de l'objectif final.

Pour promouvoir les objectifs et la ligne de conduite définis dans la résolution du Conseil, la Commission permanente a décidé de constituer un groupe de travail ad hoc qui sera présidé par sa représentante spéciale pour l'emblème, Mme Christina Magnuson. Le groupe de travail a pour mandat de contribuer à l'identification des initiatives de coopération opérationnelle et de soutenir ces initiatives en s'assurant qu'elles sont bien comprises par l'ensemble des composantes dans toutes les régions. Il doit en outre apporter son appui aux efforts déployés par la Commission permanente pour convaincre les États de mener à bonne fin le processus diplomatique dont l'emblème fait l'objet.

Des représentants de dix SN, désignés à titre personnel et représentant leur région géographique, ont été invités à siéger au sein du groupe de travail, auquel participent également des représentants du CICR et de la Fédération. La composition du groupe sera publiée dans le prochain Bulletin ou, d'ici là, sur le site Web. Le groupe tiendra sa première réunion le 9 avril. Nous espérons être en mesure d'annoncer de nouvelles avancées à l'occasion de la conférence de Berlin, en avril.


SUIVI DES RÉSOLUTIONS DU CONSEIL


Le Conseil a adopté 12 résolutions et une déclaration - toutes par consensus. Ce seul fait témoigne de l'unité qui règne au sein du Mouvement, y compris en des temps agités par de graves problèmes et événements politiques. Le défi consiste maintenant à prendre les mesures qui s'imposent.

Afin de s'assurer que des mesures pertinentes sont prises pour traduire nos intentions en des progrès tangibles, la Commission permanente examinera, lors de chacune de ses réunions, les actions entreprises pour donner suite aux résolutions. Cela facilitera l'établissement du rapport à présenter au prochain Conseil. Les résolutions engagent le CICR et la Fédération internationale à assumer un certain nombre de responsabilités. Néanmoins, les résultats de leurs efforts seront nécessairement incomplets si les SN ne prennent pas les mesures requises et ne communiquent pas les informations nécessaires

Des rapports annuels doivent être présentés sur la mise en œuvre de l'Accord de Séville (AS). Ce principe a été réaffirmé lors du dernier Conseil. Cette fois, les recommandations du groupe de travail de la Commission permanente sur les opérations internationales de secours ont été annexées à la résolution, et toutes les composantes ont été appelées à les mettre en œuvre.

Je saisis cette occasion pour rappeler aux SN qu'elles ont l'obligation de faire rapport sur les progrès qu'elles réalisent dans la mise en œuvre de l'Accord de Séville ainsi que des recommandations du CICR et de la Fédération. L'AS est un accord tripartite, auquel les SN sont parties. Il a largement contribué à favoriser la coopération fonctionnelle entre les composantes. Nous tenons à ce qu'il en reste ainsi et, si possible, à encore améliorer les choses. Il est donc essentiel de connaître et de faire connaître les expériences et les opinions des SN.

En ce qui concerne la Stratégie pour le Mouvement, je suis heureuse de signaler que la version imprimée semble remporter un vif succès auprès des SN. Nous recevons presque quotidiennement des demandes de nouveaux exemplaires. Certaines SN ont même entrepris de faire traduire et publier la Stratégie dans leur langue. La Stratégie sera très bientôt disponible en russe et en arabe. Tout cela devrait contribuer à l'intégration des 17 points d'action dans les stratégies et les plans des SN et donc à la réalisation de l'objectif général, à savoir, l'amélioration de la coopération entre toutes les composantes du Mouvement.

Le Groupe de travail spécial d'experts des SN a été constitué. Il doit collaborer avec le CICR et la Fédération au suivi et à l'évaluation des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Stratégie. Le groupe est composé des personnes suivantes :

  • pour l'Afrique, M. Alphonse Kalinganire, secrétaire général de la Croix-Rouge rwandaise ;
  • pour les Amériques, M. Pierre Duplessis, secrétaire général de la Société canadienne de la Croix-Rouge ;
  • pour l'Asie-Pacifique, Mme Jelma de la Peña, chef des opérations de la Croix-Rouge philippine ;
  • pour l'Europe, Mme Ann Bergh, conseillère spéciale auprès du secrétaire général de la Croix-Rouge de Norvège ;
  • pour le CICR, M. Jean-Luc Blondel, chef de la Division de la doctrine et de la coopération au sein du Mouvement, et M. Wayne MacDonald, chef, Unité planification, monitoring et évaluation, et
  • pour la Fédération, M. Ibrahim Osman, directeur, division Suivi et évaluation, et M. Matthew Varghese, chef, Département de l'évaluation.

Le groupe est présidé par la secrétaire de la Commission permanente, Mme Helena Korhonen. Il se réunira en mai pour définir le calendrier et les mécanismes de la collecte d'informations sur les progrès réalisés par les SN dans la mise en œuvre de la Stratégie. Le groupe doit en outre évaluer les avancées initiales et préparer le rapport pour le prochain Conseil.

Les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays et les réfugiés, tel était le second grand thème du dernier Conseil. Presque toutes les SN sont actives dans ce domaine. Beaucoup ont passé des accords spéciaux avec des partenaires de l'extérieur comme le HCR ainsi qu'avec leurs gouvernements respectifs. La résolution du Conseil appelle à un certain nombre de mesures visant à définir les rôles et les responsabilités des différentes composantes. Il est vital que les SN informent le CICR et/ou la Fédération de leurs éventuels accords de coopération avec des organisations et des partenaires de l'extérieur. Ces deux institutions ont en effet pour tâche d'engager un processus de consultation avec le HCR en vue de clarifier les termes de la coopération du Mouvement avec cette organisation.

En ce qui concerne la Convention de 1980 sur certaines armes classiques, le CICR a informé la Commission permanente d'une avancée majeure. Lors de la conférence d'examen de décembre, en effet, il a été décidé d'étendre le champ d'application de la Convention et de ses Protocoles aux conflits non internationaux. De plus, un groupe d'experts doit examiner la possibilité d'élaborer un protocole additionnel sur les munitions non explosées. Ces deux points sont du nombre des grandes priorités humanitaires du CICR et ont donné lieu à des efforts de sensibilisation et des démarches des SN. Celles-ci seront appelées à contribuer activement à la ratification des décisions adoptées en décembre. Des informations complémentaires la question sont disponibles sur le site Web du CICR.

J'espère que les SN étudieront les implications des résolutions susmentionnées, notamment en ce qui concerne l'action Croix-Rouge/Croissant-Rouge dans leurs contextes nationaux respectifs. Le texte intégral des résolutions a été envoyé à toutes les SN et sera reproduit dans le prochain numéro de la Revue internationale.

CONFÉRENCE INTERNATIONALE 2003 (CI 2003)

Le groupe de travail sur la Conférence internationale a présenté ses premières recommandations au sujet du thème général, des divers points à traiter et des méthodes de travail, y compris l'élection de la Commission permanente.

La Commission permanente a décidé que le thème général devait tourner autour du concept de la " dignité humaine ". Le groupe de travail en précisera le libellé.

J'encourage les SN à donner leur avis sur le thème général. Comment devrions-nous mettre en évidence le message vital dont il est porteur ? Devrions-nous protéger, promouvoir ou défendre la dignité humaine ? En tant que Mouvement, nous devons rester fidèles à notre mission humanitaire. Cela étant, il nous faut analyser les sujets et questions du point de vue des victimes et des bénéficiaires, des personnes confrontées à des situations de vulnérabilité. Il nous faut aussi définir clairement ce que nous attendons de nos principaux partenaires, les gouvernements.

Lors du débat auquel le rapport de situation sur la CI 2003 a donné lieu au Conseil, de nombreuses SN se sont exprimées sur le thème et les points à inscrire à l'ordre du jour. Elles ont fourni des éléments qui ont été ultérieurement affinés par le groupe de travail. La Commission permanente a établi une liste de 12 sujets et points principaux, qui formeront la base de l'ordre du jour et des activités en vue de la CI 2003. Ce sont, dans un ordre aléatoire :

  • le VIH/SIDA
  • les civils dans les situations de conflit, en particulier les " femmes et la guerre "
  • la prévention des catastrophes / des crises
  • le droit international des interventions lors de catastrophes
  • la pauvreté, en tenant tout particulièrement compte de la valeur ajoutée de l'action du Mouvement et des liens avec la vulnérabilité
  • la prévention de la violence/le rôle de la société civile dans la consolidation de la paix
  • les migrations et
  • peut-être d'autres points, encore à définir, touchant à l'évolution du droit international humanitaire.

L'ordre du jour comprendra, bien sûr, un rapport sur la mise en oeuvre du Plan d'action de la XXVIIe Conférence internationale et des engagements, ainsi que sur les progrès accomplis au sujet de la question de l'emblème.

La liste ci-dessus n'est pas exhaustive, et elle n'est pas définitive. Nous attendons maintenant les commentaires et les contributions des SN. Nos priorités sont-elles les bonnes ? Que doivent faire nos gouvernements pour promouvoir et faciliter nos efforts dans les domaines qui nous préoccupent ? Le groupe de travail continuera à choisir des sujets pour les commissions formelles et pour les ateliers, plus informels.

Côté méthodes de travail, trois commissions parallèles sont prévues. Les leçons tirées de l'Assemblée générale de la Fédération et du Conseil des Délégués de l'an dernier nous montrent que nous devons encore améliorer la qualité des débats au sein des commissions. Le recours à des animateurs externes et aux techniques modernes et - ce qui est sans doute le plus important - une information préalable améliorée des SN sur les sujets et questions à débattre sont actuellement examinés.

Les SN devraient avoir la possibilité, lorsqu'elles participent aux diverses réunions régionales et sous-régionales, de débattre des préparatifs pour la Conférence. Elles devraient parler non seulement du thème et des points à aborder, mais aussi des moyens de se préparer au mieux aux discussions avec les négociateurs professionnels des délégations gouvernementales. Quelles sont les questions clés que le Mouvement devrait soulever et être prêt à examiner en profondeur ? Comment réaliser au mieux les objectifs que nous nous sommes fixés ? Pour trouver des réponses à ces questions, il faut assurer une large participation des SN avant la Conférence, pendant la phase préparatoire.

Comme en 1999, la Conférence comprendra des tables rondes et des ateliers. Les SN sont invitées à présenter leurs idées et à indiquer si elles sont disposées à assumer la responsabilité d'organiser un atelier sur un thème qui les intéresse. La Commission permanente examinera les différentes propositions, puis décidera des sujets et du nombre des ateliers en tenant compte du thème général.

Il a été souligné qu'il était important de préparer l'élection des membres de la Commission permanente. Le profil des membres - adopté en 1995 - a été renforcé. La Conférence élira cinq membres de la Commission. Conformément aux Statuts du Mouvement, les membres de la Commission sont élus en tenant compte de leurs qualités personnelles ainsi que du principe d'une répartition géographique équitable. Leur rôle et leurs responsabilités sont déterminés en fonction des attributions de la Commission. Celle-ci est le mandataire de la Conférence internationale et elle examine les questions qui concernent le Mouvement dans son ensemble. En outre, elle prépare le Conseil des Délégués et la Conférence internationale.

Les SN entamant leurs préparatifs en vue de la Conférence, et notamment de l'élection des membres de la Commission permanente, nous vous envoyons ci-joint le Profil des candidats à l'élection à la Commission permanente. Ce document donne un bon aperçu des responsabilités d'un membre de la Commission permanente.

Il a été demandé au groupe de travail sur la CI 2003 d'élaborer un formulaire unique de CV pour la présentation des candidats. Ce formulaire sera communiqué aux SN et aux gouvernements bien avant la Conférence. Conformément au Règlement du Mouvement, les candidatures à la Commission peuvent être déposées jusqu'à 48 heures avant l'élection. Toutefois, comme il s'agit d'une élection importante et que les SN et les gouvernements sont habilités à voter, la Commission permanente espère que les candidats seront nommés suffisamment à l'avance afin qu'ils puissent être présentés, dans des conditions d'égalité et d'équité, à tous les participants à la Conférence.

La participation d'un Groupe d'ambassadeurs aux préparatifs des conférences internationales précédentes ayant été une expérience positive, la Commission a débattu et convenu des critères à appliquer. La composition finale du groupe vous sera communiquée ultérieurement, car nous entendons constituer un groupe géographiquement équilibré, dans lequel nos principaux partenaires et les organisations régionales seront bien représentés. Ce groupe devra nous conseiller dans la mise au point de l'ordre du jour et des sujets de la Conférence, afin que ceux-ci suscitent le plus vif intérêt possible des gouvernements. Il va sans dire que nous comptons aussi sur les SN et leur dialogue avec leurs gouvernements respectifs.

COMPOSITION DES GROUPES DE TRAVAIL


La Commission a invité Mme Sabira Boratbaeva, responsable du développement et du département international de la Société du Croissant-Rouge du Kirghizistan, à siéger au groupe de travail CI 2003.

La composition du groupe de travail sur le Conseil des Délégués, présidé par M. Tadateru Konoe, de la Croix-Rouge du Japon, a été légèrement modifiée, certains représentants des SN ayant été nommés à de nouvelles fonctions. Le groupe a accueilli les nouveaux membres suivants :

  • M. Tuur Hoste, Croix-Rouge de Belgique
  • M. Xiaohua Wang, Croix-Rouge chinoise
  • M. Jean-Pierre Cabouat, Croix-Rouge Française
  • M. Hubert Bucher, Croix-Rouge suisse.

Mme Angela Gussing représente le CICR et M. Frank Mohrhauer la Fédération internationale.

Nous nous réjouissons à la perspective de coopérer de manière fructueuse avec l'ensemble du groupe. J'encourage les SN à prendre directement contact avec ses membres pour faire connaître leurs opinions et souhaits quant aux préparatifs en vue du Conseil des Délégués de 2003.

FINANCES DE LA COMMISSION PERMANENTE

En 2001, les dépenses totales de la Commission permanente ont atteint CHF 556 977. Le CICR et la Fédération ont versé chacun CHF 200 000. Les SN ont versé CHF 199 186 de contributions volontaires. Que ces SN, le CICR et la Fédération soient ici remerciés pour leurs contributions.

Le budget pour l'exercice en cours se monte à CHF 601 000. Je compte sur les contributions de toutes les composantes. L'an dernier, nos dépenses ont été inférieures au budget prévu, ce qui nous permet d'afficher un solde positif. Les SN qui avaient versé des contributions au titre de la participation aux activités de la Commission permanente seront consultées sur la manière dont celui-ci sera utilisé. Cette année encore, nous aurons besoin d'un soutien des SN, mais dans une mesure moindre que les années précédentes.


2002

Cette année sera - comme les précédents - particulièrement chargée pour le Mouvement. Deux conférences régionales importantes sont prévues. La Conférence européenne, à Berlin, réunira 51 SN qui débattront de la stratégie Croix-Rouge/Croissant-Rouge et examineront deux sujets essentiels : " la santé et les soins dans la communauté " et " les migrations ". Le second permettra sans doute de développer des points qui avaient été soulevés et examinés lors du Conseil des Délégués (personnes déplacées et réfugiés). Fin novembre, les SN de l'Asie et du Pacifique tiendront leur conférence régionale à Manille (Philippines). Elles parleront non seulement de la santé et des migrations, mais aussi de la préparation aux catastrophes dans une région qui y est particulièrement exposée.

Ces réunions offrent à toutes les composantes du Mouvement la possibilité de procéder à des échanges sur les expériences et les pratiques les plus à même de contribuer à la réalisation de notre objectif général : remplir notre mission humanitaire et améliorer les conditions d'existence des plus vulnérables. Nous pouvons profiter de ces réunions pour placer sur le devant de la scène les préoccupations majeures du Mouvement et connaître les opinions des SN dans leurs contextes et leurs environnements spécifiques. Cela revêt une importance particulière pour la Commission permanente, qui s'emploie à promouvoir les questions intéressant l'ensemble du Mouvement. Alors que nous préparons la prochaine Conférence internationale - qui se tiendra dans un peu plus d'un an et demi - les opinions des SN sur les problèmes et les besoins prioritaires présentent une importance particulière.

Je me réjouis de revoir certains d'entre vous en avril à Berlin, et j'encourage toutes les SN à nous donner leur avis sur les sujets qui sont évoqués dans ce Bulletin ou sur toute question intéressant le Mouvement. Le secrétariat de la Commission permanente est facilement atteignable par courrier électronique standcom@bluewin.ch ou par fax (+ 41 22 730 20 27).


Je vous prie d'agréer mes salutations les meilleures.

Princesse Margriet
Présidente